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L'environnement politique, économique et social évolue. La situation des fonctionnaires, des salariés, des retraités, évolue forcément aussi. Dans ce contexte, il faut un syndicalisme qui réponde aux nouvelles réalités, mais qui demeure combatif pour être efficace. La démarche unitaire tient une place importante dans la construction d'un mouvement syndical rénové.
Le SNUI a été créé en 1962 par la conjonction d'une double démarche unitaire : celle d'une majorité de camarades d'un syndicat FO des inspecteurs et du syndicat autonome des contributions directes de l'époque. Progressivement, ce nouveau syndicat a pu et a su regrouper une très grande majorité des agents des contributions directes. En décidant, en 1968, de s'ouvrir à tous les agents de la nouvelle direction générale des impôts, le SNUI s'est fixé l'objectif de rassembler ainsi tous les agents des impôts. Sa pratique unitaire et non sectaire a été un élément important de son implantation progressive dans tous les services et de sa progression régulière aux élections professionnelles. C'est aussi la dynamique unitaire qui a permis que se développe le très long et très riche conflit aux Impôts et dans l'ensemble du ministère tout au long de l'année 1989. C'est avec le souci de faire perdurer cette combativité que le SNUI s'est adressé en janvier 1990 à tous les agents des finances, à toutes les fédérations des finances et à tous les syndicats de base du ministère pour les inviter à réfléchir à la constitution ensemble d'un «outil syndical efficace, car unitaire, indépendant, démocratique, de proposition et d'action, proche des agents et sachant s'enrichir de la diversité». Deux syndicats : le SPASET (Trésor) et le SNACCRF (Concurrence, consommation et répression des fraudes) ont alors répondu positivement. C'est avec eux qu'il a été possible de mettre en place la FDSU aux Finances, qui, après d'autres renforcements, est devenue la première fédération au MINEFI en décembre 2000.
Le Groupe des 10 résulte, au départ, d'un rassemblement en 1981 de syndicats non confédérés soucieux de s'ouvrir davantage à l'activité interprofessionnelle pour prendre en charge toutes les revendications de leurs adhérents. Les syndicats qui s'y retrouvaient avaient aussi une démarche unitaire dans leur secteur professionnel. C'est le souci d'être collectivement acteur pour l'unité syndicale qui a amené le Groupe des 10 à s'adresser en mai 1990 à chaque confédération, à la FEN et à la FGAF, leur proposant une rencontre pour débattre de l'état du syndicalisme français et des conditions de son redressement. Suite à cette lettre, le Groupe des 10 a rencontré effectivement la CGT, la FGAF, la CGC, la FEN et la CFDT, mais sans résultat tangible. C'est toujours aujourd'hui ce souci d'ouverture, de recherche de l'efficacité dans l'action revendicative, d'indépendance, de démocratie, et de respect de chaque syndicat membre qui explique l'attractivité grandissante du Groupe des 10. Ceci a été particulièrement tangible après les mouvements sociaux de novembre/décembre 1995 (avec la crise ouverte au sein de la CFDT par l'alignement de sa direction sur les positions du gouvernement Juppé). Aujourd'hui l'Union Syndicale-Groupe des Dix «Solidaires» commence à tenir une place significative dans le mouvement syndical et social.
Aux Finances nous traversons une nouvelle période de turbulences. La réforme du MINEFI ne sera certainement pas également bonne pour tous les citoyens sur tout le territoire. L'ARTT sans créations d'emplois ne peut que conduire à une dégradation des conditions de travail et des missions du service public. Partout la casse des services publics se poursuit, la précarité est la continuité du chômage, les inégalités s'accentuent, les menaces sur les retraites en annoncent d'autres sur l'assurance maladie. Ce constat, chacune et chacun peut le faire. C'est ce qui a été fait par tous les syndicats et fédérations de l'Union Syndicale G10 «Solidaires». Nous ne pouvons continuer de reculer face à la refondation sociale du MEDEF et à la bienveillance de quelques uns dans le mouvement syndical. En janvier 2001, notre union syndicale a mis publiquement en débat, nationalement et localement, sa proposition de constitution d'un pôle intersyndical interprofessionnel qui puisse redonner espoir aux salariés, aux précaires, aux chômeurs. Un tel pôle n'impliquerait aucune organisation structurelle, mais il pourrait se traduire par un texte engageant les organisations parties prenantes, notamment à des rencontres régulières pour débattre et élaborer des priorités revendicatives, des propositions de campagnes et de mobilisations. Il s'agit maintenant de faire vivre partout ce débat sur la rénovation d'un syndicalisme revendicatif, de proposition et d'action. Un courrier a été adressé à chaque confédération. Les fédérations et syndicats du G10 vont maintenant faire de même dans leur secteur. A ce jour, seule la FSU a engagé une démarche identique. Lors de son congrès de La Rochelle en janvier 2001, elle a lancé un appel «à l'ensemble du mouvement syndical sans exclusive fondé sur la volonté de construire des revendications et des actions communes sur toutes les grandes questions (retraites, salaires, RTT, protection sociale, formation, lutte contre l'exclusion et la précarité, rôle des services publics, représentativité). La FSU propose la mise en place d'un comité de liaison unitaire interprofessionnel avec tous ceux qui y sont prêts
Le SNUI seul, isolé, ne serait pas en mesure d'agir réellement et efficacement au niveau du MINEFI, de la fonction publique, et encore moins en ce qui concerne la sécurité sociale, la politique budgétaire, les retraites, la politique de l'emploi, la réforme de l'Etat, la démocratie syndicale et sociale, la défense des libertés, etc. Il s'agi donc de renforcer des liens avec toutes les organisations ayant le même souci de faire aboutir les revendications par des pratiques syndicales convergentes. |
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