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AGIR POUR UNE SOCIETE PLUS
SOLIDAIRE
Le thème Agir pour une société plus
solidaire a donné lieu à la tenue de 3
commissions et de 3 résolutions:

RESOLUTION
N°9 : La réduction du temps de travail
VOTE POUR 99,85 %
CONTRE 0 %
Abstentions 0,15 %

Le SNUI :
- dénonce et condamne toutes les pratiques actuelles de
flexibilité favorisées par une réglementation
libérale car elles provoquent, de fait, une
dégradation importante des conditions de travail des
salariés et de plus en plus de dérives par rapport
à la réglementation du travail ;
- exige de nouvelles garanties réglementaires de la
durée légale hebdomadaire, des durées
maximales journalières, de la limitation des heures
supplémentaires au strict nécessaire et de la
compensation de certaines modalités de travail (de nuit . .
. ).
Compte tenu de l'urgence de la situation, le SNUI demande
l'adoption immédiate, en faveur de l'emploi et pour
réduire la précarité et le temps partiel subi,
d'une loi-cadre qui fixe la réduction collective du
temps de travail à 32 H par semaine , à mettre
en oeuvre dans un délai maximum de deux ans.
En contrepartie de cette réduction, la loi-cadre devra
impérativement prévoir des créations
d'emplois stables, durables et qualifiés.
La mise en oeuvre du passage à 32 H devra se faire par la
négociation au niveau des branches et, en prenant en compte
les besoins de proximité, concilier à la fois, pour ce
qui nous concerne, le besoin collectif d'un Service public plus
accessible aux usagers et des possibilités pour les personnels
de mieux harmoniser travail et vie personnelle.
La réduction collective du temps de travail doit se faire sans
remise en cause des acquis sociaux et, en particulier, avec le
maintien des salaires compte tenu, notamment, de leur niveau
actuel.
Le financement de la réduction collective du temps de travail
doit passer par une redistribution solidaire des richesses et de
l'ensemble des revenus au moyen :
- d'une autre affectation des gains de productivité,
- d'une réorientation plus dynamique des aides de l'Etat
à l'emploi,
- et d'une fiscalité réformée.
En termes d'organisation du travail, induite par le passage
à 32 H, le SNUI préconise celle de la semaine de quatre
jours par salarié qui offre une garantie supplémentaire
de rendre effective la réduction du temps de travail et
d'éviter, par contre, les tentatives de flexibilisation des
horaires, même réduits à 32 H ; en outre, la
semaine de quatre jours favoriserait une meilleure harmonie entre le
temps passé au travail et celui réservé à
la vie personnelle.


RESOLUTION
N°10 : La protection sociale
VOTE POUR 96,90 %
CONTRE 1,24 %
Abstentions 1,86 %

Le SNUI rappelle que c'est le principe de solidarité
qui a présidé à la naissance du système
de protection sociale français. Plus particulièrement,
la Sécurité Sociale a adopté dès sa
création en 1945-1946 une logique double, une logique
assurantielle ou contributive, et une logique redistributive et de
solidarité.
Sous la poussée des luttes sociales et syndicales, les
évolutions se sont faites pendant de nombreuses années
vers plus de redistribution et plus de solidarité. Mais la
poursuite de ce renforcement des solidarités est aujourd'hui
de plus en plus fortement contestée par les catégories
sociales privilégiées.
A l'issue d'un demi-siècle d'existence, la
sécurité sociale peut ainsi faire état de
résultats positifs indiscutables. Mais ses insuffisances ou
ses reculs sont de plus en plus visibles et inacceptables, d'autant
plus que de nouveaux besoins sociaux naissent, en liaison avec un
développement du chômage, des précarités
et des exclusions, et un accroissement des
inégalités.
Deux logiques s'affrontent de plus en plus radicalement quant
à l'avenir de la Sécurité Sociale, en France, et
aussi dans nombre de pays. Une logique libérale affirme que la
protection sociale coûte trop cher, qu'elle est un obstacle
à la compétitivité des entreprises et des
économies nationales. Une logique humaniste continue
d'affirmer que les insécurités sanitaires et sociales
sont inacceptables et qu'il faut donc aujourd'hui renforcer une
protection sociale qui réponde aux besoins d'aujourd'hui.
C'est dans un tel cadre que le "Plan Juppé" est venu percuter
un pays soumis depuis des années à des attaques et
à des reculs sociaux. Depuis, l'essentiel des
"réalités" pour les salariés, les familles, les
retraités et les chômeurs a bien été mis
en application : mise à leur charge du Remboursement de la
Dette Sociale, augmentation des cotisations maladie et du forfait
journalier hospitalier. Pendant le même temps, le patronat a
continué d'engranger les exonérations de "charges". Le
basculement des cotisations maladie des salariés sur la CSG
élargie n'est pas garanti. La réforme du financement
des entreprises est toujours repoussée ; ceci ne fait
qu'accroître les difficultés financières de la
Sécurité Sociale et maintient à un niveau
élevé son déficit.
Pour le SNUI, il est indispensable que les forces sociales et
syndicales s'unissent pour élaborer ensemble un projet de
rénovation de la Sécurité Sociale dans un cadre
économique et social lui aussi amélioré par une
politique dynamique de création d'emplois, par une
réduction importante de la durée du travail, par une
répartition plus juste des richesses et des revenus, par un
renforcement des services publics.
REFORMER ET ELARGIR LE
FINANCEMENT DE L'ASSURANCE-MALADIE
Le SNUI souligne que l'amélioration de la situation
économique, l'abolition du chômage, seraient de nature
à améliorer très fortement la situation
financière de l'assurance-maladie.
Partisan d'un régime universel de l'assurance-maladie, le SNUI
affirme que toutes les richesses et tous les revenus doivent
participer à son financement.
Le SNUI exige le maintien spécifique d'un financement des
entreprises, mais qui ne soit plus le système
pénalisant pour l'emploi imaginé en 1945-1946. Il faut
donc que les entreprises cotisent sur une base égale à
la valeur globale de la production de l'entreprise (recettes +
résultats financiers + plus-values, etc) diminuée de la
masse salariale versée et des achats revendus. Le SNUI
poursuivra sa réflexion quant aux modalités de
financement des administrations, des services, des entreprises
(déficitaires par exemple) pour lesquels la solution
préconisée ne paraîtrait pas adaptée.
Le SNUI exige, parallèlement, que les particuliers contribuent
en fonction de l'ensemble de leurs revenus et au-delà de leurs
seuls revenus professionnels : revenus du travail, revenus du
capital, revenus de remplacement hormis les allocations chômage
actuellement dégressives et précaires. Les revenus de
complément doivent être exonérés, et
particulièrement les allocations familiales. Le SNUI
préconise que la cotisation ainsi demandée aux
particuliers soit progressive. Sa non-déductibilité
pour la détermination de l'impôt sur le revenu imposable
serait déjà de nature à permettre une certaine
progressivité de la cotisation des particuliers.
POUR UNE AUTRE POLITIQUE DE SANTE
ET UN AUTRE SYSTEME DE SOINS
La France est aujourd'hui parmi les pays européens qui
dépensent le plus en matière de santé, avec des
résultats peu satisfaisants.
Le SNUI tient à rappeler qu'une politique de santé
publique dépend tout d'abord d'actions efficaces dans de
nombreux domaines : sur l'environnement économique et social,
sur le cadre de vie, le logement, l'urbanisme, l'information et la
sensibilisation des personnes, l'éducation, la qualité
des produits, les contrôles de la chaîne alimentaire, les
conditions de travail et d'emploi, la politique des services publics,
la sécurité des usagers, la politique des transports,
le respect de l'environnement et des grands équilibres
écologiques, etc . . .
Partisan d'un régime universel de l'assurance-maladie, le SNUI
exige l'égal accès de toutes et de tous à des
soins de qualité du meilleur niveau sur l'ensemble du
territoire et pour toutes les catégories sociales. Il estime
que ceci implique qu'aucune discrimination ne puisse être
apportée qui tiendrait à des différences de
revenus ou de statut social. A terme, cela doit conduire à une
prise en charge intégrale des frais médicaux.
Le SNUI est totalement opposé à toute idée de
rationnement médical, à tout ce qui y conduit
directement, mais aussi à tout ce qui pourrait y conduire de
façon pernicieuse et par des dérives plus ou moins
rapides.
Pour autant le SNUI ne peut accepter que la santé
relève pour l'essentiel des "lois du marché", qui plus
est d'un marché "protégé" et "assuré"
pour les professionnels de la santé, d'un "marché" qui
conduirait, de fait, à exclure progressivement les personnes
non solvables ou "à risques" d'un accès effectif aux
meilleurs soins.
L'optimisation des dépenses de santé recherchée
par le SNUI doit s'opérer, en préalable, par une
définition démocratique et collective des besoins de
santé. Optimiser ces dépenses, accroître leur
efficacité, passe notamment par une approche médicale
de leur gestion. Il n'est donc pas question pour le SNUI de lier
l'évolution des dépenses de santé à
l'évolution du PIB comme le fait le gouvernement, mais en
fonction des besoins constatés. Il convient alors,
démocratiquement, de décider ensuite du financement de
ces dépenses.
Cette optimisation passe par un renforcement de la politique de
prévention, une formation contrôlée des
professionnels tout au long de leur carrière hors de
l'influence des laboratoires pharmaceutiques et des industriels de la
santé.
Il s'agit d'imaginer un contrôle des professions
médicales qui puisse éviter l'inflation de
dépenses de santé non liées à une
amélioration de l'état sanitaire de la population. Il
faut certainement envisager un contrôle des
rémunérations des professionnels de la santé, un
contrôle des pratiques et des techniques médicales, une
coordination plus effective des soins par un rôle nouveau
donné au médecin généraliste, par un
carnet médical confidentiel, par le recours à des
références médicales transparentes, par une
forte utilisation des médicaments
génériques.
L'égalité d'accès de toutes et de tous aux
mêmes soins de meilleure qualité sur l'ensemble du
territoire nécessite de garantir une même qualité
de l'offre hospitalière. La proximité souvent
nécessaire, la qualité des soins et des plateaux
chirurgicaux toujours indispensable, nécessitent notamment un
renforcement des services d'urgence.
DEMOCRATISER LA GESTION DE
L'ASSURANCE-MALADIE
Partisan d'un régime universel de l'assurance-maladie, le
SNUI estime que ceci implique une possibilité de participation
de l'ensemble des citoyens aux prises de décisions
essentielles en matière de détermination des besoins de
santé comme pour la définition des moyens et des
niveaux de financement.
Il s'agit de déterminer démocratiquement les besoins
sanitaires et sociaux, en partant du plus près de ces besoins,
puis en faisant intervenir à chaque niveau,
départemental, régional et national, des
éléments de solidarité et
d'efficacité.
Il s'agit de permettre un débat public national sur
l'assurance-maladie et la santé qui conduise à des
choix décidés démocratiquement.
Il s'agit ensuite d'élaborer un budget annuel de santé
strictement indépendant de la loi de Finances annuelle et du
Budget de l'Etat.
Ce budget annuel de santé aurait ensuite à être
exécuté et géré au quotidien par les
partenaires sociaux.
POUR UNE POLITIQUE FAMILIALE
SOLIDAIRE
Le SNUI souligne que la solidarité nationale à
l'égard des familles doit déjà se
concrétiser par un ensemble de dispositions et
d'équipements permettant d'améliorer les conditions de
vie et de réduire les inégalités et
difficultés qu'engendre la charge d'enfants.
En ce qui concerne plus particulièrement les prestations
financières, le SNUI préconise tout d'abord une
revalorisation générale des allocations familiales et
leur versement dès le premier enfant. Ces allocations
familiales doivent être versées à tous les
enfants, de toutes les familles, ce qui est déjà
reconnaître un droit social de l'enfant. Le fait de ne pas
imposer à l'impôt sur le revenu ces allocations
familiales est largement compensé par un recours à un
financement de la politique familiale par le budget de l'Etat, par le
système fiscal, lequel, dans notre conception, devrait
être largement plus progressif et faire plus appel au capital
et aux revenus du capital.
POUR UN RENFORCEMENT ET UN
ELARGISSEMENT DES SOLIDARITES ENTRE LES GENERATIONS
Dans des pays de plus en plus nombreux, tout ou partie des
systèmes de retraites par répartition est de plus en
plus menacé et progressivement remplacé par un
système de retraites par capitalisation.
En France, les banques et les compagnies d'assurances font fortement
pression pour avoir à leur disposition, par le biais de fonds
de pension, une masse financière importante. Le SNUI tient
à souligner que "l'argument" des marchés financiers de
problèmes démographiques vers les années
2010-2015 cache très mal leur volonté de disposer
dès maintenant de financements favorisés. Ce sont ces
financements qui viendraient enfler encore la bulle
financière, qui spécule, qui délocalise, qui
dérégule et qui dérèglemente, qui
crée des misères et de nouveaux besoins sociaux ! Il
convient de rappeler qu'en tout état de cause, les retraites
de 2015 seront supportées et payées par
l'économie et la richesse du pays en 2015. Cela commence
aujourd'hui par une amélioration de l'économie, la
suppression du chômage, et le renforcement des
solidarités.
Le SNUI se prononce contre tout système de capitalisation
obligatoire, pour le maintien du système de répartition
pour les salariés du secteur privé, pour le maintien du
principe de budgétisation pour les fonctionnaires. Le SNUI
exige le maintien du régime particulier des fonctionnaires qui
vivent leur vie active sous l'emprise d'un statut. La pension des
fonctionnaires doit donc rester le prolongement direct du traitement
qu'ils perçoivent pendant leur activité. Elle doit
toujours être financée directement par le budget de
l'Etat et non par une caisse spécifique.
Dans un contexte de chômage, c'est la revendication des 37,5
annuités pour tous qu'il faut faire vivre.
Au-delà des retraites, la solidarité entre les
générations doit aussi se concrétiser par
l'instauration d'une véritable prestation dépendance,
pour les personnes dépendantes à domicile ou en
établissement plus ou moins spécialisé.
POUR UNE SOLIDARITE REELLE A
L'EGARD DES CHOMEURS
Le SNUI affirme que la solidarité première à
l'égard des chômeurs passe prioritairement par une
réduction importante de la durée du travail et par une
répartition plus juste des richesses et des revenus.
Dans cette attente, la société a la
responsabilité de verser une allocation à toutes les
personnes à la recherche d'un emploi qui permette une vie
décente. Il y a donc notamment lieu de supprimer la
dégressivité des allocations chômage
instituée en 1992.
Soucieux d'une démocratie sociale, le SNUI exige la
présence des organisations de chômeurs là
où se décide leur sort.


RESOLUTION
N°11 : La fiscalité
VOTE POUR 96,08 %
CONTRE 1,24 %
Abstentions 2,68 %

La fiscalité est un outil essentiel pour construire
une société plus solidaire, plus juste. La notion de
justice fiscale à laquelle le SNUI est fortement
attaché, nécessite une meilleure redistribution des
revenus et des patrimoines. Cet objectif aujourd'hui est mis à
mal pour deux raisons :
- La mondialisation de l'économie qui permet aux plus
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