Déclaration
de revenus préremplie : recettes supplémentaires en vue [ 26/04/06 ]
Le
ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, lance ce matin la
campagne 2006 de l'impôt sur le revenu. L'expérimentation de la
déclaration préremplie en Ille-et-Vilaine, l'an dernier, a permis
d'accroître le nombre de ménages imposables.
La déclaration de revenus préremplie (DPR) par l'administration
fiscale est un outil de modernisation et de simplification pour le
contribuable, va rappeler, ce matin, le ministre délégué au Budget,
Jean-François Copé, à l'occasion du lancement de la campagne 2006 de
l'impôt sur le revenu. Mais elle devrait être aussi un outil
d'amélioration de la collecte des finances publiques. Le ministère
des Finances est resté très prudent, cette année, dans ses
prévisions de recettes de l'impôt sur le revenu, tablant sur une
collecte de 57,48 milliards d'euros, en hausse de 1,9 % par rapport
à l'an dernier. Mais, commentant l'expérimentation de la DPR menée
l'an dernier en Ille-et-Vilaine, Bercy reconnaissait, dès le mois de
décembre dernier, « un impact budgétaire favorable, avec une
progression plus forte des revenus que dans les autres départements
». L'amélioration du rendement serait liée au seul effet de
gestion, et non à la dynamique locale des revenus. Une hausse de la
collecte de 1 % générerait près de 600 millions d'euros
supplémentaires.
Soucieuse
de ne pas faire passer la déclaration préremplie pour un outil de
rendement, la Direction générale des impôts reste très discrète sur
l'amélioration de la collecte en Ille-et-Vilaine, soulignant
seulement qu'un chiffre départemental ne devra pas être extrapolé au
niveau national. « Mais le simple fait de passer en déclaration
pré-remplie permet d'avoir un taux d'exactitude des déclarations
plus élevé », note Vincent Drezet,
secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts.
Des
informations plus fiables
De fait,
complète Pascal Franchet, secrétaire régional du Snadgi-CGT en
Ille-et-Vilaine, « il est possible, et même cohérent, d'avoir une
meilleure rentabilité, parce que les informations données en amont
par les employeurs, les caisses de Sécurité sociale et les caisses
de retraite ont une fiabilité plus importante que celles livrées par
les particuliers. Mais il faudra tout de même voir le résultat
final, après les procédures contentieuses et les remises gracieuses
». Le premier bilan de l'expérimentation en Ille-et-Vilaine a
fait apparaître, indique Pascal Franchet, une hausse de 8 % du
nombre de contribuables imposables sur le département.
Outre les erreurs, les assujettis pouvaient jusqu'à présent, sans
grand risque, oublier un revenu annexe et mineur. Selon les règles
de tolérance, le contribuable échappe à des pénalités lorsque le
montant du redressement est inférieur à 5 % de la base d'imposition
retenue après redressement. Dorénavant, il aura mauvaise grâce à
corriger un chiffre exact du fisc... Mais la logique est légèrement
modifiée depuis la mise en oeuvre, l'an dernier aussi, de la relance
amiable, sans perte automatique de l'abattement de 20 % sur les
revenus salariaux en cas d'erreur du contribuable. Sur les 800.000
courriers de relance envoyés en 2005, le fisc a reçu 80 % de
réponses, dont 70 % ont fait l'objet d'un accord du contribuable et
3 % d'un examen approfondi. L'Etat a ainsi récupéré 220 millions.
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