Déclaration préremplie : le SNUI pointe un risque de réclamations accru [ 10/05/06 ]

Selon le Syndicat national unifié des impôts (SNUI), le nombre de « réclamations contentieuses » a progressé l'an dernier à l'occasion de l'expérimentation de la déclaration préremplie en Ille-et-Vilaine. Bercy a déjà recommandé de vérifier les données du fisc.

Alors que les contribuables ont aujourd'hui presque tous reçu leur déclaration de revenus désormais préremplie par l'administration fiscale, le Syndicat national unifié des impôts (SNUI), syndicat majoritaire au sein de la Direction générale des impôts (DGI), a pointé, hier au cours d'une conférence de presse, les risques d'une augmentation des « réclamations contentieuses ». L'expérimentation de la déclaration préremplie (DPR) en Ille-et-Vilaine l'an dernier a abouti, selon le SNUI, à une hausse de 22 % des réclamations déposées, soit un nombre de 13.727 demandes sur un total de 490.000 foyers fiscaux.
Celles-ci, a précisé Vincent Drezet, secrétaire national du SNUI, viennent pour l'essentiel de contribuables « qui n'ont pas suffisamment vérifié leur déclaration, ou même de gens qui n'ont pas osé la modifier, parce qu'ils sacralisent la déclaration de revenus ». Le jour où ils ont reçu leur avis d'imposition, ces assujettis, se voyant réclamer un impôt supérieur à celui réellement dû, ont alors protesté auprès du fisc.

« Très faible valeur ajoutée »

Anticipant probablement ce risque, le ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, avait expliqué, le 26 avril dernier, que le contribuable « ne devait pas avoir peur de corriger l'administration », qui, a-t-il assuré, « n'est pas susceptible ». « Cela n'a rien à voir avec le contentieux au sens de la DGI, précisait-on en outre hier à Bercy. Si les gens ne sont pas vigilants à temps, il y aura une séance de rattrapage pour obtenir un dégrèvement. »
Si les revenus ont en revanche été sous-déclarés par le contribuable, la Direction générale des impôts pourra aussi réclamer son dû via la procédure de relance amiable. Le SNUI a surtout critiqué hier l'ajout d'une réforme qui, estime-t-il, n'apporte qu'une « très faible valeur ajoutée » au contribuable. « L'administration des impôts est sans doute celle qui se réforme le plus et nos agents sont saturés, a indiqué Serge Colin, secretaire général du SNUI. Nous ne supporterions pas qu'une mauvaise réalisation de la déclaration préremplie rejaillisse sur les agents des impôts. »

V. L. B.