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Impôts: déclaration préremplie en 2006, le prélèvement à la source
évoqué
Le
gouvernement a lancé mercredi la campagne de l'impôt sur le revenu
qui comporte cette année une innovation majeure, la déclaration
préremplie, tandis que le débat s'amorce sur l'arrivée dans le futur
du prélèvement de l'impôt à la source.
Le
prélèvement à la source "est dans les cartons", a déclaré le
ministre des Finances Thierry Breton. Mais "pour mettre sur pied une
réforme de cette ampleur, à laquelle nous croyons, je le dis très
clairement, il faut sans doute une plage de temps de 24 mois au
minimum devant nous pour pouvoir éduquer, former", notamment dans
les entreprises, qui seraient alors chargées de collecter l'impôt.
"La
retenue à la source, c'est un autre rendez-vous, mais qui exige
d'abord une étape technique et nous ne sommes pas prêts
aujourd'hui", a renchéri le ministre délégué au Budget Jean-François
Copé. "Donc, une haie après l'autre: le rendez-vous de cette année
est suffisamment important", a-t-il ajouté.
Pour le
secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts (SNUI),
Vincent Drezet,
une telle réforme "pose problème en l'état actuel de la fiscalité",
compte tenu des spécificités françaises comme le quotient familial.
"La vraie question serait peut-être plutôt du côté d'une véritable
réforme de l'impôt sur le revenu", a-t-il estimé.
La
déclaration préremplie concerne 85% des foyers fiscaux qui vont la
recevoir à partir de cette semaine. Au moins un des revenus 2005
(salaires, retraites, indemnités journalières de maladie) sera
prérempli.
Le
contribuable aura la charge de vérifier les informations pour
s'assurer de leur exactitude, et le cas échéant corriger les
chiffres sans avoir besoin de fournir de justificatif. M. Copé a
invité les Français à "ne pas avoir peur de corriger
l'administration".
Les
contribuables devront en outre compléter leur déclaration préremplie,
en y portant si nécessaire les revenus non salariaux, comme les
revenus fonciers ou de capitaux mobiliers, ainsi que les charges ou
réductions d'impôts, les abattements ou les frais réels.
La
date limite pour renvoyer le document a été fixée au 31 mai pour les
déclarations papier, tandis que les déclarants par internet
disposeront d'un délai supplémentaire, allant du 13 au 27 juin selon
les zones scolaires.
Les
15% de foyers fiscaux non concernés par la déclaration préremplie
(professionnels qui perçoivent des revenus non salariaux,
primo-déclarants) utiliseront une déclaration "normale".
M.
Copé a insisté sur l'amélioration du système de déclaration sur
internet, qui doit être "en mesure d'accueillir dans de bonnes
conditions jusqu'à 10 millions de télédéclarants". L'an dernier,
l'afflux de connexions (3,7 millions de télédéclarations) avait
provoqué des embouteillages.
Les
internautes sont appelés à se manifester dès l'ouverture du site le
3 mai, sans attendre la fin du mois.
M.
Copé a affirmé que cette réforme, présentée comme un élément clé de
la modernisation de l'Etat, "ne conduit pas à une augmentation du
produit" de l'impôt mais permet un recouvrement plus tôt, ce qui
améliore la trésorerie".
Selon
la Direction des impôts, un test réalisé en Ille-et-Vilaine s'est
traduit par un "petit gain marginal" du produit de l'impôt, mais "il
serait erroné de l'extrapoler" au niveau national. L'impôt sur le
revenu a rapporté 57,5 milliards d'euros en 2005.
La
déclaration préremplie est accueillie avec méfiance par les
syndicats. Pour le
SNUI,
elle n'apporte qu'une "valeur ajoutée faible" pour le contribuable,
mais risque d'avoir un effet "négatif" pour "la gestion de l'impôt"
en imposant de traiter les 34 millions de déclarations en deux mois
au lieu de quatre. La CFDT Finances estime que cela "ne fait pas une
réforme fiscale".
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