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Quand l’immobilier grimpe, c’est l’ISF
qui atteint des sommets…
En 2006, les 60 000 nouveaux assujettis à l’Impôt sur la fortune
(+20,6% selon l’UMP, de 15 à 20% selon les
prévisions actuelles de Bercy) vont rapporter 3,6 milliards d’euros
(+17,6% pour l’UMP, 15% « au cours du jour » pour Bercy) dans les
caisses de l’Etat. Vecteur principal de cette inflation, le
patrimoine immobilier des ménages, dont la valeur suit la montée des
prix et procure à l’Etat de substantielles plus-values fiscales, en
l’occurrence une cagnotte inattendue de 300 millions d’euros !
Un impôt marginal
L'ISF est dû par les personnes physiques domiciliées en France dont
le patrimoine privé excédait 750.000 euros au 1er janvier 2006. Même
si 460 000 foyers fiscaux, soit 60 000 de plus que l’an dernier,
sont concernés, l’ISF représente moins de 1% de l’ensemble des
recettes fiscales : 18 fois moins que l’impôt sur le revenu et 47
fois moins que la TVA !
Un impôt injuste ?
Primo, parce qu’il ne concerne que quelque 2% des 34,5 millions de
foyers fiscaux pour une contribution individuelle estimée par le
Syndicat national des Impôts unifiés (Snui)
à 1 100 euros, l’équivalent d’une taxe. Et les plus fortunés ne sont
pas les plus taxés, le contribuable type se situant dans les deux
premières tranches d’imposition (entre 750 000 et 2 380 000 euros).
Secundo, parce que le patrimoine taxé est majoritairement immobilier
et foncier. Les actions, les biens professionnels, les oeuvres
d’art, les droits de propriété artistique et industrielle sont le
plus souvent exonérés.
Tertio, parce que seuls 7 pays européens le pratiquent encore
aujourd’hui : la France, l'Espagne, la Suède, la
Norvège, la Finlande, la Suisse et le Luxembourg. Avec, à la clé,
une fuite des grandes fortunes sous des horizons fiscalement plus
cléments…
L’incivilité augmente
Des contribuables sous-déclarent leur patrimoine ou omettent
purement et simplement d'effectuer une déclaration. Selon Bercy, ils
étaient 300 000 dans ce dernier cas l’an dernier… Conséquence, les
ajustements à posteriori (la valeur déclarée par le contribuable
peut être revue à la hausse par le fisc), et le contrôle fiscal ont
rapporté l'an dernier 198 millions d’euros.
Il faut dire que les contrôleurs des impôts ont une panoplie peu
commune pour lutter contre la fraude, selon l’enquête publiée par
Capital en mai 2006 (article « Les techniques pour échapper à l’ISF
ou en alléger la facture ») : ils peuvent ainsi revenir 10 ans en
arrière, contre seulement 3 ans pour l’impôt sur le revenu, et
appliquer des intérêts de retard « monstrueux »…
Réforme demandée
Gilles Carrez, rapporteur du budget à l’assemblée, reste mobilisé au
nom du groupe UMP sur le sujet et milite pour que le seuil de
déclenchement de l’impôt passé à 750 000 euros cette année soit
relevé à 800 000 euros, en même temps que serait rehaussé
l’abattement de 20 % sur la valeur de la résidence principale.
Le bouclier fiscal mis en vigueur cette année, plafonnant à 60% des
revenus d'un contribuable le montant global de ses impôts directs
(impôt sur le revenu, ISF et impôts locaux) n’a eu qu’un rôle
d’amortisseur, favorisant les gros patrimoines. Et à un an des
présidentielles, une réforme plus globale de l’ISF n’est clairement
pas à envisager…
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