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Baisse anticipée de l'impôt en
2007 : Bercy flou sur les modalités
( Les Echos mardi 12 septembre 2006)
En annonçant, dimanche soir,
que la baisse de l'impôt sur le revenu applicable en 2007 serait anticipée
dès les premiers versements, mensuels ou par tiers (nos demi,ères éditions
d'hier), Thierry Breton, ministre de l' Économie, n'a guère suscité
d'enthousiasme: aucune réaction dans la majorité et des accusations d'
électoralisme venues de la gauche et du principal syndicat des agents des
impôts. Le «patron» de Bercy a indiqué avoir « demandé à JeanFrançois
Copé [ministre délégué au Budget] et à [ses] services» de
lui proposer des solutions pour que le fisc intègre dès les premiers appels,
notamment pour les ménages modestes, l'impact de la réduction du nombre des
tranches (de 6 à 4) et des taux du barème de l'impôt sur le revenu (qui
passent de 6,83 % à 5,5 % pour la plus basse tranche d'imposition et de
48,09 % à 40 % pour la plus haute). En moyenne, la baisse d'impôt procurée
par cette réforme doit être de 5 % pour les contribuables. Mais elle atteint
15 % pour un couple touchant 2 fois le SMIC. Thierry Breton a expliqué qu'il
n'était pas souhaitable que l'Etat « fasse de la trésorerie sur le
dos » de ces ménages. Mais cela n'a pas suffi à éviter la polémique.
Car ce n'est pas la première
fois qu'un gouvernement procède à ce type d'opération à l'approche d'une
période électorale. Fin 2003, Jean Pierre Raffarin avait annoncé que la
baisse uniforme du barème, de3 %, s'appliquerait dès le début de l'année
2004 sur les acomptes provisionnels et mensuels, soit quelques mois avant
les régionales. De même, en 1994, le premier acompte provisionnel et les
quatre premières mensualités avaient été réduites de 6 % pour anticiper les
effets d'une réforme ramenant le nombre de tranches de 12à 6. Dans les deux
cas, la baisse a été uniforme.
«
Perplexité »
Hier, ni les cabinets des
ministres de Bercy ni la Direction générale des impôts n'étaient en mesure
d'apporter le moindre éclaircissement sur la manière dont serait mise en
œuvre l'annonce de Thierry Breton. Dans un communiqué, le
Syndicat national unifié des impôts (SNUI) dit
sa « perplexité » devant cette annonce, précisant qu'« un
contribuable peut, sous sa responsabilité, demander à modifier le
montant de ses tiers ou de ses mensualités ». Le
SNUI met en garde le ministre contre la
création d'une «usine à gaz» qui donnerait lieu, enfin d'année, à
des« régularisations, en faveur ou en défaveur, des contribuables dont
l'impôt a été mal évalué en début d'année ». «L'exemple récent de la
prime pour l'emploi montre que certaines régularisations peuvent être
mal vécues », ajoute le syndicat pour lequel« à l'approche de
2007, l'accélération du calendrier a ses raisons que la raison
ignore ».
« M. Breton préfère une
mesure électoraliste plutôt qu'une vraie réforme », estime, de
son côté, le député socialiste Didier Migaud. Selon lui, «seule la
retenue à la source permet d'évoluer vers un impôt sur le revenu plus
juste et plus efficace » et « le gouvernement démontre une fois de
plus que la justice fiscale n'est pas sa préoccupation principale
». .
J.-FR. P.
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