| |
Les suppressions de postes à Bercy
agitent les Douanes et les Impôts
[ 28/11/06 ]
Des manifestations intersyndicales sont organisées aujourd'hui et jeudi
contre les réformes de structure en cours : un plan de modernisation du
secteur des opérations commerciales aux Douanes, une réforme des règles de
mutation aux Impôts. En cinq ans, le ministère des Finances aura supprimé
plus de 11.000 postes de fonctionnaires.
Semaine tendue à Bercy. Pour la deuxième fois
depuis la rentrée, les douaniers sont en grève aujourd'hui. A l'appel de
l'intersyndicale, où la CGT est majoritaire, plusieurs centaines de
fonctionnaires défileront à Paris. Jeudi, ce sera au tour des Impôts, où le
syndicat majoritaire, le SNUI, espère avec ses
partenaires faire aussi bien que le 14 novembre : 40 % des agents avaient
cessé le travail ce jour-là. « Notre compteur social oscille toujours
entre résignation et mécontentement et, en ce moment, c'est le
mécontentement qui prévaut », indique son porte-parole. Les motifs de
mobilisation de ces deux services du ministère de l'Economie et des Finances
n'en restent pas moins différents.
A la Douane, c'est un plan de modernisation du
secteur des opérations commerciales qui est en jeu. Fermeture de bureaux
départementaux, nouvelle répartition des compétences, changement des
procédures de contrôle dans les entreprises... « La Douane doit s'adapter
à l'environnement international », justifie son directeur général,
François Mongin (lire ci-dessous).
Une prime d'adaptation
Alors que 638 suppressions de postes sont déjà
programmées sur la période 2006-2008 sur un effectif global de 19.000
douaniers, ce sont 1.500 à 2.000 emplois supplémentaires qui sont menacés,
affirment les syndicats. « Nous défendons les missions de la Douane,
encore les missions, toujours les missions », précise Alain Tocabens,
secrétaire national de la CGT-douanes. Et, pour le moment, les gestes
consentis par la direction n'ont rien donné. Une prime d'adaptation à la
réforme a pourtant été proposée : elle pourrait atteindre 3.000 euros par
agent et serait cumulable avec l'aide à la mobilité accordée habituellement
par le ministère des Finances, laquelle peut aller jusqu'à 13.000 euros.
Des agents « fragilisés »
Aux Impôts, la mobilisation vise la réforme des
règles de mutation. Le directeur général des Impôts, Bruno Parent, souhaite
mettre un terme au critère de l'ancienneté qui prévaut actuellement pour
l'affectation des personnels. Or les agents estiment avoir été suffisamment
« fragilisés » par les chantiers successifs ouverts depuis 2000 :
relance amiable du contribuable, mise en place de l'interlocuteur fiscal
unique, rapprochement de la redevance télé et de la taxe d'habitation,
recouvrement de l'impôt sur les sociétés... « La diversité de nos
missions dépasse aujourd'hui le périmètre strict des indicateurs de
performance » mis en place par la loi organique relative aux lois de
Finances (LOLF), déplore le SNUI.
D'une manière générale, l'élection
présidentielle de 2007 complique la tâche de Thierry Breton, lequel, d'après
les syndicats, est aux abonnés absents. Ou bien tout s'arrête pour cause de
campagne électorale, ou bien des perspectives sont tracées pour la suite,
les deux gros sujets étant le rapprochement des Impôts et de la Comptabilité
publique, et surtout la retenue de l'impôt à la source.
Durant le quinquennat, Bercy aura réduit ses
effectifs de 11.179 fonctionnaires (dont 3.000 l'an prochain) sur un total
de 182.000, soit le tiers de toutes les suppressions de postes de l'Etat. Au
rythme actuel, cela représente le non-remplacement de presque deux tiers des
départs à la retraite.
|