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Entre deux et cinq milliards de cagnotte
préélectorale
Le gouvernement réfléchit à la redistribution du
surplus fiscal de 2006.
La cagnotte budgétaire sera-t-elle le
dernier cadeau empoisonné pour le gouvernement Villepin ? Selon les
estimations, le surplus de recettes fiscales pour 2006 se situerait
entre 2 et 5 milliards d'euros. Et si, pour les partisans de
l'orthodoxie budgétaire, quelques milliards d'euros qui tombent du ciel
ne peuvent servir qu'au désendettement de la France, l'affaire est
politiquement toujours délicate à gérer pour un gouvernement. Fin 1999,
Lionel Jospin et son ministre des Finances, Christian Sautter, avaient
ainsi dû s'expliquer sur l'utilisation qu'ils comptaient faire des
quelque 30 milliards de francs (4,5 milliards d'euros) que la reprise
économique avait fait entrer dans les caisses de l'Etat.
Difficile de refuser aux fonctionnaires une
augmentation, quand on sait qu'1,5 milliard d'euros suffirait à garantir
leur pouvoir d'achat pour un an. Difficile aussi de résister à la pression
des députés de la majorité, qui voudraient bien, à quelques mois des
échéances électorales, que l'on fasse un geste en faveur des
contribuables, histoire de montrer que l'on n'a pas tout à fait oublié la
promesse des baisses d'impôt de 2002.
Invité dimanche du Grand Jury RTL- le
Figaro -LCI, Thierry Breton a d'abord tenté de minimiser la cagnotte
: le surplus fiscal se situera «entre 2 et 3 milliards d'euros», a-t-il
expliqué. Le président de la commission des finances du Sénat, Jean
Arthuis, gardien de l'orthodoxie budgétaire, l'évaluait jeudi plutôt à 5
milliards. «Je confirme que les recettes fiscales rentrent bien, parce
que l'activité économique est repartie», a concédé le ministre de l'Economie
et des Finances, qui propose d'utiliser la cagnotte pour rembourser dès le
début de l'année des trop perçus d'impôt sur le revenu.
«Vous savez que, quand vous payez l'impôt,
soit vous êtes mensualisé, soit vous payez par tiers, a expliqué
Thierry Breton, et on calcule ces tiers ou ces mensualisations par
rapport à ce que vous avez payé l'an dernier.» Le ministre des
Finances a donc «demandé au ministre délégué au Budget, Jean-François
Copé, et à ses équipes, de réfléchir à un mécanisme pour faire en sorte
que l'Etat ne fasse pas sa trésorerie sur le dos des contribuables et ne
redonne plus ce trop versé au mois d'octobre ou au mois de novembre lors
des derniers tiers mais au contraire dès le début de l'année». Double
avantage de la mesure : on ne touche pas à la cagnotte puisque l'Etat
aurait de toute façon remboursé le trop versé, et on fait un geste vers
les contribuables avant l'échéance électorale d'avril.
Pour le député PS Didier Migaud, il ne s'agit
ni plus ni moins que d'une «mesure électoraliste», alors que le
gouvernement «aurait pu mettre en place la retenue à la source de
l'impôt sur le revenu». Quant à Vincent Drezet, du Snui, principal
syndicat des impôts, il rappelle qu'en 1994, Nicolas Sarkozy étant
ministre du Budget, une mesure analogue avait été prise «pour des
raisons de calendrier, le gouvernement en place faisant en sorte que le
bénéfice se voie le plus rapidement possible».
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