L’UMP s’attaque un peu plus à l’ISF
 

Alors que les députés centristes ont  dénoncé " la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune" avec le bouclier fiscal, François Fillon a donné son accord mardi pour augmenter l'abattement d'ISF sur la résidence principale à 30% au lieu de 20% actuellement.

Cet amendement sera cosigné par le président du groupe UMP Jean-François Copé et le rapporteur général du Budget, Gilles Carrez (UMP). Selon Jacques Le Guen (UMP), Jean -François Copé a expliqué aux parlementaires que «cela pouvait régler un certain nombre de problèmes», pour enrayer la hausse du nombre de contribuables redevables de l'ISF liée à l'envolée des prix de l'immobilier.

«Le beurre et l'argent du beurre»

L'exonération totale d'ISF de la résidence principale est une vielle revendication des députés UMP qui ont bataillé en vain pendant toute la législature précédente pour l'obtenir.

Le groupe Nouveau Centre s’est dit opposé à cette mesure. «Nous avons déposé un amendement, qui veut que l'abattement de 20% existant ait un plancher minimum de 300.000 euros», a déclaré Charles de Courson (NC) dans les couloirs du Palais Bourbon mardi. En clair, un contribuable soumis à l’ISF sera exonéré en dessous de 300.000 euros de patrimoine immobilier et bénéficiera des 20% au-dessus.

Le Syndicat national unifié des impôts (Snui) a lui aussi réagi mardi. Même s’il «regarde plutôt favorablement un geste sur la résidence principale, parce que dans l'esprit collectif, c'est ce qui correspond le mieux au fruit d'une vie de travail», Vincent Drezet, secrétaire national du premier syndicat d'agents des impôts, a estimé qu'ajouté aux autres dispositions du «paquet fiscal», cela revenait à donner «le beurre et l'argent du beurre» aux contribuables les plus aisés.
20Minutes.fr, éditions du 10/07/2007 - 20h21