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La fusion des services
des impôts contestée
AP | 04.10.2007 | 17:11
Le ministre du Budget Éric Woerth a présenté
jeudi aux syndicats de Bercy les modalités de la fusion de la Direction
générale des impôts (DGI) et de celle la comptabilité publique (DGCP), qui
aboutira à un "guichet fiscal unique" pour le contribuable. Les syndicats
ont dénoncé cette fusion "globale" qui est "la plus risquée" pour les agents
et les usagers.
Cette fusion des services du Trésor public (DGI), chargé de calculer
l'impôt, et les centres des impôts (DGCP) qui le recouvre, a pour but
"d'améliorer la qualité du service rendu aux usagers", précise le ministre
dans un communiqué. Elle "sera menée de façon progressive et dans la clarté,
avec la volonté d'offrir aux agents de la visibilité et des garanties",
souligne le ministre du Budget, qui assure que les suppressions d'emplois
pour les postes à doublon n'est pas sa priorité.
Les agents verront "leurs perspectives professionnelles" s'améliorer "en
leur donnant de nouvelles possibilités de mobilité et d'enrichissement de
leurs métiers", met en avant le locataire de Bercy qui compte ainsi
"accroître la performance et l'efficacité de l'État".
Autant d'arguments qui ne
convainquent pas le Syndicat national unifié des impôts (SNUI). "Inquiet",
son secrétaire national Vincent Drezet a regretté que le ministre ait choisi
"l'option la plus risquée de la fusion globale", s'inscrivant "clairement
dans la réforme d'État qui se traduit par moins d'État et de moindre
qualité".
"Toutes les réformes empilées depuis sept ans ont mené une dégradation du
travail et à la polyvalence" des agents, avec "plus de missions avec moins
de moyens humains et matériels", au détriment des usagers, a-t-il indiqué à
l'AP.
Partant d'un bilan partiel et d'une approche partiale par le président de la
République", cette réforme "démultiplie les risques" pour les agents des
impôts, le ministre n'ayant pas démenti les "suppression de postes" qu'elle
va sans doute entraîner, a-t-il regretté.
"On va s'engager dans des rencontres avec agents des impôts pour voir quelle
attitude et quelles revendications adopter pour montrer l'inquiétude et la
mobilisation des agents qui ne veulent pas se laisser croquer", a-t-il
ajouté.
La fédération des Finances CGT, qui appelle à se joindre à la grève de la
Fonction publique du 18 octobre, réclame "un réel débat contradictoire",
jugeant que cette fusion "ne saurait constituer une réponse aux enjeux de
modernisation et aux attentes des personnels".
Le ministère du Budget met en avant le fait que les contribuables
s'adresseront à des guichets fiscaux uniques, qui, "après une phase de test
en 2008, seront progressivement mis en place sur l'ensemble du territoire",
y compris en zone rurale. "Dans ces zones, les trésoreries qui répondent
aujourd'hui aux questions de paiement répondront aussi demain aux questions
concernant le calcul de l'impôt".
Une direction et un directeur uniques au niveau national seront nommés au
printemps 2008, ainsi qu'une direction unique au niveau départemental, qui
pilotera l'ensemble des services territoriaux. Pour ces derniers, "des
préfigurations auront lieu l'année prochaine", afin de permettre de "mieux
répondre aux besoins des élus locaux". |