Dans une tribune publiée dans les Echos, Michel Sapin estime que "les gens aisés continueront à payer" alors que "les gens fortunés seront exonérés". Il relève qu'avec la proposition de Nicolas Sarkozy d'un bouclier fiscal, ceux qui souffrent de la "spéculation immobilière qui renchérit la valeur du domicile principal (...) continueront à payer leurs 300 ou même 862 euros par an".
Selon les calculs du syndicat national unifié des impôts, de gros patrimoines pourraient échapper à l'ISF par le jeu du bouclier fiscal à 50% des revenus y compris CSG et CRDS et de la réduction de 50.000 euros prônés par Nicolas Sarkozy. L'ISF ne serait pas supprimé sur le papier, mais le serait en réalité, car il serait payé puis remboursé en quasi-totalité grâce au bouclier fiscal, les 50.000 euros de réduction faisant l'appoint.
"Simplisme imbécile"
Le président de la région Centre estime par ailleurs que le débat sur
la fiscalité et les finances publiques ne peut être "utile" que si on
ne considère pas le niveau des déficits, le taux des prélèvements
obligatoires ou la nature des impôts "comme des sujets en soi".
"Ce sont des outils au service de politiques publiques, et c'est à
l'aune de ces orientations, en matière d'emploi, de croissance,
d'éducation, de santé, de retraite, de recherche par exemple, que la
juste ou injuste utilisation des outils doit être appréciée",
souligne-t-il.
Michel Sapin dénonce aussi le "simplisme imbécile qui voudrait que par
nature la droite serait bonne gestionnaire, économe des deniers
publics, alors que la gauche ne saurait que dépenser".
Il affirme que le déficit des finances publiques "a diminué au cours
des années Jospin et augmenté au cours des années Sarkozy, sous les
gouvernements Raffarin et Villepin" et que "la part des impôts, taxes
et cotisations s'est réduite sous la gauche et a repris sa croissance
sous la droite".
