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L'accélération des
délocalisations fiscales inquiète
D'après une étude parue ce mercredi, le
rapporteur général de la commission des finances du Sénat, Philippe Marini,
s'inquiète de l'accélération de l'exil fiscal. Les capitaux appartenant à
des redevables à l'ISF qui se sont délocalisés entre 1997 et 2005
atteindraient entre 24 à 32 milliards d'euros.
L'exil fiscal de Johnny Hallyday n'est pas un cas isolé. Loin s'en faut.
Après 568 exils en 2004, en augmentation de 50% par rapport à l'année
précédente, le nombre de délocalisations fiscales s'est élevé en 2005 à 649
personnes, soit une perte de 18,2 millions d'euros de recettes d'ISF cette
même année, sur un total d'environ 3 milliards. Ce sont les chiffres publiés
ce mercredi par le député UMP Philippe Marini. "Les délocalisations de
redevables à l'ISF sont devenues un phénomène endémique. Elles croissent
plus vite que le nombre de redevables à l'ISF", constate-t-il dans son
rapport.
Au
total, "une fourchette de 24 à 32 milliards d'euros peut être établie,
s'agissant des capitaux appartenant à des redevables à l'ISF qui se sont
délocalisés entre 1997 et 2005", indique le rapporteur de la commission des
finances. Entre 1997 et 2005, le nombre de redevables à l'ISF est passé de
178.899 à 394.518, soit une augmentation de 120%", tandis que "le montant du
patrimoine immobilier des redevables à l'ISF, avant abattement, est passé de
115,8 milliards d'euros à 307,9 milliards d'euros, soit une hausse de 170%",
précise-t-il.
Donnée plus parlante encore, ce seraient deux contribuables français par
jour qui iraient s'installer à l'étranger pour échapper à l'ISF. Après cette
publication, le Syndicat national unifié des impôts (Snui)
a relativisé ces nouveaux chiffres en demandant que soit aussi évalué le
nombre de "retours" et d'installations d'étrangers en France. Le
Snui conteste aussi l'interprétation faites de
ces départs certes "bien réels", mais aux "motivations multiples et pas
seulement fiscales". "Ainsi les départs vers les pays anglo-saxons relèvent
davantage de la mobilité professionnelle et du choix de carrière", estime le
Snui, en affirmant par ailleurs que les départs
vers la Suisse "ont toujours existé, ISF ou pas", argumente le syndicat.
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