Eric Woerth annonce le lancement de la
Délégation nationale de lutte contre la fraude
PARIS
(AFP) - Le ministre du Budget Eric Woerth a annoncé mercredi le lancement de
la Délégation nationale de lutte contre la fraude (DNLF), qui doit notamment
permettre une coordination des actions menées par les services de l'Etat et
par les organismes sociaux pour éradiquer la fraude.
Un
décret présenté mercredi en Conseil des ministres institue la création de
cet organisme, qui avait été annoncée en janvier.
Le
Conseil des prélèvements obligatoires a estimé en mars 2007 que la fraude
fiscale et sociale représente entre 29 et 40 milliards d'euros par an, soit
entre 1,7% et 2,3% du PIB. Mais ces sommes ne portent pas sur les
prestations versées, des allocations chômage au RMI, précise Bercy.
Dans un rapport publié mardi, le
syndicat Snui a de son côté estimé le montant de la seule fraude fiscale à
quelque 40 milliards d'euros par an.
"Cette situation n'est pas acceptable", a tranché Eric Woerth lors d'une
conférence de presse mercredi. "L'évaluation de la fraude n'est aujourd'hui
pas satisfaisante", a-t-il souligné. "Les échanges d'informations entre les
différents organismes et services de contrôle ne sont pas sont suffisants",
a-t-il ajouté
La
DNLF, structure de 15 personnes qui sera dirigée par Benoît Parlos, devra
notamment permettre une collaboration entre des organismes sociaux comme les
URSSAF ou la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV) et la Direction
générale des impôts (DGI).
Eric
Woerth a par exemple cité la délivrance du RMI, dont seules les personnes
résidant en France peuvent bénéficier. "Un croisement avec les fichiers
fiscaux de la DGI sur la taxe d'habitation empêchera les adresses fictives",
a-t-il expliqué. "Au bout de six mois, la Délégation devra avoir proposé de
nouvelles manières d'enquêter et de réaliser le croisement des fichiers", a
souligné Eric Woerth, précisant qu'une campagne d'information "à grande
échelle" serait aussi lancée.
"On
profitera de la présidence française de l'Union européenne pour faire
avancer la coopération dans la lutte contre la fraude", a par ailleurs
indiqué le ministre, évoquant notamment "la fraude à la TVA". Baptisée
technique des "carrousels", la fraude à la TVA consiste à faire tourner de
la marchandise entre les pays de l'UE pour encaisser de la TVA sans jamais
la reverser à l'Etat.
Interrogé sur l'affaire de la fraude au Liechtenstein, M. Woerth a souligné
que "les contrôles sur 20 groupes familiaux étaient en cours". "On a demandé
aux Allemands s'ils disposaient de données complémentaires sur les 44 autres
groupes familiaux", a-t-il ajouté. Les autorités françaises avaient reçu fin
2007 une liste de 200 personnes personnes regroupées en 64 groupes
familiaux, soupçonnées d'évasion fiscale via le Liechtenstein.
"Je
vais lancer avant l'été ou en septembre en co-présidence franco-allemande
une réunion de l'OCDE sur les paradis fiscaux", a aussi souligné Eric
Woerth.
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