Les agents des finances en grève contre la fusion impôts/trésoreries
27-03-2008 18:38:32

Un fonctionnaire sur trois était en grève jeudi aux impôts, ont indiqué les syndicats appelant à protester contre la fusion des directions générales des impôts (DGI) et de la comptabilité publique (DGCP), alors que le ministère a recensé en moyenne 21% de grévistes au total.

"Nous avons comptabilisé environ un agent sur trois en grève aux impôts, c'est une réussite d'autant plus que c'est la première mobilisation contre la fusion", a déclaré à l'AFP Vincent Drezet, responsable syndical du Snui-FDSU (Solidaires), principal syndicat des impôts.

Selon le ministère du Budget, le mouvement était suivi par 21,36% des agents de la DGCI et de la DGCP, soit 14 points de moins que lors de la dernière grève des fonctionnaires, le 24 janvier.

Un rassemblement à Paris a réuni entre 200 et 300 agents, selon M. Drezet et d'autres rassemblements ont eu lieu en province.

Christophe Delecourt, secrétaire général de la CGT-Finances, a évoqué 25% de grévistes dans la Manche, 46% dans le Var, 45% dans le Cher, 58% dans l'Indre, 52,7% dans la Vienne.

Les agents de la DGI et de la DGCP étaient appelés à faire grève par les syndicats des impôts et du trésor de Solidaires et de la CGT contre les conditions de mise en oeuvre de la fusion, annoncée à l'automne par le ministre du Budget Eric Woerth.

Cette fusion vise à créer, dès 2008, une administration unique chargée à la fois du calcul et du recouvrement de l'impôt, mais aussi des missions de comptabilité publique effectuées par les percepteurs auprès des collectivités locales. Le futur ensemble regroupera 130.000 agents (76.000 de la DGI, 54.000 de la DGCP).

Les syndicats qui ont appelé à la grève jugent "insuffisantes" les propositions du ministère visant à accompagner la fusion. M. Woerth a notamment proposé un complément indemnitaire de 23 euros net par mois à tous les agents concernés.

"C'est une avancée, mais il y a énormément de choses qui ne sont pas réglées, par exemple au niveau des conditions de travail", estime M. Drezet, ajoutant qu'"il reste beaucoup d'interrogations et d'inquiétude sur la façon dont ça va se passer, qui fait quoi, où et comment".

Par ailleurs, les syndicats ont noté "qu'au-delà de la fusion, il y a une crise de sens sur le service public, ses missions et le statut de fonctionnaire notamment avec la RGPP" (révision générale des politiques publiques), le chantier engagé par le gouvernement pour réduire les dépenses publiques.

La CGT, qui juge les mesures d'accompagnement "assez lamentables" et "extrêmement partielles" réclame quant à elle de "réelles négociations". "Le ministre organise cette fusion afin d'amplifier des logiques pluriannelles de suppressions d'emploi", dénonce M. Delecourt.