Fraude fiscale : la Grèce prête à payer pour des informations
En France, 200 personnes sont concernées par le scandale de contribuables qui ont échappé au fisc en dissimulant leur fortune au Liechtenstein.
O
ui, des Français sont impliqués dans le scandale de fraude fiscale via le Liechtenstein. “La France a une liste de 200 noms“, a déclaré, mercredi 27 février, le porte-parole du ministère du Budget, confirmant les informations de La Tribune parue mardi.
“Cette liste a été transmise par les autorités britanniques“ a indiqué la même source. Mais, contrairement à Londres, Paris n'aurait pas payé pour obtenir ces informations, qui lui auraient été fournies dans le cadre des coopérations administratives européennes. C'est ce qu'a réaffirmé Bercy en soulignant que "la direction générale des impôts ne rémunère [...] aucune information, quelle que soit leur nature".
En tous cas, le gouvernement a la ferme volonté de "traquer tout qui ressemble à de la fraude fiscale" en France, a assuré Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, qui a dit "ne pas être pas sûr que ce soit des noms qui soient aussi attractifs que les uns ou les autres peuvent le souligner".

Arthuis pessimiste
Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat, a lui indiqué mercredi sur LCI qu'il ne serait "pas étonné" que la France soit aussi concernée que l'Allemagne par l'affaire. "La fraude fiscale est un vrai sujet, elle interpelle l'ensemble des Etats qui doivent se demander si leurs législations n'ont pas parfois un caractère confiscatoire, qui est une incitation en quelque sorte à tenter d'échapper", a-t-il ajouté. Cette situation "doit susciter dans chaque gouvernement une attitude très responsable: n'avons-nous pas une fiscalité trop compliquée? n'avons-nous pas des excès d'imposition?". "Pour le reste, je ne crois pas qu'on puisse tolérer la fraude fiscale".
Le syndicat national unifié des impôts (Snui) a, de son côté, pressé mercredi le gouvernement de "passer à la vitesse supérieure" en matière de lutte contre la fraude fiscale internationale, qui apparaît aujourd'hui "clairement comme un phénomène d'ampleur", sur fond "de liberté de circulation des capitaux et de rapidité des échanges".

Mondialisation de l'affaire
Mardi, l'affaire de la fraude fiscale s'est “mondialisée“. En effet, après l'Allemagne et la Grande-Bretagne, la Suède a également annoncé enquêter. Dans une tribune du quotidien de référence Dagens Nyheter, Mats Sjöstrand, le directeur du Trésor public, a expliqué que "la Suède faisait partie d'un groupe de neuf pays de l'OCDE [avec la Grande-Bretagne, la France, l'Italie, l'Espagne, le Canada, les Etats-Unis, l'Australie et la Nouvelle Zélande, ndlr] qui, ensemble, ont reçu et étudient des informations sur des comptes au Liechtenstein".
L'Autriche a elle indiqué enquêter sur une vingtaine de cas, alors que les autorités américaines ont expliqué enquêter sur les dossiers de 100 contribuables.
Le vice-ministre de l'Economie italien, Vincenzo Visco, a quant à lui déclaré qu'il y avait un "nombre considérable" d'Italiens sur la liste que l'Allemagne avait fait parvenir à Rome, qui ne l'a pas monnayée. Il Sole-24 Ore avance le chiffre d'une centaine, La Repubblica 150 environ. Le montant des fraudes oscille "de plusieurs millions à quelques centaines de milliers d'euros".
Enfin, la Grèce s'est dite prête à payer "si besoin" pour avoir des informations dans cette affaire de fraude.