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20.177 demandes de
bénéficiaires potentiels du bouclier fiscal
04.02.08 | 15h57
PARIS (Reuters) - En 2007, les services fiscaux ont reçu 20.177 demandes de
la part de bénéficiaires potentiels du bouclier fiscal à 60%, une des
mesures phares du "paquet fiscal" mis en place l'été dernier par le
gouvernement, annonce le ministère du Budget et des Comptes publics.
Conformément à un engagement électoral, le président Nicolas Sarkozy a fait
voter par le Parlement un abaissement du bouclier fiscal à 50% en 2008 afin
de plafonner les prélèvements obligatoires à la moitié des revenus.
En octobre, alors que les demandes de restitution avaient été plus faibles
que prévu, le ministre du Budget Eric Woerth avait demandé à la Direction
générale des impôts de mener une opération de "relance" des bénéficiaires
potentiels qui ne s'étaient pas encore manifestés.
"Cette nouvelle offre de services a produit de très bons résultats. Elle a
non seulement permis d'augmenter sensiblement le nombre de demandes de
plafonnement mais également conduit à faire bénéficier de ce dispositif des
usagers en situation difficile, insuffisamment informés ou mal à l'aise avec
les procédures administratives", souligne le ministère dans le communiqué
publié lundi.
Alors qu'au 30 septembre environ 3.000 demandes avaient été déposées, "la
relance a permis d'enregistrer, au cours des deux derniers mois de l'année
2007, six fois plus de demandes qu'au cours des dix mois précédents",
indique le ministère. "Au total en 2007, les services fiscaux ont reçu
20.177 demandes".
Environ 20% des demandes traitées à ce jour ont été rejetées, soit un
pourcentage du même ordre que pour celles reçues avant la fin septembre,
ajoute-t-il.
Le chiffre de 20.000 demandes de restitution est inférieur à l'estimation
qui figurait dans le projet de loi de finances 2007. Quelque 93.000
bénéficiaires avaient alors été recensés, dont 16.000 imposables à l'Impôt
de solidarité sur la fortune (ISF) - qui auraient perçu 350 millions d'euros
- et 77.000 contribuables non imposables à l'ISF, à qui auraient été rendus
50 millions d'euros.
"INSTRUMENT DE JUSTICE SOCIALE"
Pour le Syndicat national unifié des impôts, le nombre relativement faible
de demandes peut s'expliquer par l'ignorance d'une partie des bénéficiaires
potentiels du bouclier fiscal, par exemple les personnes qui, déclarant un
déficit au titre de leur activité commerciale, paient par ailleurs des
impôts locaux qui pourraient leur être remboursés.
Par ailleurs, "plusieurs contribuables ne souhaitent pas demander le
bénéfice du bouclier fiscal car ils ont parfois élaboré des montages fiscaux
et financiers complexes, pour ne pas dire 'limites', et ne souhaitent pas
que l'administration regarde leur dossier", ajoute-t-il dans un communiqué.
Alors que la gauche a dénoncé dans le bouclier fiscal un "paquet cadeau"
pour les Français les plus riches, Eric Woerth assure dans le communiqué de
son ministère que le dispositif "confirme sa double qualité d'instrument au
service de la compétitivité et d'instrument de justice sociale".
Plus de la moitié des demandes déposées en 2007 concerne en effet des
remboursements inférieurs à 800 euros. "Un grand nombre de demandes de
faibles montants proviennent de titulaires de minima sociaux (comme le
revenu minimum d'insertion ou l'allocation de parent isolé) redevables d'une
taxe foncière au titre de leur habitation principale", explique-t-il.
Il s'agit également de personnes qui détiennent un patrimoine non productif
de revenus ou qui voient s'accroître la valeur de leur résidence principale.
Pour le Syndicat national unifié des
impôts au contraire, la mesure profite surtout à une "poignée de
contribuables aisés".
L'étude des 2.398 demandes de restitutions effectuées au 31 août montre une
forte corrélation entre les bénéficiaires du bouclier et les assujettis à l'ISF,
écrit-il dans son communiqué. Ainsi l'Ile de France regroupe 39% des
contribuables à l'ISF pour 51% du produit de l'ISF et 39% des bénéficiaires
du bouclier pour 56% du montant global remboursé au titre du bouclier,
relève-t-il.
Le syndicat ajoute que le nouveau bouclier fiscal, ramené à 50% et
comprenant la contribution sociale généralisée (CSG), touchera aussi une
population réduite : "18.000 contribuables pourraient se voir rembourser la
bagatelle de 563 millions d'euros, un chiffre supérieur à l'économie
budgétaire qui devrait résulter des 23.000 suppressions de postes dans la
fonction publique 2007", déplore-t-il.
Le paquet fiscal, qui prévoit aussi la défiscalisation des heures
supplémentaires, un crédit d'impôt sur les emprunts immobiliers et la
suppression de la quasi-totalité des droits de succession, représente au
total neuf milliards d'euros d'allègements fiscaux, selon les estimations
communiquées au moment de la présentation du projet de budget 2008.
Véronique Tison |