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Eric Woerth veut accentuer la lutte
contre la fraude fiscale et sociale
Le ministre des comptes publics, Eric Woerth,
devait présenter, mercredi 16 avril, en conseil des ministres, un projet de
décret relatif à la coordination de la lutte contre la fraude fiscale et
sociale, qui représente, selon le Conseil des prélèvements obligatoires,
entre 29 et 40 milliards d'euros par an. Ce décret crée une délégation
nationale de lutte contre la fraude (DNLF) et prévoit l'expérimentation de
cellules de lutte contre les fraudes fiscales et sociales conjointes au
niveau départemental et régional.
La DNLF est une structure légère de quinze
personnes, à la tête de laquelle devrait être nommé, mercredi 23 avril,
Benoît Parlos. Elle aura notamment pour mission de coordonner les actions
des services de l'Etat et des organismes intervenant dans le champ de la
protection sociale (Caisse nationale d'assurance-maladie, Caisse nationale
d'allocations familiales, Unedic, etc.).
CROISEMENT DES FICHIERS
La nouvelle délégation a vocation à apporter
plus de transversalité dans la lutte contre la fraude en l'abordant sous
tous ses aspects : juridiques, techniques, financiers, etc. L'Etat et les
principales caisses nationales de Sécurité sociale ont d'ailleurs signé, le
3 avril, une convention qui vise à mettre en commun les informations
disponibles et à faciliter les échanges de données.
La clé de voûte de cette politique est le
croisement des fichiers informatiques et leur exploitation en aval entre les
services ou organismes fiscaux ou sociaux. La DNLF doit aussi mettre à
profit la présidence française de l'Union européenne pour renforcer la
coopération, notamment contre la fraude aux cotisations sociales et à la TVA
intracommunautaire.
Dans un
rapport sur l'état de la lutte contre la fraude fiscale, le Syndicat
national unifié des impôts (SNUI), membre de Solidaires, a souligné, mardi,
"le niveau alarmant" de la fraude à la TVA intracommunautaire, son
coût budgétaire et social élevé. Il a réitéré sa proposition d'instauration
d'un "serpent fiscal européen" qui harmoniserait progressivement les
fiscalités et les procédures, et préconisé un renforcement des moyens
humains du contrôle. En 2007, il y a eu 52 292 contrôles sur place portant
sur un montant d'"impôt éludé" de 7,03 milliards d'euros.
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