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Bouclier fiscal :
l'État rembourse 16.000 euros en moyenne
jeudi 26 juin 2008
73% des bénéficiaires du «bouclier fiscal» sont des foyers modestes,
affirme le gouvernement. Mais les
gros patrimoines sont les vrais bénéficiaires de la mesure, rétorque le
Syndicat unifié des impôts.
Près
de 15.000 foyers fiscaux ont bénéficié d’un remboursement au titre du
«bouclier fiscal» à 60% en vigueur pour 2006, pour un montant moyen de
16.000 euros, même si trois quarts d’entre eux ne sont pas assujettis à
l’ISF.
Selon des chiffres communiqués par le ministère du Budget confirmant une
information parue dans Le Figaro, le fisc avait reçu au 30 avril 23.159
demandes de remboursement - dont 14.981 ont été acceptées - au titre du
«bouclier fiscal» sur les revenus de 2006.
Entré en vigueur en 2007, ce dispositif plafonne à 60% des revenus le niveau
des impôts directs, CSG (Contribution sociale généralisée) et CRDS
(Contribution au remboursement de la dette sociale) comprises. Les
contribuables qui s’étaient acquittés d’une somme supérieure pouvaient donc
être remboursés de la différence. Le plafond de cette «niche fiscale» a été
abaissé à 50% pour 2008 (revenus perçus en 2007) dans le cadre de la loi
Tepa votée en juillet dernier, aussi appelée «paquet fiscal».
L’adoption de cette mesure avait suscité une vive polémique, des
parlementaires de toutes tendances estimant qu’elle visait principalement
les grosses fortunes, candidates potentielles à l’expatriation fiscale. En
moyenne, chaque bénéficiaire du «bouclier fiscal» à 60% aura touché un
chèque de 16.100 euros, pour un coût budgétaire total de 241 millions
d’euros.
Ce montant élevé du remboursement moyen cache évidemment d’importantes
disparités: près de 9.300 des demandes acceptées portent ainsi sur des
remboursement inférieurs à 800 euros, et 5.700 concernent un montant
supérieur.
Selon les profils des bénéficiaires, recensés à la fin février (12.288 au
total), 74% avaient un patrimoine inférieur à 750.000 euros, qui
correspondait en 2006 au seuil de déclenchement de l’ISF (impôt de
solidarité sur la fortune). Et 84% avait un revenu fiscal de référence
inférieur à 42.000 euros.
En croisant ces données, l’administration fiscale a établi que 73% de ces
bénéficiaires du «bouclier fiscal» avaient à la fois un revenu inférieur à
42.000 euros en 2006 et n’étaient pas concernés par l’ISF, pouvant donc être
considérés comme des ménages modestes.
«La majorité des bénéficiaires sont
effectivement des gens qui n’ont pas de gros revenus, mais en termes de
montants remboursés, c’est une minorité de contribuables aisés qui profitent
du bouclier fiscal», insiste Vincent Drezet, secrétaire
général du Syndicat national unifié des impôts (Snui).
«Une majorité de contribuables aux revenus relativement faibles (pensionnés
qui ont hérité d’un patrimoine, commerçants indépendants qui accusent un
déficit) auront un faible remboursement. Les gros patrimoines sont les vrais
bénéficiaires durables, structurels, de cette mesure, et ils sont en train
de réorganiser leur stratégie fiscale» pour optimiser leurs gains, assure
M. Drezet.
Selon lui, la «loi Tepa» prévoit un coût budgétaire de 810 millions d’euros
pour 235.000 bénéficiaires potentiels du bouclier à 50%.
Parmi ces 235.000 contribuables, 18.000 personnes soumises à l’ISF
percevraient à elles seules 564 millions d’euros de remboursement, dont un
millier qui se partageraient 250 millions, souligne le responsable du
Snui.
Les chiffres définitifs des bénéficiaires du «bouclier fiscal» pour 2008 ne
sont pas encore connus.
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