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Les syndicats s'opposent à la prime au
mérite pour les fonctionnaires
NOUVEL OBS.COM | 31.10.2008 | 18:41
"La rémunération en fonction des résultats est
source d'effets pervers, contradictoires avec les exigences d'une
administration au service de l'intérêt général", dénonce le principal
syndicat de la fonction publique qui demande le retrait du projet de décret
qui prévoit une prime au mérite pouvant atteindre 14.400 euros par an.
La FSU, premier
syndicat de la Fonction publique d'État, et
le Snui-Sud-Trésor (impôts), se sont
opposés vendredi 31 octobre à l'idée d'une prime au mérite que le
gouvernement va instaurer pour les fonctionnaires, et qu'ils jugent
"dangereuse" et "source d'effets pervers".
Un projet de décret doit prochainement instaurer une "prime de fonctions et
de résultats", comprenant une part de rémunération fixe, en fonction du
niveau de difficulté et de responsabilité du poste, et une part de
rémunération variable, en fonction des objectifs à atteindre.
Pour la FSU, qui demande le retrait du projet de décret, "la rémunération en
fonction des résultats est source d'effets pervers, contradictoires avec les
exigences d'une administration au service de l'intérêt général".
Critères d'évaluation difficile à déterminer
"La première difficulté est celle de l'évaluation du travail et de ses
critères. Le projet de décret la renvoie à la conviction du supérieur
hiérarchique. Ce n'est pas ainsi qu'elle pourra être objectivée et
incontestable", estime le syndicat, dans un communiqué.
De plus, "la logique du mérite individuel oppose les personnels entre eux,
censés se partager une enveloppe financière pré-établie, quand il
conviendrait de développer le travail en équipe".
Enfin, elle "invite chaque agent à privilégier dans l'exécution de son
travail les objectifs valorisés par la rémunération".
"Injuste"
Un avis partagé par le Snui, qui
juge qu'"une rémunération au mérite serait dangereuse et injuste".
"Dangereuse car elle reviendrait à rémunérer des missions sensibles au
rendement, privilégiant la quantité au détriment de la qualité, au détriment
des usagers et des principes du service public", explique le communiqué.
De plus, elle serait "injuste", car "elle serait appliquée dans un contexte
de réduction des moyens alloués à l'action publique, ce qui pénaliserait de
facto les fonctionnaires alors que la modération salariale est déjà la
règle".
14.000 euros par an
Environ 200.000 fonctionnaires devraient bénéficier prochainement d'une
prime au mérite pouvant atteindre 14.400 euros par an au maximum pour les
postes à forte responsabilité, a annoncé Le Figaro dans son édition
de vendredi 31 octobre.
Le décret qui paraîtra en novembre, croit savoir Le Figaro,
concerne 198.200 fonctionnaires, qui appartiennent notamment à la "filière
administrative", c'est-à-dire intendants d'établissements scolaires,
juristes dans des ministères, responsables de ressources humaines en
préfecture...
Cette prime de fonctions et de résultats (PFR) devrait remplacer "le
fouillis d'indemnités et autres bonifications", précise le quotidien.
Aucun délai précis pour le reste des filières
"La partie 'résultats' (40%) sera purement individuelle et véritablement
variable à l'issue d'un entretien annuel d'évaluation", selon le journal.
Les premiers à inaugurer les PFR seront les attachés et attachés principaux,
c'est à dire les 21.600 cadres de la filière administrative (catégorie A,
recrutés à bac+3 et le plus souvent à bac+5).
Selon Le Figaro, le décret précise que tous les attachés auront
obligatoirement 'basculé' le 1er janvier 2012 au plus tard.
Affaires étrangères, agriculture, environnement, éducation et conseil d'Etat
sont parmi les premiers à être concerné par cette PFR, alors qu'il n'existe
aucun délai précis pour le reste des filières. |