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Près de 60% (48% en
Métropole) des agents des impôts en grève ce jeudi 15 mai 2008
Les agents des impôts se sont massivement mobilisés ce jeudi 15 mai.
A la Direction des Services Fiscaux de La Réunion, la grève a été suivie
par près de 60% des agents (plus d’un agent sur deux aux Impôts).
Cette mobilisation exceptionnelle résulte d’une double crise de sens
: crise de sens sur le devenir de la fonction publique et des
fonctionnaires, d’une part, et crise de sens sur le devenir des agents et
des missions dans le cadre de la fusion “Impôts/Trésor”, d’autre part. De
nombreux services (centres des impôts, trésoreries) étaient d’ailleurs
fermés.
La fonction
publique est en effet aujourd’hui menacée dans ses principes et ses valeurs
: si les questions touchant au pouvoir d’achat, aux conditions de
travail et à l’emploi public sont toujours posées avec autant d’acuité et
sont toujours les sacrifiées de la logique du « moins d’Etat,
moins de service public », les projets envisagés en
matière de « révision générale des politiques publiques »,
à commencer par le projet de loi sur la mobilité des fonctionnaires,
s’attaquent aux fondements mêmes du statut et du rôle des fonctionnaires
dans notre société. Cette accélération a été particulièrement mal ressentie
et porte en elle l’implosion de la fonction publique.
De nombreuses
idées fausses ont circulé durant de longues années au sujet des
fonctionnaires : ils seraient coûteux, inefficaces, privilégiés...
Le SNUI veut rétablir et réaffirmer avec force un certain nombre de vérités
trop souvent occultées : les fonctionnaires ont un rôle social et économique
utile, ils ne creusent pas la dette, ils travaillent bien et durement, mais
leurs conditions de travail se dégrade, la reconnaissance de leurs
qualifications est quasi-inexistante et leur pouvoir d’achat est en berne.
Par ailleurs, il est urgent de rappeler que le statut des fonctionnaires
n’est pas un privilège, mais une garantie pour les citoyens sur le plan du
respect des principes d’égalité de traitement et de neutralité dans
l’exercice des missions ou bien encore sur celui de l’accès à l’emploi
public. Enfin, il est indispensable de montrer en quoi les projets de
rémunération au mérite ou bien de recrutements de contractuels modifient le
sens profond de l’action publique au détriment de tous.
Imagine-t-on le contrôle fiscal ou l’action en recouvrement rémunérés au
rendement ? Evidemment, non. Par ailleurs, prétendre qu’il faut moins de
fonctionnaires, mais plus de contractuels revient à avouer qu’il y a
effectivement un besoin d’agents publics, mais que l’on fait le choix de la
précarité...
Ceci est inadmissible.
Au niveau de la
DGFIP (fusion des Impôts et du Trésor) en particulier, les sujets
d’inquiétudes sont également nombreux. En effet, les différences
entre les “Impôts” et le “Trésor” sur les implantations territoriales, les
règles de gestion, les métiers, les conditions de travail ou encore les
rémunérations sont nombreuses. Dans cette fusion, le risque est grand de
connaître un nouveau recul des garanties sociales et une nouvelle
dégradation des conditions de travail synonyme de baisse de la qualité du
service public.
Cette
journée du 15 mai n’est pas une grève « traditionnelle ».
L’Union SNUI/Sud Trésor appelle les agents à
envisager dès à présent les suites à donner à cette journée réussie.
SNUI-Réunion
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