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Des sans-papiers manifestent devant un centre des impôts et continuent à occuper la Bastille

AFP 31-05-2010

Plusieurs dizaines de travailleurs sans-papiers ont manifesté devant un centre des impôts du XVIe arrondissement de Paris lundi, a constaté l'AFP sur place, tandis que plus d'un millier occupent toujours depuis quatre jours et quatre nuits les marches de l'opéra Bastille.

Les salariés sans-papiers ont élu domicile à la Bastille à l'issue de la manifestation parisienne contre la fin de la retraite à 60 ans jeudi dernier.
Soutenus par un collectif de onze associations et syndicats, qui interpelle le gouvernement français depuis octobre, ils entendent ne pas quitter les lieux tant qu'ils n'auront pas obtenu un texte définissant des critères clairs de régularisation par le travail, échappant à l'arbitraire préfectoral.
La majorité des salariés sans-papiers sont ressortissants d'Afrique, dont une quarantaine de chefs d'État étaient réunis lundi à Nice pour le 25e sommet Afrique-France.
"Tous les camarades sont intéressés par le sommet de Nice, qui devrait évidemment s'intéresser à ce qui se passe ici", a jugé Raymond Chauveau (CGT).
"Les sans-papiers sont partout et mobilisés", a renchéri Jean-Claude Amara (Droits Devants!) qui a pris la tête d'une autre manifestation lundi devant un centre des impôts du XVIe arrondissement pour demander que les sans-papiers soient reconnus comme contribuables à part entière.
"C'est pas les sans-papiers, c'est pas les immigrés, c'est la loi qu'il faut changer", ont scandé plusieurs dizaines de sans-papiers, 200 selon les organisateurs, en brandissant le double de leur déclaration de revenus.
Certains ont montré à l'AFP une déclaration pré-imprimée et pré-remplie portant leur nom, adresse et revenus d'activité, preuve qu'ils sont identifiés par l'administration fiscale française, bien que sans titre de séjour.
C'est le cas d'Abdoulaye B., 45 ans, employé depuis 2001 dans des sociétés de nettoyage. Ressortissant mauritanien, il a été licencié par son principal employeur lorsque celui-ci a découvert sa situation clandestine. Il a ensuite fait une demande de régularisation accompagné d'un contrat de travail avec un autre employeur le 4 octobre 2008 mais, dit-il, sans réponse à ce jour.
D'autres ont rempli leur déclaration en reportant les revenus gagnés au noir par exemple 5.000 euros sur l'année 2009 pour Omar H., en France depuis 2000.
"Les revenus au noir sont imposables comme n'importe quel autre revenu", rappelle Pierre Boyrie du syndicat Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, qui a tenu les 17 et 18 mai une permanence pour aider et inciter les sans-papiers à remplir leur déclaration.

"Certains sont imposables", dit-il et pour tous, "c'est un acte revendicatif et citoyen, et pour être régularisé le papier de l'administration fiscale a de la valeur et peut servir de date de référence".


Le centre des impôts de la rue George Sand avait été symboliquement choisi car il a restitué beaucoup d'argent au titre du bouclier fiscal, selon les organisateurs.