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Des sans-papiers imposables réclament leur régularisation

À l’occasion du dernier jour de dépôt par courrier des déclarations de revenus, des travailleurs sans papiers, dont certains paient l’impôt sur le revenu, se sont rassemblés lundi 30 mai devant le ministère des finances, à Bercy, exigeant des titres de séjour.
Trois ans après le début des mouvements massifs de travailleurs sans papiers, et malgré l’existence d’un texte dictant les règles de régularisation, la délivrance de cartes de séjour demeure encore rare et arbitraire.
Ils travaillent en France, paient l’impôt sur le revenu, et participent ainsi à la solidarité collective. Mais, officiellement, ils n’ont pas le droit de séjourner sur le territoire. C’est contre ce paradoxe que des travailleurs sans papiers se sont rassemblés lundi 30 mai devant le ministère de l’économie et des finances, sous la houlette de « Droits devant !! », Solidaires et de l’Union de fiscalistes SNUI-SUD Trésor Solidaires.
Le droit fiscal, en effet, taxe les revenus de façon automatique sans se soucier de savoir comment ils ont été acquis. Les organisations estiment ainsi que près de 200 000 étrangers en situation irrégulière et bénéficiant de fiches de paie ont déjà reçu une déclaration préremplie à leur nom.
Ces salariés considèrent qu’ils accomplissent en payant l’impôt un devoir citoyen et exigent en retour une reconnaissance de leur participation, en l’occurrence la régularisation.
« Notre action est d’ordre symbolique, nous savons qu’elle n’aura pas grand poids dans le contexte politique actuel, mais nous voulons rendre visibles toutes ces personnes qui paient l’impôt ou qui veulent le faire, parce qu’elles considèrent qu’il s’agit du premier pas vers l’insertion », déclare Joël Laus, du SNUI-SUD Trésor Solidaires