Secret bancaire : la
France examine le système suisse
Cagnotte fiscale
Il n'empêche que la porte n'est plus totalement fermée côté français. Car
dans la pratique, la situation est plus nuancée qu'il n'y paraît. Les
Allemands et les Britanniques pourront demander aux Suisses, sous certaines
conditions, des identifications de comptes de fraudeurs. Et à Bercy, on
constate que les Suisses répondent peu souvent aux demandes d'informations
émanant du fisc français. Et ce malgré le nouvel accord de 2009, censé les
obliger à davantage de transparence.
En ces temps de crise des finances publiques, les accords de type Rubik
auraient l'avantage de faire rentrer de l'argent dans les caisses des États.
Dans les cas allemand et britannique, l'imposition des comptes est élevée. À
un premier impôt sur le stock, compris entre 19 % et 34 % des avoirs,
s'ajoute une taxe sur les revenus générés par ces avoirs (26,4 % pour les
Allemands ; de 27 % à 48 % pour les Britanniques). De quoi obtenir quelques
milliards de recettes, sachant que les Allemands auraient dissimulé en
Suisse de 130 à 180 milliards d'euros, les Britanniques entre 52 et 141
milliards d'euros et les Français 90 milliards.
« L'expérience a montré qu'on
surestime la cagnotte générée par de tels accords. Sur le moyen terme,
investir dans le contrôle fiscal est plus rentable», prévient toutefois
Vincent Drezet, secrétaire du Syndicat national unifié des impôts (Snui).
Ces accords posent surtout une question de philosophie politique, difficile
à trancher à huit mois de l'élection présidentielle.