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FISCALITÉ Nicolas Sarkozy a
présenté hier trente mesures pour faciliter la vie du
contribuable
Comment réconcilier les Français
et le fisc
Marie Visot
[04 novembre 2004]
Réconcilier «le citoyen et l'impôt». C'est peut-être la dernière
réforme mise sur les rails par Nicolas Sarkozy en tant que
ministre de l'Economie. Avant de quitter Bercy, il a eu à coeur
de déclencher, selon sa propre expression, «une véritable
révolution culturelle» dans la relation entre les contribuables
et l'administration fiscale. «Pour les mettre sur un pied
d'égalité», insiste-t-il. Afin de poursuivre les initiatives
engagées depuis deux ans et enclencher la simplification,
Nicolas Sarkozy, comme l'avait révélé lundi le Figaro Economie,
a présenté hier trente mesures pour en finir avec les «lourdeurs
administratives». Celles qui nécessitent une transcription
législative seront d'ailleurs inscrites dans le projet de loi de
finances rectificatives, voté avant la fin de l'année. Objectif
: que d'une relation de «méfiance» réciproque le contribuable et
le fisc évoluent vers une relation de «confiance». Une gageure !
Pour les contribuables, la mesure phare consiste en une
expérimentation de la déclaration «préremplie» (voir nos
éditions des 2 et 3 novembre). Le ministère des Finances la
testera en 2005 en Ille-et-Vilaine, car «c'est un département où
il y a des ruraux et des urbains, qui est dans la moyenne des
départements français», a expliqué le ministre. L'état civil,
les salaires, pensions et retraites seront déjà inscrits, les
contribuables n'auront plus qu'à remplir certaines cases, comme
celle concernant les réductions d'impôts, par exemple. Ils
devront aussi corriger toute erreur éventuelle et demeureront
responsables de leur déclaration. Si cette procédure se révélait
concluante, elle pourrait être étendue à tout le pays dès 2006.
Cette mesure a «tous les avantages de la retenue à la source,
sans avoir l'inconvénient du manque de confidentialité par
rapport à l'employeur», a observé le ministre. Quant à
l'argument du Syndicat national unifié
des impôts (Snui) qui la juge «techniquement
difficile à mettre en oeuvre», il n'inquiète pas outre mesure le
ministre. «D'habitude, le Snui affirme que les mesures que nous
proposons ne servent à rien ou sont impossibles. En
reconnaissant juste une difficulté, le syndicat est
encourageant», a-t-il ironisé.
Autre mesure notable : partant du principe que «la grande
majorité des Français est honnête», Nicolas Sarkozy a annoncé la
suppression de pénalités ou de taux d'intérêt de retard lorsque
le contribuable reconnaît une erreur ou une omission. Il faut
être plus respectueux de «la bonne foi», a tancé le ministre. Il
a, dans ce contexte, insisté sur l'accueil et la nécessaire
courtoisie des agents des impôts.
Pour les entreprises, les mesures retenues visent surtout à
«garantir leur sécurité juridique», explique Bercy. Ainsi le
ministre a-t-il mis l'accent sur la procédure du «rescrit», qui
permet de connaître à l'avance l'interprétation des dispositions
fiscales. La publication des rescrits fera l'objet d'un rapport
au Parlement, contribuant ainsi à la transparence de
l'information. Les contrôles fiscaux sur place seront par
ailleurs limités dans la durée.
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