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"BOUCLIER FISCAL"
Méhaignerie défend les
collectivités locales
NOUVELOBS.COM | 06.10.05 | 17:22
Le président de la commission des Finances de l'Assemblée,
Pierre Méhaignerie estime que le gouvernement devrait renoncer à
demander aux collectivités locales de participer au financement
du dispositif plafonnant à 60% des revenus le cumul des impôts
directs.
L e président de la commission des Finances de l'Assemblée,
Pierre Méhaignerie, a estimé jeudi 6 octobre que le gouvernement
devrait renoncer à demander aux collectivités locales de
participer au financement du dispositif plafonnant à 60% des
revenus le cumul des impôts directs, dit de "bouclier fiscal".
"Je pense que nous devrions avoir un accord du gouvernement sur
le fait qu'on ne redemande pas aux collectivités locales leur
part dans le plafonnement à 60% des revenus", a déclaré Pierre
Méhaignerie, confirmant une information du journal Le Monde.
Le "bouclier fiscal" annoncé par le gouvernement dans le cadre
de la réforme de l'impôt sur le revenu prévoit que l'ensemble
des impôts payés par les personnes physiques (impôts locaux,
impôt sur le revenu et impôt de solidarité sur la fortune) ne
dépasse pas 60% de leurs revenus imposables, le trop perçu
devant être remboursé.
Protestation des élus locaux
Le gouvernement souhaitait que les collectivités participent au
financement de ce dispositif au prorata des impôts payés.
Le ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, a estimé à 43
millions d'euros la charge revenant aux collectivités locales,
sur un coût total évalué à 400 millions, entraînant les
protestations des élus locaux.
Soulignant que les élus ne voulaient pas "engager un front avec
les collectivités locales sur ce point", Pierre Méhaignerie a
estimé qu'un "accord semble en bonne voie" pour l'Etat prenne à
sa charge l'ensemble du financement.
Il a par ailleurs indiqué que la commission des Finances ne
déposerait pas d'amendement sur l'ISF lors du débat budgétaire à
la mi-octobre, estimant que le plafonnement de l'imposition
réglait "une partie des problèmes" posés par cet impôt.
"A partir du moment où on règle une partie des problèmes, pas la
totalité, je crois que, en ce qui concerne la commission des
Finances de l'Assemblée, on n'ouvrira pas de front sur l'ISF",
a-t-il déclaré, soulignant que cette position pouvait ne pas
être partagée par les députés n'appartenant pas à cette
commission.
Un "bouclier anti-fiscal"
De son côté, le Syndicat national
unifié des impôts (Snui) a dénoncé, jeudi dans un
communiqué, un dispositif qu'il qualifie de "bouclier
anti-fiscal".
Le syndicat estime que "les grands gagnants de cette mesure sont
en réalité les contribuables assujettis à l’ISF, notamment ceux
qui sont déjà concernés par son plafonnement". En effet, le
syndicat indique que "sur un coût global de 400 millions
d’euros, plus de 250 millions seront versés à une poignée de
contribuables (entre 12 000 et 15 000)"
"La "super réduction" d’impôt que constitue ce bouclier
antifiscal", conclut le syndicat, additionné aux effets des
baisses successives et à la prochaine refonte du barème de
l’impôt sur le revenu, montre clairement quel est le cap suivi
en matière de fiscalité."
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