par Jean-Yves Saint-Ceran
ARCACHON (Gironde) - Nicolas Sarkozy, en visite mardi au centre des impôts d'Arcachon, a réaffirmé qu'il n'y aurait pas de prélèvements supplémentaires à la rentrée et a dit réfléchir à des mesures pour simplifier les relations entre les contribuables et l'administration fiscale.
Une petite foule de fidèles et de vacanciers amassée devant la mairie a chaleureusement accueilli le ministre de l'Economie, qui possède une résidence secondaire dans le bassin d'Arcachon.
Après ce bain de foule, Nicolas Sarkozy est rapidement entré dans le vif du sujet en dialoguant avec les fonctionnaires du centre des impôts.
"Ça rentre, c'est bien!", a-t-il dit en plaisantant, sourire aux lèvres. Il n'en a pas moins lâché quelques commentaires plus politiques.
"La réforme de la redevance (de l'audiovisuel)? Cela fait onze ans que l'on parle de cette réforme, on l'a faite", a-t-il ainsi remarqué.
A l'intention des agents chargés de sa collecte, inquiets de la disparition de leur service, il a déclaré: "Quand on est en charge du service de l'Etat, il n'y a pas que des avantages, mais on a l'avantage de la diversité des métiers de l'Etat. Chaque agent de la redevance sera replacé. On trouvera un boulot à chacun dans sa région."
Sur le même ton rassurant, le ministre a évoqué la préparation de la loi de finances pour 2005.
"Au mois d'août, je m'occupe du volet des recettes. Mon souci, c'est qu'il n'y ait aucune mauvaise surprise pour les Français à la rentrée. Il n'y aura pas de prélèvements supplémentaires. La croissance est là. Quand on est sévère sur les dépenses, on peut se permettre de voir sur les recettes."
BREF TÊTE-A-TÊTE AVEC DES SYNDICALISTES
Toujours souriant, Nicolas Sarkozy s'éclipsait alors quelques minutes pour s'entretenir avec le représentant du
Snui, le Syndicat unifié des impôts, aparté dont rien n'a filtré.
"Je suis en vacances dans le département, le moins que je puisse faire est de venir saluer les fonctionnaires des finances", a dit ensuite le ministre dans une brève allocution.
Il a salué "l'excellent travail" fourni par les agents et en a profité pour dévoiler quelques pistes de réformes.
"Il y a eu la réforme de la redevance, c'est fait. Il y a maintenant la réforme de l'interlocuteur unique. Au mois de septembre, j'annoncerai des mesures qui simplifieront les relations entre les contribuables et l'administration fiscale."
Rappelant que les fraudeurs sont une minorité, il a souligné que "la dimension de conseil de l'administration doit être affirmée".
Ces mesures pourraient être "une lettre de remerciement (au contribuable), des taux d'intérêts différents selon que l'on reconnaît que l'on a oublié quelque chose ou que l'on conteste", a-t-il dit à titre d'exemples. "C'est un grand travail de réorganisation et de modernisation auquel nous nous attelons."
Dans la discussion à bâtons rompus qui a suivi, Nicolas Sarkozy s'est montré peu bavard sur l'actualité économique et politique.
La hausse des prix du pétrole et des matières premières est "un sujet d'inquiétude" qui n'a "pas pénalisé le retour de la croissance" en France jusqu'ici, a-t-il commenté.
Concernant les délocalisations, il a réaffirmé qu'il réfléchissait aux moyens de "faire revenir des emplois délocalisés".
Quant à la présidence de l'UMP, "on verra ça à la rentrée".
Le ministre a cependant filé la métaphore en parlant vélo, loisir qu'il aime à pratiquer dans le bassin d'Arcachon. Dans un sourire, il a conseillé aux agents des impôts qui le rencontreraient dans la région de "ne pas doubler!"