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Le SNUI dénonce l'inefficacité des
baisses d'impôts successives
LEMONDE.FR | 16.03.05 | 08h32
Selon le principal syndicat de la Direction générale des impôts,
les baisses d'impôt ont fait perdre à l'Etat 50 milliards
d'euros en 6 ans. Il considère que les allègements fiscaux mis
en place sont "coûteux" et que les résultats sont "limités".
Les baisses d'impôts sur le revenu accordées aux contribuables
depuis 2000 ont représenté un manque à gagner de "plus de 50
milliards d'euros" pour l'Etat, soit plus que le déficit public
prévu pour 2004, a souligné, mardi 15 mars, le
SNUI, premier syndicat à la
Direction générale des impôts. Pour le
SNUI (Syndicat national unifié des impôts), qui s'est
basé pour ses calculs sur les lois de finances et lois de
finances rectificatives, ce montant, 50,77 milliards d'euros,
atteint sur la période 2000-2005 "l'équivalent d'une année
d'impôt sur le revenu" (IR). Cette somme est le "coût cumulé
global de l'allègement des taux du barème de l'impôt sur le
revenu", sur les années 2000 à 2005, a précisé devant la presse,
le SNUI, un syndicat très
pointu sur les questions fiscales.
De son côté, Bercy n'a pas souhaité réagir aux déclarations
syndicales.
En 2004, l'IR a rapporté 53 milliards d'euros. En 1999, cet
impôt avait rapporté 46 milliards d'euros, a rappelé le
SNUI. Le chiffre de 50,77
milliards d'euros est "supérieur au déficit prévu pour l'année
2004", soit 49,3 milliards d'euros, selon la dernière prévision
du déficit pour la fin d'année 2004, relève encore le
SNUI, "regrettant qu'il n'y ait
jamais eu de bilan des baisses d'impôts effectué par la Cour des
Comptes ou le Conseil des impôts".
Ces allègements d'impôts "ont été coûteux et peu efficaces" et
de plus, "la relance de la consommation invoquée pour justifier
la baisse des taux du barème, n'a pas eu lieu ou a été
particulièrement limitée", déplore le
SNUI.
"RÉPARTITION DES RICHESSES"
Le syndicat fait valoir que le "surplus de recettes fiscales
constaté fin 2004, provenant de l'imposition de la consommation
(TVA notamment), est pour sa part essentiellement dû à la baisse
du taux d'épargne des Français (-1,5 % de 2002 à 2004) et à la
hausse de leur taux d'endettement (+ 2,5 % sur cette même
période), dans un contexte de modération salariale".
Les ménages ont ainsi "puisé dans leur épargne et se sont
endettés" pour consommer, d'où un "surplus de recettes de TVA
notamment", a encore expliqué Serge Colin, secrétaire général du
SNUI. Si le premier ministre
a fait état d'un surplus de recettes fiscales de 9,2 milliards
d'euros pour 2004, le SNUI
souligne qu'il résulte de la hausse de l'impôt sur les sociétés
qui ont engrangé des profits record et de cette hausse de la
TVA. Vincent Drezet, l'un des secrétaires nationaux du
SNUI, souligne ainsi que
"l'argent est donc là mais que le problème posé est celui d'une
juste répartition des richesses".
Le SNUI estime que la Prime
pour l'emploi (PPE) qui concerne 8,5 millions de personnes
touchant un montant moyen de 280 euros, constitue "un surplus de
revenus bien modeste". Pour ce syndicat, "alors que son effet
incitatif" à la consommation ou à la reprise d'un emploi "n'est
pas démontré", c'est en revanche "un instrument coûteux, d'un
coût de 2,86 milliards d'euros prévus en 2005" et qui "ressemble
de plus en plus à un impôt négatif" (l'Etat doit de l'argent au
contribuable).
La PPE, estime en effet le syndicat, "tend à devenir un
instrument de redistribution du pouvoir d'achat en lieu et place
de l'employeur". Le SNUI ne
voit pas non plus d'un bon oeil "l'allègement des droits de
succession qui ne bénéficiera qu'à un quart des foyers" ou "la
réduction de 20 euros accordée à chaque télédéclarant"
(déclaration par internet). Cette mesure, a calculé le
SNUI, "va faire perdre en 2005,
entre 30 et 40 millions d'euros" à l'Etat.
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