FISCALITE.
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Sarkozy lance la déclaration d'impôts préremplie
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Le ministre des Finances doit annoncer aujourd'hui un
test à grande échelle de la déclaration de revenus
préremplie. Les contribuables n'auront plus qu'à signer
le document. Une nouveauté qui pose de nombreux
problèmes techniques.
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DES L'AN PROCHAIN, une petite partie des trente millions
de contribuables français ne devrait plus avoir à remplir sa
déclaration de revenus. L'administration fiscale le fera à
sa place. Nicolas Sarkozy devrait le confirmer ce matin.
Sans plus attendre, le patron de Bercy vient de décider
de tester « grandeur nature » au niveau de quelques
départements la formule de la fameuse déclaration préremplie.
Concrètement, le contribuable recevra son formulaire comme à
l'habitude, sauf que les services fiscaux y auront déjà
préinscrit ses revenus. A charge pour le contribuable de
vérifier si ces chiffres sont exacts ou pas. Si c'est le
cas, il lui suffira de renvoyer la déclaration signée. Si ce
n'est pas le cas, il rectifiera le formulaire... Attention,
les revenus préremplis se résumeront dans un premier temps
aux « salaires, indemnités journalières ou pensions »,
précisait-on hier à Bercy.
Un chantier vieux de six ans. Sur le papier, tout
paraît simple, Pour le contribuable, c'est de la
paperasserie en moins. Pour l'administration fiscale, un
sérieux gain de temps qui permet de supprimer les travaux de
saisie et de se concentrer sur des tâches plus « rentables
», comme le contrôle fiscal, ou plus valorisantes, comme le
service aux usagers... Sauf qu'en pratique la fiabilité de
cette formule qui ne concernera ni les commerçants ni les
professions libérales reste à prouver... Car pour arriver à
compiler les revenus d'un contribuable, le fisc va croiser
informatiquement une multitude d'informations en provenance
de tiers (employeurs, prestataires sociaux, banques, etc.)
Un processus complexe où une erreur peut se glisser
facilement. Pas un hasard si ce chantier traîne... depuis
six ans. C'est Dominique Strauss-Kahn, en 1998, qui en a eu
le premier l'idée. Laurent Fabius, Francis Mer ; depuis les
ministres ont défilé à Bercy, sans que rien n'aboutisse.
Le risque d'homonymie. Entre-temps, le ministère a
investi lourdement dans ses moyens informatiques. Pour
attribuer les « bons » renseignements fiscaux au « bon »
contribuable, le fisc - qui ne peut accéder au numéro de
Sécurité sociale - a créé un « identifiant fiscal unique »,
formule hautement complexe. Mais certaines difficultés
demeurent. D'où l'hostilité des syndicats : « Techniquement,
le projet n'est pas au point, Sarkozy fait dans l'affichage.
Malheureusement, l'affaire pourrait bien revenir en
boomerang pour le fisc », dénonce Michel Monteil (FO
finances). Traumatisé par l'affaire du couac des avis
d'imposition envoyés par erreur au voisin en novembre 2001,
le fisc vit dans la hantise d'erreurs en chaîne. Un risque
réel. Le premier problème avec la déclaration préremplie est
celui des homonymies : deux contribuables peuvent avoir les
mêmes nom et prénom, voire habiter la même rue... D'ici à ce
que l'un se voie attribuer, informatiquement, tous les
revenus de l'autre... Pour éviter ce genre de dérapage,
l'administration s'est lancée en septembre dans un
gigantesque travail de peignage des données d'état civil
dont il dispose : « Nous avons contacté 3,6 millions de
contribuables afin que chacun complète ou corrige ces
données. Les retours sont encourageants. Mais il restera
toujours des erreurs. Avec la déclaration préremplie, le 100
% de fiabilité est impossible », explique-t-on à Bercy.
« Bonjour la confidentialité ! »
L'autre grand problème selon le
Snui,
principal syndicat des impôts, est le manque de fiabilité
des informations données par les tiers : « De 25 % à 30 %
des déclarations émanant des employeurs, des banques ou des
prestataires sociaux présentent des incohérences. Avec la
déclaration préremplie, il va falloir les corriger en amont,
pas certain que cela soit plus économique que de faire du
travail de saisie a posteriori », explique Serge Colin, son
secrétaire général. Il met en garde contre un autre danger :
« Aujourd'hui, l'impression de la quasi-totalité des
déclarations est sous-traitée à des entreprises privées. Si
demain le fisc se met à leur communiquer informatiquement le
montant des ressources de chacun, bonjour la confidentialité
! »
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Finie la corvée annuelle de la déclaration des
revenus... En théorie seulement. Le projet de
formulaires préremplis est à l'étude depuis six ans.
Dès l'an prochain, le système sera testé auprès des
contribuables de quelques départements.
(LP/PHILIPPE LAVIEILLE.)
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Aline Gérard
Le Parisien , mercredi 03 novembre 2004
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