Le G10 Solidaires, à la conquête du secteur privé et de représentativité
Social-syndicats-G10

05-12-2004 13:01:14
Pays : FRA

PARIS, 5 déc 2004 (AFP) - L'Union syndicale G10-Solidaires entame une réflexion sur ses structures pour poursuivre son implantation dans le secteur privé et faire reconnaître sa représentativité à l'échelle nationale, à l'occasion de son congrès les 7 et 8 décembre.

Près de 400 délégués doivent participer à la Bourse du travail de Bobigny à ce troisième congrès du G10, qui défend l'idée d'un "syndicalisme de lutte et de contre-pouvoir", dans une logique anti-libérale.

Le G10, qui revendique 80.000 adhérents, regroupe 39 syndicats ou fédérations, dont les syndicats Sud (Solidaires, unitaires, démocratiques). Les services publics constituent ses bastions traditionnels: le Syndicat national unifié des impôts ( SNUI ) ou le Syndicat national autonome de la Banque de France (SNABF), composantes du G10, sont les premières organisations syndicales de leur secteur.

A France Télécom (28% des voix lors des dernières élections), à la Poste (21% ), ou à la SNCF (15%), les syndicats Sud sont la deuxième organisation syndicale.

"Mais par rapport à notre dernier congrès il y a trois ans, nous avons surtout réussi notre implantation dans le secteur privé: nous sommes la première organisation syndicale chez Kodak, la seconde chez Michelin", se félicite la porte-parole du G10, Annick Coupé.

"Ce sera l'un des enjeux du congrès de réfléchir à la manière dont nous allons nous structurer dans le privé, pour donner un cadre national à ces syndicats ou sections, sans forcément passer par la constitution de fédérations verticales", ajoute-t-elle.

"Nous cherchons aussi à donner plus de place dans notre organisation nationale aux structures interprofessionnelles départementales", précise Annick Coupé.

"Ostracisme"

L'Union syndicale G10-Solidaires, dont le nom rappelle sa création en 1981 à partir de 10 syndicats autonomes, devrait devenir à l'occasion de ce congrès l'Union syndicale-Solidaires, pour marquer cette évolution. Elle s'inscrit également dans la recherche d'une représentativité à l'égal des cinq syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC) jouissant du statut d'organisation syndicale représentative des salariés au plan national.

Le G10 a subi début novembre un revers en voyant sa demande de reconnaissance de représentativité dans la fonction publique d'Etat rejetée par le Conseil d'Etat.

"Le débat est aujourd'hui renvoyé aux pouvoirs publics. C'est un vrai problème de démocratie sociale dans notre pays: c'est le vote des salariés qui doit déterminer si une organisation est représentative", juge Mme Coupé.

Le G10, qui privilégie l'unité d'action syndicale, n'est pas toujours bien accepté par les organisations traditionnelles.

"Nous regrettons que, sur le plan national, les difficultés demeurent en termes d'unité d'action: il y a un certain ostracisme à notre égard de la part des confédérations, nous sommes exclus des réunions unitaires, mais cela se passe mieux sur le plan local, heureusement", estime Annick Coupé.

Membre fondateur de l'association Attac, le G10 compte poursuivre sa forte implication dans le mouvement altermondialiste.

"Ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est la capacité du mouvement altermondialiste à produire des mobilisations au niveau européen pour s'opposer aux politiques libérales européennes. C'est pour cela que nous voulons mobiliser pour une importante manifestation à Bruxelles en mars prochain, dont l'idée avait été lancée au Forum social européen à Londres", rappelle Annick Coupé.

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AFP 051301 DEC 04