mercredi 03 novembre 2004
La déclaration d'impôts
préremplie testée en 2005 en Ille-et-Vilaine
© AFP/MINEFI Alain Salesse
PARIS (AFP - 15:06) - Le ministre
des Finances Nicolas Sarkozy a présenté mercredi des mesures
pour "améliorer les relations entre les contribuables et
l'administration fiscale", celle-ci devant désormais rassurer et
apporter un cadre juridique sécurisé aux premiers, jugés a
priori honnêtes.
"L'immense majorité des Français s'acquittent parfaitement de
leur devoir fiscal et ils doivent être traités avec les égards
que justifie ce civisme", a annoncé le ministre lors d'une
conférence de presse avec le secrétaire d'Etat au Budget,
Dominique Bussereau.
La mesure-phare de ce train d'annonces est l'expérimentation au
printemps, en Ille-et-Vilaine, d'une déclaration de revenus
pré-remplie, où le fisc aura déjà inscrit les salaires et
pensions perçus par le contribuable. La mesure se généraliserait
le cas échéant en 2006.
A cela s'ajoute le renforcement des incitations au prélèvement
automatique de l'impôt, notamment par un délai de dix jours
supplémentaires pour le paiement du tiers provisionnel.
Le ministre a indiqué qu'il "croit beaucoup plus" au tandem
déclaration pré-remplie/prélèvement automatique qu'au
prélèvement de l'impôt à la source qui "surchargerait les
entreprises" et "poserait un problème de confidentialité" aux
salariés vis-à-vis de leur employeur, notamment sur leur
situation familiale.
Bercy enverra d'autre part en 2005 dix millions d'exemplaires
d'un nouveau formulaire de déclaration simplifiée aux foyers
ayant des revenus "peu diversifiés".
Le plan de M. Sarkozy répond aussi largement aux aspirations des
entreprises. Les contrôles fiscaux dans les moyennes et grandes
entreprises ne pourront pas dépasser neuf mois si rien de
concret n'est découvert, afin de "les laisser travailler"
tranquillement, selon le ministre.
Il renforce aussi la procédure du "rescrit" : désormais, le fisc
devra s'engager officiellement et publiquement sur
l'interprétation des textes. M. Sarkozy veut également supprimer
la rétroactivité des mesures fiscales.
Le ministre souhaite enfin qu'avant la fin de l'année, des
propositions soient formulées pour que l'écart se réduise entre
les intérêts légaux que l'Etat verse lorsqu'il a une dette et
ceux qu'il perçoit en cas de retard du paiement d'impôt, qui
vont presque du simple au triple.
Le fisc devra faire preuve de "courtoisie" et s'exprimer "dans
la langue de tous les jours". Ainsi, en cas d'erreur sur une
déclaration d'impôt, il n'y aura ni pénalité ni intérêt de
retard si le contribuable accepte de rectifier sa déclaration.
Les contribuables contrôlés devront être remerciés par courrier
d'avoir bien voulu laisser le fisc opérer.
Le projet comprend par ailleurs une batterie d'engagements de
qualité envers le contribuable, peu ou prou déjà prévues dans le
programme "Pour vous simplifier l'impôt" des prédécesseurs de
MM. Sarkozy et Bussereau à Bercy, Francis Mer et Alain Lambert.
Les mesures législatives à prendre dans le cadre de ce plan
seront inscrites en loi de finances rectificative pour 2004, a
indiqué M. Sarkozy.
Mardi, le principal syndicat des Impôts, le
SNUI, avait jugé la déclaration
pré-remplie "difficile à mettre en oeuvre". Mercredi, M. Sarkozy
a jugé cette réaction "très modérée par rapport à ce qu'ils sont
capables de faire".
Le SNUI a déploré mercredi
que les mesures annoncées fassent des agents des impôts "les
présumés coupables de la complexité des mesures votées par le
législateur" et "portent en elles un changement de nature
inquiétant de l'exercice des missions fiscales".
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