04/11/2004
Nicolas Sarkozy a
choisi. Ce sont les contribuables d'Ille-et-Vilaine qui
expérimenteront, en 2005, la déclaration de revenus
préremplie. Le contribuable salarié n'aura plus qu'à
signer, après avoir vérifié et éventuellement rectifié les
montants imposables.
Fin du suspense. C'est
l'Ille-et-Vilaine, et elle seule, qui testera, en 2005, la
déclaration de revenus préremplie. Omniprésent sur le
front médiatique avant son départ de Bercy, Nicolas
Sarkozy a présenté, hier, cette expérimentation comme la
mesure phare - « une véritable révolution » -
d'un catalogue d'une trentaine de dispositions
destinées à améliorer la relation entre les contribuables
et le fisc. Si le test grandeur nature s'avère concluant,
les déclarations préremplies seront étendues à tout le
territoire en 2006.
Concrètement ? Les contribuables salariés du département
breton recevront un projet de déclaration d'impôt où
l'administration fiscale aura déjà inscrit la somme de
leurs revenus imposables connus, à partir des données
transmises par l'employeur, les organismes sociaux ou de
retraite. C'est-à-dire salaires, indemnités journalières
de maladie, pensions et retraites.
« D'excellents
contribuables »
Le contribuable concerné
devra vérifier l'exactitude des montants imprimés par
l'administration, les compléter - sur les réductions
d'impôts par exemple - et, éventuellement, les corriger,
mais sans avoir à fournir de justificatif. Puis signer sa
feuille de déclaration, cette signature « engageant sa
responsabilité », a souligné le ministre de
l'Économie. Afin de ne pas précipiter les choses, la
campagne des déclarations de revenu sera décalée de deux
mois en Ille-et-Vilaine. Autrement dit, les cobayes
bretons pourront déposer leur déclaration jusqu'au début
du mois de juin.
Pourquoi
l'Ille-et-Vilaine ? « Parce qu'il y a d'excellents
contribuables », a souri Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas
une plaisanterie : c'est un département vertueux qui
accomplit mieux que la moyenne son devoir fiscal. Mais
c'est aussi un département qui représente bien la
population française, explique le cabinet du ministre. Il
est équilibré dans ses différentes composantes :
salariés-non-salariés, salariés-retraités, personnes
imposables-non imposables, urbains-ruraux. Il a également
une population plutôt stable, avec moins de changements
difficiles à suivre que dans les régions très
touristiques. Cerise sur le gâteau, le fisc rennais est
particulièrement bien équipé en informatique et en bureaux
pour faire face à un possible afflux de contribuables en
quête d'informations.
« On ne se lance pas
dans l'inconnu, on a fait des essais qui commencent à être
concluants », affirme Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas le
point de vue du Syndicat national
unifié des impôts (Snui) qui crie à la
« politique d'affichage » et doute, notamment, de la
fiabilité des informations recueillies auprès des
employeurs et autres prestataires sociaux. Selon le Snui,
une information sur quatre serait douteuse ! « C'est
une réaction très modérée, ce syndicat m'a habitué à pire,
mais, si on ne fait rien, on ne risque rien »,
réplique l'intrépide ministre. Sans foncièrement contester
que risque il y a pour appliquer une idée qui date de
Dominique Strauss-Kahn. Sans cacher, non plus, que, de
toute façon, c'est son successeur qui devra les assumer.