« Les agents n'en peuvent plus ! »
VINCENT DREZET, secrétaire national du Snui (Syndicat national unifié des impôts)
Que pensez-vous de ce dispositif de relance amiable ?
Vincent Drezet. Après le pataquès de la redevance, les agents des impôts n'avaient vraiment pas besoin de cela. Faute de courrier explicatif mentionnant les dates précises auxquelles correspond la redevance, beaucoup de contribuables ont cru qu'ils allaient, cette année, la payer deux fois.
On a été débordé par les réclamations. Les usagers étaient furieux. C'est bien joli les réformes, mais encore faudrait-il prendre la peine de les expliquer clairement. Là, c'est encore une surcharge de travail pour les agents.
Combien de contribuables vont faire l'objet d'une relance ?
La DGI parle de 800 000 relances. Les courriers viennent de partir. Si le contribuable accepte le surplus qui lui est signalé, il n'aura aucune pénalité ni intérêts de retard à payer. Il peut aussi le contester. Dans ce cas, soit l'administration accepte ses remarques, soit elle le contrôle. Imaginez ce qui attend les agents dans les mois à venir quand ils vont devoir instruire, une à une, les réponses, tout en menant de front leurs autres tâches : le contrôle, l'accueil des usagers sans oublier les recours en matière de redevance... Ça promet !
Avec la CGT-Finances et l'Unsaa, vous appelez les agents du ministère des Finances à la grève le 29 novembre. Pensez-vous être suivis ?
Partout le ras-le-bol est perceptible. On assiste à des mouvements locaux spontanés. Dans les services, des pétitions circulent. Le climat social est très mauvais. Il y a quelques jours, les agents d'un centre des impôts en province ont rendu symboliquement leur téléphone à leur chef de centre : ils n'en pouvaient plus... Le service public des impôts se dégrade. L'an prochain, la DGI va perdre 1 150 emplois après en avoir déjà perdu 900 cette année. Sous prétexte de « simplification », on déshumanise les relations entre agents et contribuables : on privilégie le téléphone, Internet au lieu du contact direct. Trop, c'est trop !