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Vincent Drezet de l’Union SNUI-SUD Trésor Solidaires
Le livre d’Attac Pour un « big bang
fiscal », coordonné par Vincent Drezet de l’Union SNUI-SUD Trésor Solidaires


Les
guides pratiques
du Contribuable

Le SNUI édite le numéro 2 de ses « Chroniques
fiscales »

Quelle
Europe fiscale ?
Fiscalité et justice fiscale


Rapport du SNUI sur l’état de la lutte contre la
fraude fiscale

Le texte des « Chroniques
fiscales N° 1»

Après
le "Serpent Fiscal" le dernier livre du Snui :
"Quels impôts demain"


Le serpent fiscal européen


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Bilan fiscal d'une législature (1993-1997)
Mai 1997
Introduction
Chapitre 1 : Quatre ans de réflexion et de
débats
Chapitre 2 : La politique budgétaire
Chapitre 3 : Les prélévements obligatoires
Chapitre 4 : La fiscalité des ménages
Chapitre 5 : La fiscalité des entreprises
Chapitre 6 : La fiscalité du patrimoine, du capital
et de l'immobilier
Chapitre 7 : Les fiscalités particulières
Chapitre 8 : Le contrôle de l'impôt
Conclusion
Le Syndicat National Unifié des Impôts
a, depuis de nombreuses années, intégré dans son action
revendicative, la recherche d'une meilleure justice sociale et fiscale.
Pour un syndicaliste, agent des impôts, le concept de justice
en général et de justice fiscale en particulier revêt
une grande importance. Son travail quotidien lui permet en effet de mesurer
le poids de la fiscalité et les conséquences des politiques
mises en oeuvre dans ce domaine. Il peut ainsi constater qu'il applique
de plus en plus injustement une loi fiscale déjà injuste.
Le Syndicat National Unifié des Impôts entend fournir
aux citoyens à l'occasion des élections législatives,
le bilan fiscal de cette législature inachevée. Ce bilan
est d'importance car la fiscalité française a donné
lieu pendant ces quatre ans à un certain nombre d'études,
de propositions et de changements. Ce bilan doit être l'occasion
de mettre en perspective tous ces faits et d'en dégager les grands
axes.
Chapitre 1 : Quatre ans de réflexion et de débats
I- Une réflexion fiscale très dense...
La période de quatre ans qui vient de s'écouler a été
particulièrement riche sur le plan fiscal.
-
Trois commissions d'experts ont réfléchi aux prélèvements
sur les ménages et à la fraude :
-
Commission Ducamin sur les prélèvements sur les ménages
réunie à la demande de M. Balladur et dont le rapport a été
dévoilé après les élections présidentielles
par M. Madelin,
-
Commission de La Martinière installée par M. Juppé
le 19 Avril 1996 et qui avait pour mission de proposer des réformes
en matière de prélèvements obligatoires. Le rapport
est remis au Premier Ministre le 31 Mai 1996,
-
Rapport parlementaire de MM de Courson et Léonard
sur les fraudes et pratiques abusives remis à M. Juppé
le 9 mai 1996.
-
Trois rapports du Conseil des Impôts :
-
Deux "réformes" de l'impôt sur le revenu
:
-
Une première réforme, à l'initiative de M. Sarkozy,
concernant le barème de l'impôt sur les revenus de 1993. Le
barème est ramené de 12 à 7 tranches,
-
La réforme de M. Juppé pour les revenus de 1996, réforme
basée sur un certain nombre des conclusions de MM Ducamin et de
La Martinière.
-
Et, phénomène relativement nouveau, des dispositions fiscales
prises en dehors des lois de finances et des DDOEF, mais à l'occasion
de lois spécifiques à un secteur ou à un sujet :
-
En 1994 : Loi du 10 février 1994 portant diverses dispositions concernant
l'agriculture, Loi "Madelin" du 11 février 1994, Loi du 10 juin
1994 relative à la prévention et au traitement des difficultés
des entreprises, Loi du 21 juillet 1994 (Habitat), Loi du 27 décembre
1994 sur la Corse.
-
En 1995 : Loi du 21 janvier 1995 (Habitat), Loi du 1er février 1995
(Agricole), Loi du 2 Février 1995 (Environnement), Loi du 4 février
1995 (Territoire),
-
En 1996 : Loi du 29 janvier 1996 (Emplois de services), Loi du 24 Juin
1996 (Associations), Loi du 2 Juillet 1996 (Fondation du Patrimoine), Loi
du 5 juillet 1996 (Quirats de navires), Loi du 14 novembre 1996 (Pacte
de relance pour la Ville).
II- La réforme fiscale sur l'air de "l'Arlésienne".
Les programmes de campagne des élections législatives de
1993 et de l'élection présidentielle de 1995 promettaient
tous une réforme fiscale et une baisse de prélèvements
libératoires.
II-1. Des hausses d'impôts indolores....
Cependant nous pouvons noter que les hausses de prélèvements
sont généralement le lot des lendemains d'élections
et que les réformes fiscales ont beaucoup plus de mal à se
concrétiser.
Ainsi après les législatives de 1993, la CSG
passe de 1,1% à 2,4% et la TIPP est augmentée
le 12 juillet 1993 et le 11 Janvier 1994 (+2,30%).
Sitôt le nouveau Président de la République installé,
le taux normal de TVA est augmenté de 10,75%,
et un décime est appliqué à l'ISF
et à l'IS. Une CSG bis appelée CRDS
(Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale) au taux de
0,5% est appliquée à compter du 1er Février 1996 et
la TIPP est augmentée de 1,70% en 1995 et de 1,90% en 1996.
Il s'agit généralement de prélèvements
"indolores" pour le consommateur ou le contribuable : impôts indirects
(TVA, TIPP) ou impôts directs proportionnels prélevés
à la source. Seuls font exception les décimes d'IS et d'ISF.
Ces prélèvements indolores sont sensés être
mieux acceptés par le citoyen-électeur-contribuable. Pour
donner l'illusion à ce dernier que ses impôts diminuent les
gouvernements vont donc proposer des réformes qui se résument
la plupart du temps à des "allégements" du seul impôt
sur le revenu.
II-2. Des "réformes" qui ne visent qu'à
alléger l'impôt sur le revenu...
Ainsi M. Sarkozy a-t-il réformé le barème de l'impôt
sur les revenus de 1993 (déclarés en 1994) en réduisant
le nombre de tranches de 12 à 7 et en supprimant les minorations
et en baissant de 14 Milliards l'impôt sur le revenu. Il est le premier
à dénoncer les "niches fiscales" (sur la base du rapport
Ducamin - encore "confidentiel"-) et promet une réforme d'envergure
pour l'impôt sur les revenus de 1994 avec un barème à
5 tranches, suppression de la tranche à 56,8% et des niches fiscales.
Ce projet n'aura aucune concrétisation dans la mesure où
M. Sarkozy manque des marges de manoeuvres budgétaires d'une part,
et de la proximité des élections présidentielles d'autre
part.
La suite des événements et leur chronologie démontre
que le Gouvernement Juppé a beaucoup tergiversé sur la réforme
fiscale.
Le candidat Chirac déclarait pendant sa campagne que "la
réforme fiscale sera l'un des principaux enjeux du prochain mandat
présidentiel et l'une des tâches prioritaires que j'assignerai
au prochain gouvernement". Cette réforme se basera sur trois
objectifs : simplification, neutralité, équité.
M. Madelin annonce en Juillet 1995 qu'il va procéder à
"une vaste réforme du système des prélèvements",
réforme basée sur les principes énoncés par
le Président de la République et il dévoile le rapport
Ducamin commandé par M. Balladur et tenu secret pendant la campagne
électorale.
En Août 1995, le scénario envisagé prend un tour
minimaliste prudent : l'impôt ne sera pas allégé tout
de suite. Le 31 Août 1995, M. Juppé déclare "Nous
n'avons jamais promis de faire tout de suite des baisses d'impôt
pour les particuliers ".
Le budget 1996 mettra l'accent sur le "durcissement" de l'épargne.
L'argent qui dort sera taxé de 10 Milliards.
En septembre 1995, Alain Juppé précise "je ne sais
pas réduire le déficit, augmenter les crédits et baisser
les impôts". Il annonce qu'il renonce aux baisses d'impôt
jusqu'en 1998 et en novembre 1995 il précise que la réforme
est repoussée au printemps.
Jusqu'en mars 1996 l'idée est que la réforme fiscale
n'aura pas lieu avant 1998 faute de marges de manoeuvres.
En Juin 1996, M. Juppé annonce suite à la communication
du rapport de La Martinière que la réforme fiscale sera étalée
sur 5 ans et que l'impôt sur le revenu sera baissé.
Le 5 septembre 1996, M. Juppé présente sa réforme
qui consiste en des annonces de baisse d'impôt et une réforme
étalée sur 5 ans, avec un calendrier calqué sur les
échéances électorales prévues à l'époque.
II-3. Des points communs :
Il est à noter qu'il existe quelques points communs entre les "réformes
fiscales" de MM Sarkozy et Juppé :
-
ce ne sont pas des réformes globales de la fiscalité,
-
il s'agit d'annoncer la baisse du seul impôt sur le revenu, accentuant
de ce fait le particularisme fiscal de la France concernant ce prélèvement
fiscal,
-
"in fine" la baisse et la réforme profitent plus aux riches qu'aux
classes moyennes (cf. chapitre sur la fiscalité des
ménages).
III. Pourtant la fiscalité en France a besoin
d'une réforme globale pour plus de justice fiscale
Quelles sont les grandes caractéristiques du système fiscal
français ?
III-1. Un système fiscal structurellement
injuste :
-
Prédominance de la fiscalité indirecte :
Les impôts indirects représentent en France plus de 63% des
recettes fiscales. Cette situation a été aggravée
par l'augmentation du taux de TVA de 10,75% en été 1995 et
de l'augmentation de la TIPP.(cf. chapitres suivants)
Ces impôts indirects sont fortement injustes car ils taxent la
consommation et non pas le revenu ; ils sont d'ailleurs dégressifs
avec celui-ci. Selon nos calculs, un SMICard consacre 8% de son revenu
à la TVA, alors qu'un consommateur percevant 100.000 F par mois
y consacrera seulement 4,8% de ce revenu.(cf. chapitre "fiscalité
des ménages")
Ces impôts ont un poids important et sont particulièrement
lourds pour les ménages modestes. Pour le SNUI , la vraie réforme
fiscale passe par une baisse de la TVA et la création d'un taux
"zéro" sur les produits de première nécessité.
-
Prédominance de la taxation proportionnelle :
Seuls l'impôt sur le revenu, l'impôt de solidarité sur
la fortune et les droits de mutations à titre gratuit sont calculés
de manière progressive, c'est à dire avec un barème.
Les autres impôts et taxes sont proportionnels, c'est à dire
qu'un taux unique est appliqué. S'il est vrai que de cette manière
tout le monde est traité de la même manière, la progressivité
est cependant plus juste car elle demande un peu plus à ceux qui
ont des moyens plus importants. Un impôt sur le revenu à taux
unique serait-il juste ? Si ce taux était de 15% par exemple celui
qui perçoit 50.000 F acquitterait 7.500 F, celui qui perçoit
1.000.000 acquitterait 150.000 F d'impôt, pour autant les 7.500 F
du premier seront certainement plus difficiles à payer que les 150.000
F du second.
Pour le SNUI, la progressivité est le meilleur outil de justice
fiscale.
-
Les revenus du travail sont beaucoup plus taxés que ceux du capital
ou de la propriété :
A revenu égal, la pression fiscale sera plus forte pour le salarié
que pour le rentier ou que pour le propriétaire. Ainsi le rapport
DUCAMIN notait que 46% des revenus mesurés par la comptabilité
nationale ne supportaient aucun prélèvement et seulement
10% étaient imposés au barème progressif.
III-2. Un impôt sur le revenu, réduit
à la portion congrue :
L'impôt sur le revenu, impôt "citoyen" s'il en est, est l'impôt
auquel tout le monde pense lorsque l'on parle de réforme.
Pourtant cet impôt :
-
est ridiculement bas, tant au niveau de sa part dans le PIB : 6% en 1995,
sur 44,5 % de prélèvements obligatoires
qu'au niveau des recettes fiscales ( 20% ),
-
est cependant très concentré puisque la moitié des
contribuables n'est pas imposable,
-
est de moins en moins lourd, le taux de pression fiscale de cet impôt
est en diminution constante : 15,69 % en 1990, 15,40% en 1992, 14,94% en
1993 et 13,83% en 1994. (cf. Chapitre "Fiscalité des
Ménages").
L'existence d'un certain nombre de mesures favorables ("niches
fiscales") permet à un certain nombre de revenus, généralement
élevés, d'échapper à l'impôt.
III-3. Une fiscalité locale de plus en plus
"explosive".
La taxe d'habitation touche quelques trente millions
de foyers. Cet impôt est basé sur une valeur locative cadastrale
qui, faute d'avoir été réévaluée, est
source d'injustices. Il est indéniable qu'aujourd'hui un très
grand nombre de contribuables devient "allergiques" à cet impôt
: le nombre important et préoccupant de demandes remises gracieuses
de cet impôt en est la preuve. En 1995, le nombre de demandes gracieuses
relatives à la TH était de 411.492 soit 4,7 fois plus que
celles déposées en matière d'impôt sur le revenu.
Pour le SNUI une réforme fiscale, nécessairement globale,
est plus que jamais nécessaire. Elle devrait conduire à :
-
rétablir l'impôt dans sa vocation d'outil de redistribution
des richesses,
-
restaurer une part prépondérante à la fiscalité
directe dans les recettes fiscales,
-
diminuer la taxation à la consommation des produits de première
nécessité,
-
préférer la progressivité, socialement plus juste,
à la proportionnalité,
-
maintenir le régime déclaratif, sans prélèvement
à la source,
-
réformer profondément l'assiette de la fiscalité locale,
-
rééquilibrer la taxation des différents revenus (entreprises,
capital, épargne et travail),
-
lutter de manière accrue contre la fraude fiscale,
estimée par le SNUI à 220 Milliards de F.
C'est dans ce sens que les inégalités et les injustices caractérisant
le système fiscal français doivent être corrigées.
Chapitre 2 : La politique budgétaire
La France a ratifié le traité de Maastricht et s'est ainsi
engagée à préparer son économie pour l'échéance
concernant la monnaie unique.
Elle doit répondre aux critères de convergence édictés
pour la mise en place de cette monnaie unique.
Depuis 1993, les orientations politiques en matière budgétaire
sont à la réduction des déficits publics.
Lors de son arrivée à Matignon, M. Balladur avait confié
à M. Raynaud la mission de faire un état des lieux. La situation
des finances publiques étaient "catastrophique" permettant de justifier
les hausses d'impôt annoncées ensuite.
Lors de son arrivée à Matignon, M. Juppé aurait
trouvé les finances publiques dans une situation également
"catastrophique" permettant de justifier l'augmentation de TVA et la création
du CRDS...
Dans quel état, le prochain gouvernement, trouvera-t-il les
finances publiques ?
L'évolution du déficit général est la suivante
:
| Milliards de F |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
LFI1996 |
PLF1997 |
| Déficit Général |
131,7 |
226,3 |
315,6 |
299,1 |
323 |
287,8 |
283,6 |
| PIB |
6.776,2 |
6.999,5 |
7.077,1 |
7.389,7 |
7.674,8 |
7.893,0 |
8.170,0 |
| Déficit/PIB |
2% |
3,38% |
4,89% |
4,72% |
4,21% |
3,65% |
3,47% |
| Sce Cion des Finances |
Le déficit budgétaire s'est stabilisé après
1993, mais il dépasse encore le seuil fatidique des 3%. Sa réduction
a été la priorité depuis 1993. Depuis 1995, l'objectif
est la réduction des dépenses et des recettes. Cela est d'autant
plus difficile que l'évolution de la dette publique a été
la suivante :
| Montants en Milliards de F |
PIB Total en valeur |
Encours de la dette pubique au 31/12 |
Taux de croissance en % |
Charge nette de la dette publique |
Taux de croissance en % |
Ratio dette/PIB |
| 1992 |
6.999,5 |
2.107 |
12,8 |
157,1 |
14,3 |
30,1 |
| 1993 |
7.077,1 |
2.462 |
16,8 |
159,5 |
1,5 |
34,8 |
| 1994 |
7.389,7 |
2.904 |
18,0 |
185,6 |
16,4 |
39,3 |
| 1995 |
7.674,8 |
3.252 |
12,0 |
205,8 |
10,9 |
42,4 |
| 1996 |
7.892,6 |
3.538 |
8,8 |
226,4 |
10,0 |
44,8 |
| PLF1997 |
8.169,7 |
3.800 |
7,4 |
232,6 |
2,7 |
46,5 |
| Sce Cion des Finances |
La dette a fortement augmenté entre 1992 et 1996, elle a été
multipliée par 1,67. La charge de celle-ci a été multipliée
par 1,44. La dette représente 44,8% du PIB alors qu'en 1992 elle
ne représentait que 30,1%.
L'évolution des grands postes budgétaires est la suivante
:
| Sce Lois de règlement - Millions de F courants |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
| Recettes dont : |
1.233.710 |
1.254.863 |
1.305.661 |
1.334.959 |
| -Recettes fiscales nettes |
1.215.609 |
1.209.104 |
1.254.434 |
1.301.681 |
| -Recettes non fiscales |
165.928 |
172.652 |
200.024 |
164.682 |
| -Fonds de concours |
56.552 |
60.093 |
59.357 |
61.321 |
| -Prélèvements |
-219.839 |
-323.564 |
-236.564 |
-234.922 |
| -Recettes des comptes d'affectation spéciale |
15.460 |
45.578 |
28.640 |
42.197 |
| Dépenses dont : |
1.440.165 |
1.547.680 |
1.581.549 |
1.636.867 |
| -Dette publique |
188.552 |
209.706 |
216.791 |
247.880 |
| -Pouvoirs publics |
3.606 |
3.779 |
3.826 |
3.963 |
| -Rémunérations et charges sociales |
372.143 |
393.394 |
409.914 |
424.049 |
| -Pensions |
136.831 |
144.874 |
150.033 |
158.052 |
| -Subventions de fonctionnement |
42.258 |
44.668 |
46.938 |
48.779 |
| -Matériel, entretien, charges de fonctionnemment |
74.719 |
75.112 |
76.511 |
73.886 |
| -Interventions économique |
125.148 |
133.230 |
158.607 |
170.029 |
| -Interventions sociales |
173.668 |
185.125 |
182.014 |
178.715 |
| -Autres interventions |
110.621 |
114.495 |
114.546 |
115.015 |
| -Investissements civils directs |
26.941 |
28.184 |
25.453 |
24.863 |
| -Subventions investissements civils |
76.781 |
81.609 |
79.438 |
76.804 |
| -Réparation des dommages de guerre |
2 |
3 |
1 |
0 |
| -Equipement militaire |
93.885 |
88.666 |
88.476 |
74.729 |
| -Dépenses des comptes d'affectation spéciale |
15.010 |
44.835 |
29.001 |
40.103 |
Les recettes sont constituées principalement des recettes fiscales
: 82,9% en 1995 contre 83,6% en 1992. Les recettes totales progressent
moins vite que le PIB : +8,2% entre 1992 et 1995 ( +12,75 % pour le PIB).
Les dépenses progressent, elles, entre 1992 et 1995 de +13,65%
soit un peu plus que le PIB. Les dépenses de rémunération
et de charges sociales représentent le quart des dépenses,
elles progressent de +13,94% entre 1992 et 1995. La dette publique représente
15,1 % des dépenses en 1993 (13,09 % en 1992) et progresse de +31,46%.
Les interventions économiques progressent de + 35,86% entre 1992
et 1995 alors que les interventions sociales ne progressent que de +2,9%.
L'analyse de ces données montre que les politiques suivies de
baisse du déficit public et de baisse des impôts relèvent
largement de la quadrature du cercle : en effet les dépenses comme
la dette publique augmentent car il faut bien payer les cadeaux faits précédemment
aux entreprises (Remboursement du décalage d'un mois : 100 milliards
de F ), les emprunts (emprunt Balladur) et d'autre part financer les baisses
d'impôt sur le revenu : 19 milliards en 1993, 25 Milliards en 1997,
tout en réduisant le déficit. Une seule solution : les privatisations
- on vend le patrimoine- et les services publics doivent se mettre au régime
pour éviter de faire de la "mauvaise graisse".
Chapitre 3 : Les prélèvements obligatoires
L'importance du niveau et du taux des prélèvements obligatoires
est souvent source de débat en France. Toujours comparé à
ceux de nos voisins, d'aucuns le trouvent trop élevé, révélateur
d'une fiscalité spoliatrice et d'un Etat trop important. D'autres,
comme le SNUI, pensent que le niveau des prélèvements obligatoires
ne doit pas être un tabou, car il n'est que la conséquence
du financement de la satisfaction par la collectivité publique des
besoins vitaux de l'Homme et cela exige nécessairement de redéfinir
la nécessité de la notion d'Etat qui, grâce à
des services publics de qualité, doit redonner un sens à
la solidarité.
La définition des prélèvements obligatoires et
de ce qui en fait partie, pose un certain nombre de problèmes qui,
en terme de comparaisons internationales, invite à la plus grande
prudence : "Est considéré comme prélèvement
obligatoire, tout impôt ou cotisation effectué sans contrepartie
au profit des administrations publiques.".
I- La situation française :
Les prélèvements obligatoires ont évolué de
la manière suivante entre 1992 et 1996 :
| Milliards de F.Sce PLF 1997 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
| PIB Total |
6.999,5 |
7.077,1 |
7.389,7 |
7.674,8 |
7.892,6 |
| Total des Impôts |
1.695,1 |
1.722,5 |
1.841,7 |
1.935,6 |
2.062,2 |
| Total des cotisations sociales |
1.360,3 |
1.387,0 |
1.414,4 |
1.479,8 |
1.537,1 |
|
|
|
|
|
|
| Prélèvements /PIB en % |
|
|
|
|
|
| Cotisations sociales dont |
20,6 |
21,1 |
21,3 |
> |
21,4 |
> |
21,9 |
| -impôts (CSG et CRDS) |
> |
1,2 |
> |
1,5 |
> |
2,1 |
> |
2,1 |
> |
2,5 |
| Impôts dont : |
> |
23,1 |
22,8 |
> |
22,8 |
> |
23,1 |
> |
23,7 |
| -Etat |
> |
15,2 |
> |
14,7 |
> |
14,6 |
> |
14,9 |
> |
15,3 |
| -Collectivités locales |
> |
6,4 |
> |
6,8 |
> |
6,8 |
> |
6,8 |
> |
6,9 |
| -CEE |
> |
1,1 |
> |
1,1 |
> |
1,1 |
> |
1,0 |
> |
1,1 |
| TOTAL |
> |
43,7 |
> |
43,9 |
> |
44,1 |
> |
44,5 |
> |
45,6 |
Depuis 1992, le taux des prélèvements obligatoires a augmenté
de 1,9 point. Ce qui veut dire concrètement que, contrairement aux
affirmations des différents gouvernements,les prélèvements
fiscaux et sociaux n'ont pas baissé.
Les prélèvements sociaux augmentent de 176,8 Milliards
de F (+12,99%) alors que les prélèvements fiscaux augmentent
de 367,1 Milliards de F (+21,65%).
En pourcentage du PIB les prélèvements sociaux augmentent
de +1,3 point : cela est dû principalement à l'augmentation
de la CSG de 1993 et à la mise en place de la CRDS en 1996.
Les prélèvements fiscaux augmentent de +0,6 point. La
part des impôts d'Etat dans le PIB était en baisse constante
depuis 1986, cette baisse s'est arrêtée en 1995, année
à partir de laquelle le pourcentage augmente : +0,3 point en 1995
et +0,4 points en 1996. Cette hausse du pourcentage est due à la
hausse du taux normal de TVA.
L'augmentation de la part des collectivités locales s'est relativement
stabilisée.
Cet indicateur montre donc, sans ambiguïté, que les impôts
et les prélèvements ont augmenté pendant cette législature.
II- Comment se situe la France au niveau international
?
Le taux de prélèvements obligatoires sert souvent à
faire des comparaisons internationales.
Il convient avant de faire ces comparaisons d'introduire une remarque
liminaire, notamment sur le fait que ces comparaisons doivent être
faites de manière prudente. En effet les comparaisons peuvent être
affectées par les conventions retenues.
Par ailleurs, le taux de prélèvements obligatoires reflète-t-il
correctement le niveau d'intervention d'un Etat ? Que celui-ci choisisse
d'intervenir par le biais de dépenses fiscales (exonérations,
réductions d'impôt) ou par le biais de subventions, son niveau
de prélèvements obligatoires ne sera pas le même, il
sera plus élevé dans ce dernier cas. De plus les dépenses
fiscales ne sont pas comptabilisées de la même manière
d'un pays à l'autre.
Peut-on comparer les niveaux de prélèvements quand les
charges à financer ne sont pas identiques ? Le taux de prélèvement
allemand peut être plus faible que celui de la France dans la mesure
où ce pays a un budget d'éducation plus faible, lié
à sa structure démographique.
Dans les pays où les systèmes de protection sociale sont
publics, les prélèvements obligatoires sont d'autant plus
élevés que le niveau de prestations est élevé.
Aux Etats Unis et au Japon, les cotisations versées par les employeurs
et qui donnent lieu à des prestations ne sont pas obligatoires et
ne figurent pas dans le ratio, alors qu'en fait, elles sont obligatoires
en fonction de conventions collectives. En France, les cotisations aux
régimes de retraites complémentaires sont comptabilisées
alors qu'elles ne le sont pas dans d'autres pays. La structure même
de l'état n'est pas identique selon les pays.
Ces limites étant posées et connues, la situation de
la France par rapport aux autres pays est la suivante (ND= non disponible)
:
| Sce OCDE |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
| France |
43,6 |
43,9 |
44,1 |
44,5 |
| Allemagne |
38,9 |
39,0 |
39,3 |
39,1 |
| Belgique |
45,1 |
45,7 |
46,6 |
45,9 |
| Danemark |
49,4 |
49,9 |
51,6 |
51,7 |
| Espagne |
36,0 |
35,1 |
35,8 |
34,2 |
| Grèce |
40,8 |
41,2 |
42,5 |
ND |
| Irlande |
36,2 |
36,3 |
37,5 |
35,4 |
| Italie |
42,1 |
47,8 |
41,7 |
41,8 |
| Luxembourg |
41,9 |
44,6 |
45,0 |
43,7 |
| Pays-Bas |
47,0 |
48,0 |
45,9 |
44,4 |
| Portugal |
33,4 |
31,4 |
33,0 |
33,9 |
| Royaume-Uni |
35,4 |
33,6 |
34,1 |
35,2 |
| Suède |
49,9 |
49,9 |
51,0 |
50,2 |
| Etats-Unis |
29,5 |
29,8 |
27,6 |
ND |
| Japon |
29,2 |
29,1 |
27,8 |
ND |
| Moyenne CEE |
40,8 |
41,4 |
42,5 |
ND |
| Moyenne OCDE |
38,4 |
38,7 |
38,4 |
ND |
La France n'est pas la seule à voir son taux de prélèvements
obligatoires augmenter : celui du Danemark augmente de +2,3 point, celui
de la Belgique de +0,8 point, celui du Luxembourg( +1,8 point), celui de
l'Allemagne (+0,2). D'autres voient ce taux diminuer : Pays Bas (-2,6),
Royaume Uni (-0,2), Espagne (-1,8). Un certain nombre de pays sont au dessus
de la barre des 40% (France, Belgique, Italie, Luxembourg, Pays-Bas), la
Suède et le Danemark dépassant celle des 50%.
La part des principaux prélèvements obligatoires dans
le PIB est la suivante pour 1995 :
| Pays (Sce OCDE) |
Impôts sur le revenu |
Impôts sur le bénéfice des société |
Sécurité Sociale |
Impôt sur les salaires à la charge des employeurs |
Impôts sur le patrimoine |
Impôts sur les biens et services |
Autres |
Total |
| France |
6,1 |
1,7 |
19,3 |
1,1 |
2,3 |
12,2 |
1,8 |
44,5 |
| Allemagne |
10,7 |
1,1 |
15,3 |
- |
1,1 |
10,9 |
- |
39,1 |
| Belgique |
17,6 |
<-- |
15,4 |
- |
1,1 |
11,8 |
- |
45,9 |
| Danemark |
31,3 |
<-- |
1,6 |
0,2 |
1,8 |
16,7 |
0,1 |
51,7 |
| Espagne |
8,1 |
1,9 |
12,4 |
- |
1,8 |
9,8 |
0,2 |
34,2 |
| Grèce |
8,7 |
<-- |
14,7 |
0,3 |
1,4 |
17,4 |
- |
42,5 |
| Irlande |
10,6 |
3,2 |
5,1 |
0,4 |
1,7 |
14,4 |
- |
35,4 |
| Italie |
15,2 |
<-- |
13,0 |
0,1 |
2,3 |
11,2 |
- |
41,8 |
| Luxembourg |
9,3 |
7,7 |
11,8 |
- |
3,2 |
11,7 |
- |
43,7 |
| Pays-Bas |
8,3 |
3,3 |
18,8 |
- |
1,8 |
12,0 |
0,2 |
44,4 |
| Portugal |
6,4 |
2,4 |
8,6 |
- |
0,8 |
15,5 |
0,2 |
33,9 |
| Royaume-Uni |
9,6 |
3,4 |
6,2 |
- |
3,7 |
12,2 |
0,1 |
35,2 |
| Suède |
18,5 |
3,1 |
14,4 |
1,1 |
1,4 |
11,7 |
- |
50,2 |
| Etats-Unis |
9,7 |
2,6 |
7,0 |
- |
3,3 |
5,0 |
- |
27,6 |
| Japon |
6,4 |
4,1 |
9,8 |
- |
3,2 |
4,2 |
0,1 |
27,8 |
| Moyenne OCDE |
11,2 |
3,4 |
12,4 |
0,3 |
1,8 |
13,2 |
0,2 |
42,5 |
| Ensemble OCDE |
10,6 |
3,0 |
10,2 |
0,4 |
1,9 |
12,1 |
0,2 |
38,4 |
La structure des prélèvements obligatoires pour 1995 est
la suivante :
| Pays (Sce OCDE) |
Impôts sur le revenu |
Impôts sur le bénéfice des société |
Sécurité Sociale |
Impôt sur les salaires à la charge des employeurs |
Impôts sur le patrimoine |
Impôts sur les biens et services |
Autres |
Total |
| France |
13,7 |
3,8 |
43,3 |
2,6 |
5,2 |
27,4 |
4,0 |
100,0 |
| Allemagne |
27,3 |
2,8 |
39,4 |
- |
2,8 |
27,7 |
- |
100,0 |
| Belgique |
38,3 |
<-- |
33,6 |
- |
2,4 |
25,7 |
- |
100 |
| Danemark |
60,6 |
<-- |
3,1 |
0,5 |
3,4 |
32,2 |
0,2 |
100,0 |
| Espagne |
23,7 |
5,6 |
36,3 |
- |
5,3 |
28,6 |
0,5 |
100,0 |
| Grèce |
20,5 |
<-- |
34,6 |
0,6 |
3,3 |
41,0 |
- |
100,0 |
| Irlande |
31,1 |
8,0 |
14,4 |
1,2 |
4,5 |
40,8 |
- |
100,0 |
| Italie |
36,4 |
<-- |
31,0 |
0,3 |
5,4 |
26,9 |
- |
100,0 |
| Luxembourg |
21,3 |
17,6 |
27,1 |
- |
7,2 |
26,8 |
- |
100,0 |
| Pays-Bas |
18,7 |
7,4 |
42,3 |
- |
4,0 |
27,1 |
0,5 |
100,0 |
| Portugal |
19,0 |
7,0 |
25,3 |
- |
2,5 |
45,6 |
0,6 |
100,0 |
| Royaume-Uni |
27,4 |
9,6 |
17,7 |
- |
10,5 |
34,6 |
0,2 |
100,0 |
| Suède |
36,8 |
6,2 |
28,8 |
2,7 |
23,2 |
0,1 |
- |
100,0 |
| Etats-Unis |
35,2 |
9,4 |
25,5 |
- |
12,0 |
17,9 |
- |
100,0 |
| Japon |
22,8 |
14,8 |
35,1 |
- |
11,5 |
15,5 |
0,3 |
100,0 |
| Moyenne OCDE |
33,6 |
<-- |
29,2 |
0,9 |
4,3 |
31,4 |
0,6 |
100,0 |
| Ensemble OCDE |
35,4 |
<-- |
25,9 |
0,8 |
5,2 |
31,9 |
0,8 |
100,0 |
Ces deux tableaux font apparaître les trois caractéristiques
majeures qui distinguent la France de ses partenaires :
-
Le poids important des cotisations sociales : 43,4 % du total des prélèvements
(44,6 en 1993) et 19,3% du PIB (19,6% en 1993.
-
Le faible poids de l'impôt sur le revenu : 13,7 % des prélèvements
(14,1% en 1993) et 6,1% du PIB (6,2% en 1993). Cette tendance ne va pas
s'améliorer dans la mesure où l'impôt sur le revenu,
suite à la réforme de M. Juppé, doit encore diminuer.
-
Une augmentation de la part de la TVA : 27,4% des prélèvements
en 1995 ( 26,6% en 1993) et 12,2% du PIB contre 11,7 % en 1993.
III. Les recettes fiscales :
La répartition des recettes fiscales est la suivante pour la période
1992-1995 : Millions de F.
| Millions de F - Sce LPF 97 |
1992 |
% |
1993 |
% |
1994 |
% |
1995 |
% |
1996 |
% |
| Impôts directs |
| -Impôt sur le revenu |
307.138 |
55,9 |
309.770 |
56,7 |
295.628 |
54,2 |
297.069 |
51,6 |
312.300 |
51,7 |
| -Impôt sur les sociétés |
135.844 |
24,7 |
127.229 |
23,3 |
134.410 |
24,6 |
150.856 |
26,2 |
171.000 |
28,3 |
| -Taxe sur les Salaires |
37.110 |
6,8 |
39.285 |
7,2 |
40.788 |
7,5 |
44.435 |
7,7 |
45.400 |
7,5 |
| -Autres Impôts directs |
69.028 |
12,6 |
70.468 |
12,9 |
74.736 |
13,7 |
83.414 |
14,5 |
75.165 |
12,4 |
| Total |
549.120 |
37,8 |
546.752 |
38,2 |
545.562 |
37,2 |
575.774 |
37,8 |
603.865 |
37,2 |
| Impôt Indirects |
| -Enregistrement |
78.537 |
8,7 |
78.544 |
5,5 |
80.654 |
8,8 |
80.095 |
8,4 |
84.500 |
8,3 |
| -TIPP |
118.905 |
13,1 |
126.425 |
8,8 |
141.143 |
15,3 |
143.337 |
15,1 |
149.000 |
14,6 |
| -Douanes |
11.588 |
1,3 |
11.697 |
0,8 |
11.174 |
1,2 |
11.462 |
1,2 |
10.390 |
1,0 |
| -TVA |
654.338 |
72,3 |
622.254 |
43,5 |
645.496 |
70,2 |
669.217 |
70,6 |
730.600 |
71,6 |
| -Tabacs |
26.132 |
2,9 |
27.736 |
1,9 |
38.306 |
4,2 |
41.239 |
4,3 |
42.500 |
4,2 |
| -Autres droits indirects |
15.105 |
1,7 |
16.224 |
1,1 |
2.911 |
0,3 |
2.741 |
0,3 |
2.700 |
0,3 |
| Total |
904.605 |
62,2 |
882.880 |
61,8 |
919.684 |
62,8 |
948.091 |
62,2 |
1.019.690 |
62,8 |
| Total |
1.453.725 |
100,0 |
1.429.632 |
100,0 |
1.465.246 |
100,0 |
1.523.865 |
100,0 |
1.623.555 |
100,0 |
Ce tableau et ce graphique font apparaître que notre système
fiscal est basé majoritairement sur les impôts indirects,
ces derniers représentent en 1996 62,8% du total des recettes fiscales.
Le poids des impôts indirects s'est accru entre 1992 et 1996
: +0,6 point, cela est dû à la hausse des taux de TVA
et de TIPP. Ces deux dernières taxes représentent
54,17% du total des recettes fiscales.
L'impôt sur le revenu, lui, voit sa part diminuer. Il représentait
21,1% des recettes fiscales en 1992, en 1996 il en représente 19,2%.
Et la tendance va s'accélérer puisque la réforme de
M. Juppé prévoit sur 5 ans un allégement de 75 Milliards
de cet impôt.
En 1994, l'impôt sur le revenu diminue de 14 Milliards, c'est
la conséquence de la réforme de M. Sarkozy sur l'impôt
sur les revenus de 1993. Lors de la présentation du projet, il avait
été annoncé une baisse de 19 Milliards...
La structure de nos recettes fiscales est injuste socialement car basée
en grande partie sur des prélèvements indirects et proportionnels
(TVA et TIPP).
Chapitre 4 : La fiscalité des ménages
Les ménages acquittent l'impôt sur le revenu,
la Contribution Sociale Généralisée
(CSG) la Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale (CRDS),
la TVA, la Taxe Intérieure sur
les Produits Pétroliers (TIPP) et les impôts
locaux (Taxe d'habitation et taxes foncières).
Un certain nombre acquittent également l'Impôt
de Solidarité sur la Fortune et des droits de
mutation à titre onéreux ou gratuits. L'ISF et les droits
d'enregistrement seront étudiés dans un chapitre spécifique.
I- Evolution des impôts à la charge des
ménages :
Le tableau qui suit ne doit servir qu'à donner une idée de
la totalité des prélèvements qui pèsent sur
les ménages. En effet si l'affectation des impôts directs
et personnels aux ménages ne pose pas de problème, il n'en
va pas de même pour les impôts de consommation tels que la
TVA et la TIPP qui sont également
payés par les entreprises.
Cependant, dans son Rapport Général sur le projet de
loi de finances pour 1997 (T1,Vol 2 "Analyse de l'équilibre budgétaire"),
le Rapporteur estime que la charge de la TVA est supportée à
71% par les ménages, à 13,8% par les entreprises et à
15,2% par les administrations. Par simplicité nous pouvons supposer
que cette grille de répartition est également valable pour
la TIPP.
| Millions de F |
1992 |
1993 |
1995 |
1996(p) |
| Impôt sur le revenu |
307.188 |
309.770 |
297.069 |
312.300 |
| CSG |
40.639 |
58.420 |
93.906 |
96.593 |
| CRDS |
- |
- |
- |
21.500 |
| Taxe d'Habitation |
51.437 |
56.156 |
63.349 |
ND |
| Taxe Foncière Propriétés Bâties |
70.842 |
78.255 |
92.089 |
ND |
| Taxe Foncière Propriétés non Bâties |
10.145 |
8.814 |
7.797 |
ND |
| TVA |
464.579 |
441.800 |
475.144 |
518.726 |
| TIPP |
84.422 |
89.761 |
101.769 |
105.790 |
| Total |
1.029.252 |
1.042.976 |
1.131.123 |
NS |
| (p)Prévisions - NS=Non significatif |
Les ménages ont donc payé 101 Milliards de F de plus d'impôts
entre 1992 et 1995. Seul l'impôt sur le revenu a diminué.
La CSG est un impôt qui monte en puissance : son produit a augmenté
de 60 % entre 1993 et 1995.
II- L'impôt sur le revenu .
II-1. Quelques chiffres :
Les comparaisons internationales montrent que l'impôt en France est
très faible en poids par rapport aux autres pays tant dans les recettes
fiscales que dans le PIB (Cf. Chapitre "Prélèvements
obligatoires").
-
il ne concerne qu'un foyer sur deux :
Cet impôt, enfin, et il s'agit là aussi d'une spécificité
française, ne concerne qu'un foyer fiscal sur deux. En effet, le
nombre de contribuables est le suivant :
| Revenus de |
1985 |
% |
1992 |
% |
1993 |
% |
1994 |
% |
| Imposables |
15.252.320 |
61,04 |
14.753.713 |
50,78 |
14.907.267 |
50,43 |
14.824.619 |
50.10 |
| Non Imposables |
9.736.114 |
38,96 |
14.298.409 |
49,22 |
14.650.903 |
49,57 |
14.763.989 |
49,90 |
| Total |
24.988.434 |
100,00 |
29.052.122 |
100,00 |
29.558.170 |
100,00 |
29.588.608 |
100,00 |
| Sce DGI |
Pour les revenus de 1994, le nombre de contribuables imposés
est toujours inférieur à celui de 1995. Le nombre de foyers
non imposés progresse plus vite que celui des foyers imposés.
Le nombre important de foyers non imposables est dû pour partie à
l'existence de nombreuses "niches fiscales" qui
permettent d'échapper à l'impôt, nous y reviendrons
plus loin.
Plus du tiers de foyers fiscaux est composé de célibataires.
Bien que son poids soit faible dans le PIB et dans les recettes fiscales,
l'impôt sur le revenu n'en demeure pas moins très concentré,
du fait du faible nombre de contribuables.
| Année des Revenus |
1985 |
> |
1991 |
> |
1992 |
> |
1993 |
93/92 |
| Tranches d'impôts |
Nombres |
% |
Nombres |
% |
Nombres |
% |
Nombres |
% |
% |
| Inférieure à 500 |
408.835 |
2,7 |
153.646 |
1,0 |
169.002 |
1,1 |
255.701 |
1,7 |
51,3 |
| 501-1.000 |
825.279 |
5,4 |
480.463 |
3,3 |
477.120 |
3,2 |
605.372 |
4,1 |
26,9 |
| 1.001-1.500 |
779.247 |
5,1 |
466.798 |
3,2 |
463.996 |
3,1 |
582.429 |
3,9 |
25,5 |
| 1.501-2.000 |
773.220 |
5,1 |
449.145 |
3,1 |
447.182 |
3,0 |
561.211 |
3,8 |
25,5 |
| 2.001-2.500 |
759.228 |
5,0 |
429.378 |
2.9 |
428.992 |
2,9 |
468.093 |
3,1 |
9,1 |
| 2.501-3.000 |
721.749 |
4,7 |
419.156 |
2,9 |
421.599 |
2,9 |
454.267 |
3,0 |
7,7 |
| 3.001-3.500 |
635.496 |
4,2 |
391.557 |
2,7 |
404.549 |
2,7 |
479.929 |
3,2 |
18,6 |
| 3.501-5.000 |
1.865.724 |
12,2 |
1.396.625 |
9,5 |
1.368.641 |
9,3 |
1.628.967 |
10,9 |
19,0 |
| 5.001-7.500 |
2.327.885 |
15,3 |
2.480.866 |
16,9 |
2.464.353 |
16,7 |
2.235.131 |
15,0 |
-9,3 |
| 7.501-10.000 |
1.487.001 |
9,7 |
1.707.272 |
11,7 |
1.718.704 |
11,6 |
1.506.166 |
10,1 |
-12,4 |
| 10.001-12.500 |
990.616 |
6,5 |
1.196.952 |
8,2 |
1.211.641 |
8,2 |
1.100.959 |
7,4 |
-9,1 |
| 12.501-15.000 |
701.111 |
4,6 |
847.070 |
5,8 |
868.251 |
5,9 |
797.168 |
5,3 |
-8,2 |
| 15.001-20.000 |
908.588 |
6,0 |
1.173.853 |
8,0 |
1.201.324 |
8,1 |
1.173.921 |
7,9 |
-2,3 |
| 20.001-30.000 |
789.264 |
5,2 |
1.101.924 |
7,5 |
1.143.413 |
7,8 |
1.247.508 |
8,4 |
9,1 |
| 30.001-50.000 |
640.633 |
4,2 |
932.072 |
6,4 |
946.657 |
6,4 |
907.899 |
6,1 |
-4,1 |
| 50.001-100.000 |
416.756 |
2,7 |
655.640 |
4,5 |
665.914 |
4,5 |
575.022 |
3,9 |
-13,6 |
| + de 100.000 |
221.688 |
1,5 |
360.330 |
2,5 |
352.375 |
2,4 |
327.524 |
2,2 |
-7,1 |
| Total |
15.252.320 |
100,00 |
14.642.747 |
100,00 |
14.753.713 |
100,00 |
14.907.267 |
100,00 |
1,0 |
| Sce DGI |
Il faut noter aussi la forte baisse du nombre de contribuables qui acquittent
un impôt compris entre 50.000 F et 100.000 F (-13,6%) entre 1992
et 1993. Le nombre de contribuables qui acquittent un impôt supérieur
à 100.000 F est en diminution depuis 1991.
Le nombre de contribuables qui acquittent un impôt inférieur
à 500 F a fortement augmenté entre 1993 et 1992, conséquence
de la réforme fiscale de M. Sarkozy qui, outre,
la réduction du nombre de tranches du barème, a également
abaissé le seuil de recouvrement de 460 F en 1992 à 400 F
en 1993. (cf. supra).
Comme le montre le tableau suivant, le plus grand nombre de contribuable
paient entre 5.000F et 7.000 F d'impôt (14,7% des contribuables),
ils déclarent 10,5% des revenus et paient 5% de l'impôt sur
le revenu. Cependant si 11,9% des contribuables paient 59% de l'impôt
sur le revenu - ils paient plus de 30.000 F d'impôt en moyenne -
ils déclarent 30,5% du montant des revenus. En 1992, ils étaient
13,32% et acquittaient 59% de l'impôt alors qu'ils déclaraient
32% des revenus.
Revenus de 1992
Tranches d'impôts |
Nombre de contribubales |
% |
Montant des revenus |
% |
Montant de l'impôt net (Millions de F) |
% |
| Inférieure à 500 |
255.701 |
1,7 |
19.345 |
1,0 |
-338 |
-0,1 |
| 501-1.000 |
605.372 |
4,0 |
38.963 |
2,0 |
454 |
0,2 |
| 1.001-1.501 |
582.429 |
3,8 |
38.999 |
2,0 |
727 |
0,3 |
| 1.501-2.000 |
561.211 |
3,7 |
39.079 |
2,0 |
981 |
0,4 |
| 2.001-2.500 |
468.093 |
3,1 |
35.635 |
1,8 |
1.050 |
0,4 |
| 2.501-3.000 |
454.267 |
3,0 |
35.953 |
1,8 |
1.249 |
0,5 |
| 3.001-3.500 |
479.929 |
3,1 |
38.811 |
2,0 |
1.562 |
-0,6 |
| 3.501-5.000 |
1.628.967 |
10,7 |
135.465 |
6,9 |
6.972 |
2,6 |
| 5.001-7.500 |
2.235.131 |
14,7 |
204.937 |
10,5 |
13.781 |
5,1 |
| 7.501-10.000 |
1.506.166 |
9,9 |
154.199 |
7,9 |
13.069 |
4,8 |
| 10.001-12.500 |
1.100.959 |
7,2 |
126.647 |
6,5 |
12.302 |
4,5 |
| 12.501-15.000 |
797.168 |
5,2 |
103.600 |
5,3 |
10.924 |
4,0 |
| 15.001-20.000 |
1.173.921 |
7,7 |
170.729 |
8,7 |
20.334 |
7,5 |
| 20.001-30.000 |
1.247.508 |
7,7 |
216.854 |
11,1 |
30.273 |
11,2 |
| 30.001-50.000 |
907.899 |
6,0 |
201.463 |
10,3 |
34.723 |
12,8 |
| 50.001-100.000 |
575.022 |
3,8 |
176.646 |
9,0 |
39.090 |
14,4 |
| + de 100.000 F |
327.524 |
2,1 |
218.687 |
11,2 |
83.376 |
30,8 |
| Total |
14.907.267 |
100,00 |
1.956.012 |
100,00 |
270.529 |
100,00 |
| Sce DGI |
-
dont l'assiette est composée en majorité de salaires et de
pensions :
Lorsque l'on examine la répartition des revenus déclarés
(foyers imposés et non imposés) en nombre :
| Sce DGI |
1985 |
% |
1992 |
% |
1993 |
% |
| Traitements et salaires |
16.776.640 |
44,48 |
19.065.698 |
44,89 |
19.289.989 |
45,00 |
| Pensions et retraites |
8.675.000 |
23,01 |
10.168.635 |
23,94 |
10.451.384 |
24,37 |
| Bénéfices Agricoles |
1.076.655 |
2,86 |
892.511 |
2,10 |
862.632 |
2,01 |
| Bénéfices Industriels et Commerciaux |
1.347.258 |
3,57 |
1.061.533 |
2,50 |
1.024.647 |
2,39 |
| Bénéfices Non Commerciaux |
436.947 |
1,16 |
462.533 |
1,09 |
461.661 |
1,08 |
| Revenus de Capitaux Mobiliers |
6.663.061 |
17,67 |
7.713.407 |
18,16 |
7.568.008 |
17,64 |
| Revenus Fonciers |
2.369.979 |
6,29 |
2.743.303 |
6,46 |
2.833.894 |
6,61 |
| Autres |
363.399 |
0,96 |
361.217 |
0,85 |
389.924 |
0,91 |
| Total |
37.702.939 |
100,00 |
42.468.837 |
100,00 |
42.891.139 |
100,00 |
en montants :
| Sce DGI (millions de F ) |
1985 |
% |
1992 |
% |
1993 |
% |
| Traitements et salaires |
1.122.794 |
63.06 |
2.258.504 |
64,48 |
2.306.000 |
64,09 |
| Pensions et retraites |
342.917 |
19,26 |
751.059 |
21,44 |
801.039 |
22,26 |
| Bénéfices Agricoles |
41.637 |
2,34 |
45.489 |
1,30 |
43.112 |
1,20 |
| Bénéfices Industriels et Commerciaux |
111.442 |
6,26 |
134.211 |
3,83 |
128.385 |
3,57 |
| Bénéfices Non Commerciaux |
64.531 |
3,62 |
120.646 |
3,44 |
122.535 |
3,41 |
| Revenus de Capitaux Mobiliers |
44.892 |
2,52 |
90.211 |
2,58 |
90.748 |
2,52 |
| Revenus Fonciers |
45.458 |
2,55 |
89.209 |
2,55 |
91.725 |
2,54 |
| Autres |
6.806 |
0,38 |
13.243 |
0,38 |
14.621 |
0,41 |
| Total |
1.780.477 |
100,00 |
3.502.572 |
100,00 |
3.597.965 |
100,00 |
Ces tableaux montrent que les revenus déclarés en nombre
et en montants sont majoritairement des salaires et des pensions.
-
un impôt dont le taux réel d'imposition est en baisse constante:
La pression fiscale relative à cet impôt est en baisse comme
le montre le tableau suivant :
|
1990 |
1992 |
1993 |
1994 |
%94/90 |
| Imposés |
| Revenu imposable total déclar* en milliards de F |
1.767,6 |
1.857,5 |
1.911,1 |
1.956,0 |
10,7 |
| Impôt correspondant (milliards de F) |
277,3 |
286,0 |
285,6 |
270,5 |
-2,5 |
| Impôt moyen en F |
19.399 |
19.535 |
19.361 |
18.148 |
-6,4 |
| Taux réel d'imposition en % |
15,7 |
15,4 |
14,9 |
13,8 |
|
| Non Imposés |
| Revenu imposable déclar* en milliards de F |
483,1 |
501,0 |
523,0 |
532,9 |
10,3 |
| Revenu imposable total en milliards de F |
2.250,7 |
2.358,5 |
2.434,1 |
2.488,9 |
10,6 |
| Sce DGI |
Par ailleurs le SNUI avait fait en 1996 une étude sur l'évolution
de l'impôt sur le revenu depuis 1959.
-
Ainsi pour un célibataire déclarant un revenu imposable de
43.000 F la pression fiscale (Impôt/revenu imposable, compte non
tenu des réductions d'impôt éventuelles) qui était
de 12,76% en 1959 passe à 1,33% pour les revenus de 1995. Celle
d'un célibataire déclarant 500.000 F passe de 50,53% à
44,28%.
-
Pour un couple marié sans enfant déclarant 80.000 F la pression
fiscale passait de 13,44% à 5,03% dans la même période.
Le même couple déclarant 200.000 F avait un taux de pression
fiscale de 24,67% en 1959, il était de 19,19% pour les revenus de
1995.
-
Pour un couple marié avec un enfant (2,5 parts) déclarant
150.000 F la pression fiscale était de 17,46% en 1959 et de 9,77%
en 1995.
Ces calculs sont théoriques mais montrent que l'impôt
sur le revenu diminue depuis un certain nombre d'années.
-
un impôt qui malgré un taux marginal élevé est
souvent beaucoup moins fort qu'à l'étranger :
Pour justifier la baisse du taux marginal de 56,8% qui touchait 217.000
foyers en 1993, les responsables politiques comparaient souvent ce taux
à celui pratiqué dans les autres pays industrialisés.
En France le quotient familial apporte un correcteur non négligeable
et trop souvent oublié de même que la manière dont
est calculée l'assiette de l'impôt.
Ainsi pour un célibataire sans enfant la pression fiscale
était la suivante pour les revenus de 1995 :
| Revenus déclarés |
100.000 F |
200.000 F |
500.000 F |
800.000 F |
1.200.000 F |
| FRANCE |
8,9% |
16,4% |
28,4% |
34,0% |
41,6% |
| ALLEMAGNE |
15,1% |
24,2% |
39,4% |
46,0% |
49,6% |
| AUTRICHE |
14,5% |
25,9% |
38,1% |
42,6% |
45,0% |
| BELGIQUE |
21.2% |
33,1% |
45,1% |
49,4% |
51,8% |
| DANEMARK |
31% |
39,3% |
53,6% |
57,3% |
59,3% |
| ESPAGNE |
16,6% |
23.2% |
38,3% |
44,9% |
48,6% |
| ETATS UNIS |
13,8% |
21,4% |
31,0% |
35.1% |
38,2% |
| ITALIE |
19,7% |
27,1% |
35,6% |
39,5% |
42,6% |
| PAYS-BAS |
26,6% |
34,1% |
47,4% |
52,1% |
54,7% |
| ROYAUME-UNI |
17,0% |
21,0% |
32,0% |
35,0% |
36,6% |
Nous constatons que jusqu'à 800.00 F le contribuable français
paiera à revenu identique l'impôt sur le revenu le moins élevé.
Pour 100.000 F de revenus déclarés il paiera 8.860 F
d'impôt alors qu'un danois paiera 31.022 F et que le britannique
acquittera 17.000 F.
Pour 800.000F de revenu imposable notre célibataire pourtant
imposé dans la tranche marginale maximale de 56,8% paiera 272.164
F d'impôt alors que le Danois paiera 458.421F et l'américain
281.342 F.
Il n'y a que pour un revenu de 1.200.000 F que notre célibataire
est plus imposé qu'au Royaume Uni ou aux Etats Unis. L'écart
d'impôt est de 59.403 F avec le britannique et de 40.754 F avec l'américain.
Pour un couple marié avec deux enfants à charge
la situation est la suivante :
| Revenus déclarés |
100.000 F |
200.000 F |
500.000 F |
800.000 F |
1.200.000 F |
| FRANCE |
0% |
4,6% |
14,5% |
22,2% |
33,7% |
| ALLEMAGNE |
0% |
7,9% |
24,2% |
32,6% |
40,6% |
| AUTRICHE |
7,0% |
22,2% |
36,6% |
41,6% |
44,4% |
| BELGIQUE |
7,1% |
23,4% |
40,3% |
46,4% |
49,8% |
| DANEMARK |
20,0% |
33,8% |
51,4% |
55,9% |
58,4% |
| ESPAGNE |
10,2% |
18,9% |
34,8% |
42,8% |
47,2% |
| ETATS UNIS |
1,6% |
12,4% |
24,2% |
29,4% |
34,9% |
| ITALIE |
15,8% |
25,2% |
34,8% |
39,0% |
42,3% |
| PAYS-BAS |
18,6% |
28,7% |
44,8% |
50,5% |
53,6% |
| ROYAUME-UNI |
15,0% |
20,0% |
31,6% |
34,7% |
36,5% |
Le quotient familial joue ici pleinement son effet correcteur.
Le couple français est celui qui paiera le moins et ce même
pour un revenu de 1.200.000 F.
Pour 100.000 F de revenu, il ne sera pas imposable en France alors
qu'il paiera 20.044 F au Danemark, 18.613 F aux Pays Bas et 15.020 F au
Royaume Uni.
Pour un revenu de 1.200.000 F, la famille française acquittera
404.943 F, alors que la famille anglaise acquittera 437.981 F et les américains
419.284 F. Notre famille française est beaucoup moins imposée
qu'ailleurs nonobstant le taux marginal maximal à 56,8%.
Suite à la réforme du barème des revenus de 1996
et à la baisse de la tranche marginale maximale à 54%, la
pression fiscale du foyer français sera de 33,3% pour un revenu
de 1.200.000 F, de 33,6% aux Etats-Unis et de 35,6% au Royaume Uni.
Ces exemples montrent que, sauf pour les très hauts revenus
perçus par des célibataires, le taux d'impôt sur le
revenu français est beaucoup moins élevé qu'à
l'étranger. Les bas revenus et les revenus moyens sont également
beaucoup moins imposés en France qu'ailleurs et qu'au Royaume-Uni,
notamment, pourtant si souvent cité en exemple...
II-2. Les modifications intervenues depuis 1993 :
Les revenus fonciers et les revenus de capitaux mobiliers feront l'objet
d'un développement dans le Chapitre "Fiscalité du patrimoine".
Les modifications relatives aux Bénéfices Industriels et
Commerciaux (BIC), aux Bénéfices Non Commerciaux (BNC) et
aux Bénéfices Agricoles (BA) seront analysés dans
le Chapitre "Fiscalité des entreprises".
II-2-1 Modifications concernant le barème :
La loi de finances 1994 a ramené le nombre de tranches du barème
de 13 à 7. Les taux d'imposition ne comportent plus de décimales
sauf pour la tranche marginale maximale taxée à 56,8%. Les
taux sont les suivants : 0%, 12%,25%, 35%,45%, 50% et 56,8%.
Les minorations sont intégrées au barème. Celles-ci
avaient été instaurée en 1984 et pour les revenus
de 1992, la minoration comprenait 5 tranches de 11 à 6%.
Le seuil de mise en recouvrement de l'impôt est fixé à
400F. (460 F en 1992).
Les Lois de Finances 1995 et 1996 relèveront les tranches de
ce barème respectivement de 1,4% et de 1,8%.
La loi de finances 1997 réaménage les tranches du barème
et diminue tous les taux d'imposition : 0%, 10,5%, 2 4%, 33%, 43%, 48%
et 54%.
L'évolution du barème a été la suivante
:
| Revenus de 1992 |
Revenus de 1993 |
Revenus de 1996 |
| inf à 19.220 |
0% |
inf à 21.900 |
0% |
inf à 25.610 |
0% |
| de 19.220 à 20.080 |
5% |
de 21.900 à 47.900 |
12% |
de 25.610 à 50.380 |
10,5% |
| de 20.080 à 23.800 |
9,6% |
de 47.900à 84.300 |
25% |
de 50.380 à 88.670 |
24% |
| de 23.800 à 37.620 |
14.4% |
de 84.300 à 136.500 |
35% |
de 88.670 à 143.580 |
33% |
| de 37.620 à 48.350 |
19,2% |
de 136.500 à 222.100 |
45% |
de 143.580 à 233.620 |
43% |
| de 48.350 à 60.690 |
24% |
de 222.100 à 273.900 |
50% |
de 233.620 à 288.100 |
48% |
| de 60.690 à 73.450 |
28,8% |
sup à 273.900 |
56,8% |
sup à 288.100 |
54% |
| de 73.450 à 84.740 |
33,6% |
| de 84.740 à 141.190 |
38,4% |
| de 141.190 à 194.190 |
43,2% |
| de 194.190 à 229.710 |
49% |
| de 229.710 à 261.290 |
56,9% |
| sup à 261.290 |
56,8% |
Minorations de 11% à 3% après application
du barème |
Pour les revenus de 2000, le barème comprendra 7 tranches : 0%,7%,20%,
28%,35%,41% et 47%.
La décote subit quelques modifications puisqu'à partir
des revenus de 1993, elle s'applique avant réduction d'impôt.
Son plafond est réduit à compter des revenus de 1996. Elle
sera supprimée à compter des revenus de 2000.
II-2-2. Quotient familial :
A compter des revenus de 1995, la demi-part supplémentaire dont
bénéficiaient les contribuables célibataires, divorcés
ou séparés ayant une ou plusieurs personnes à charge
est réservé aux personnes "isolées".
II-2-3. Déductions du revenu imposable (sauf
déficits fonciers)
La loi de finances 1996 interdit l'imputation des déficits
BIC "non professionnels" sur le revenu global sauf ceux provenant d'investissements
réalisés dans les DOM et qui ont obtenu un agrément.
Le plafond du montant des revenus non agricoles au-delà duquel
les déficits agricoles ne peuvent pas s'imputer sur le revenu
global est relevé de 100.000 F à 150.000 F à compter
de l'imposition des revenus de 1994 et à 200.000 F à compter
de l'imposition des revenus de 1995.
La loi de finances 1995 proroge la déduction de 25% des versements
effectués pour l'acquisition des parts de copropriétés
de navire. La loi sur les Quirats n°96-607 du 5 Juillet 1996, autorise
la déduction du revenu global des sommes versées au titre
de la souscription de parts de copropriétés de navires de
commerce. Le montant maximal des sommes déductibles annuellement
est de 500.000 F et de 1.000.000F (Célibataire/mariés).
La loi Madelin du 11 Février 1994 permet aux contribuables de
déduire, sous condition, tout ou partie de leurs pertes en capital
en cas d'échec de leur entreprise. Ce dispositif est étendu
à compter du 1/1/1995 aux souscriptions à des augmentations
de capital réalisées par des sociétés qui exercent
une activité agricole.
A compter de 1997, les souscriptions en numéraire des SOFICA,
ne pourront excéder 25% du revenu net global dans la limite de 120.000
F.
II-2-4. Réductions d'impôt :
La loi de finances pour 1994 porte le plafond des frais d'emploi d'un
salarié à domicile de 25.000 F à 26.000 F pour
les revenus de 1993. A compter de l'imposition des revenus de 1995, ce
plafond est relevé à 90.000 F.
Le plafond des dons effectués au profit de certains organismes
sans but lucratif est relevé à 1.000 F à partir
des revenus de 1993. Cette limite est relevée à 2.000 F à
compter des revenus de 1996 et la réduction d'impôt passe
de 50% à 60%, les dons aux organismes d'intérêt général
et aux associations reconnues d'utilité publique ouvrent droit à
une réduction d'impôt de 50% - au lieu de 40% - (Loi Associations)
Les dépenses de grosses réparations de l'habitation
principale sont prises en compte dans la limite annuelle de 10.000
F ou de 20.000 F (loi de finances rectificative de 1993). Cette limite
passe de 15.000 F à 30.000 F à compter du 1/10/1994. Cette
mesure est prorogée jusqu'au 31/12/1996.A compter du 1/1/97, la
réduction d'impôt est de 20% des sommes limitées à
20.000 F et 40.000F. La condition de revenu prévue pour le bénéfice
des réductions d'impôt liées à l'habitation
principale est supprimée à compter du 1/7/1993. La réduction
d'impôt sur les intérêts d'emprunts souscrit
à compter du 1/1/1997 est supprimée, de même que celle
pour les dépenses de ravalement.
La loi de finances rectificative de Juin 1993 accorde aux propriétaires
personnes physiques de locaux vacants qui les transforment en logements
une réduction d'impôt. La loi de finances rectificative de
juin 1995 étend le bénéfice de la réduction
d'impôt aux personnes qui souscrivent au capital de sociétés
immobilières d'investissements ainsi qu'à celles qui transforment
en logements des locaux affectés à un autre usage. Enfin
les conditions d'octroi de la réduction d'impôt sont assouplies
pour les opérations réalisées dans les Zones Franches
Urbaines (ZFU- Pacte de relance pour la Ville).
La loi de finances rectificatives de juin 1993 assouplit les dispositions
de la Loi Pons (cf. Chapitre "Fiscalités Particulières
").
Le DDOEF de Janvier 1996 met en place la réduction pour intérêts
des prêts à la consommation. Le régime des Assurances-vie
subit quelques modifications apportées par les Lois de Finances
1996 et 1997. Dans un premier temps la réduction est supprimée
sauf pour les contrats à prime périodiques et/ou pour les
contribuables dont l'impôt n'excède pas 7.000 F. La réduction
d'impôt est supprimée à compter du 5/9/1996( sauf contrats
antérieurs).
La réduction d'impôt pour frais de scolarité
sera réduite de moitié pour les revenus de 1997 et supprimée
pour ceux de 1998.
La loi Madelin du 11 Février 1994 prévoit une réduction
d'impôt égale à 25% des sommes limitées à
20.000 F ou 40.000 F pour les souscriptions en numéraire au capital
initial ou aux augmentations de capital de sociétés non
cotées soumises à l'IS. Les plafonds sont relevés
par la loi Territoire à 25.000 F et à 50.000 F, la loi agricole
et la loi de Finances rectificative 1995 étendent respectivement
le bénéfice de cette mesure aux sociétés exerçant
une activité agricole et aux souscriptions au capital d sociétés
exerçant une activité professionnelle non commerciale. Les
plafonds sont portés de 25.000 F à 37.500F et de 50.000 F
à 75.000 F.
Enfin la loi de finances 1997 créée une réduction
d'impôt pour les souscriptions, à compter du 1er Janvier 1997,
de parts de Fonds Commun de Placement dans l'Innovation. Réduction
de 25% des sommes versées dans la limite de 75.000 F et de 150.000
F.
II-2-5 Traitements, salaires et pensions :
La loi de finances pour 1994 va inscrire dans la loi l'admission des
frais réels de transport, à condition d'en justifier,
entre le domicile et le lieu de travail lorsque la distance n'excède
pas 40 kilomètres.
Cette même loi de finances précise que l'abattement
de 20 % ne s'applique qu'aux revenus déclarés spontanément.
Les indemnités de fonction des élus locaux peuvent être
imposées selon les règles des traitements et salaires.
Le régime des stocks-options a fait l'objet d'un certain
nombre d'aménagement. La durée minimale d'un an d'indisponibilité
des titres est supprimée par la loi de finances Rectificative de
Juin 1993. Le régime est aménagé par la loi de finances
pour 1996.
Les indemnités journalières de maternité sont
soumises à l'impôt à compter de l'imposition des revenus
de 1996.
Les déductions forfaitaires supplémentaires des salariés
et des écrivains et compositeurs seront progressivement supprimées
à compter de l'imposition des revenus de 1997.
Le plafond par foyer fiscal de l'abattement de 10% sur les pensions
est progressivement réduit à partir de l'imposition des revenus
de 1996.
II-3. L'analyse des mesures prises :
Les mesures fiscales relatives à l'impôt sur le revenu, prises
pendant cette législature peuvent être divisées en
deux groupes. Les mesures relatives aux "réformes" fiscales et les
mesures conjoncturelles.
II-3-1. Les réformes fiscales :
En septembre 1993, M. Sarkozy annonce sa "réforme fiscale" applicable
pour l'imposition des revenus de 1993. Elle consiste principalement, nous
l'avons vu, en une réduction de 12 à 7 du nombre de tranches
du barème, à la suppression des minorations, à une
modification des règles d'imputation de la décote. Cette
réforme provoquait un allégement de 19 Milliards de l'impôt
sur le revenu et tous les contribuables devaient être "gagnants".
Le SNUI avait à l'époque fait quelques simulations qui
montraient :
-
que le changement de la règle d'imputation de la décote pouvait
conduire à faire payer de l'impôt à ceux qui étaient
auparavant non imposables. Ainsi un couple avec 2 enfants et qui pouvaient
déduire 1.500 F d'assurance-vie et 3.750 F au titre des frais de
garde pour enfants et qui avaient un revenu net imposable en 1993 de 117.000
F ne payait pas d'impôt en 1992 et devait payer 906 F en 1993 !
-
la réforme du barème ne profitait pas aux personnes seules
sauf celles qui avaient un revenu de 50.000 F. Sachant qu'un tiers des
foyers fiscaux sont des célibataires...
-
pour les couples mariés sans enfant (2 parts), la baisse liée
à la réforme du barème sera de 3,5% s'ils perçoivent
700.000 F de revenus, alors qu'elle ne sera que de 1,8% pour ceux qui perçoivent
130.000 F.
-
pour les couples mariés avec un enfant, la baisse d'impôt
est insignifiante pour les revenus compris entre 150.000 F et 180.000 F
(de 2,88% à 1,92%) alors qu'elle est de 3,3% pour ceux qui perçoivent
un revenu de 880.000 F.
-
que l'abaissement du seuil de non imposition de 420 F à 400 F rendrait
imposables des foyers non imposables.
Ces simulations sont corroborées par les statistiques relatives
à l'impôt 1993 (publiées en 1996). Le tableau page
16 montre que le nombre de contribuables acquittant moins de 500 F d'impôt
a progressé de 51,3%, que ceux qui acquittent un impôt compris
entre 500 et 2.000 F a progressé de 19,15%. Ceux qui paient entre
50.000 F et 100.000 F sont en diminution de 13,6%.
La réforme devait se poursuivre pour les revenus de 1994 par
la suppression de 2 tranches et notamment de la tranche marginale maximale
à 56,8%. Mais le projet n'a pas été mené à
son terme, faute de marges de manoeuvre et à cause de l'échéance
de l'élection présidentielle.
La réforme du Gouvernement Juppé s'est inspirée
des rapports Ducamin et surtout des conclusions de la Commission de la
Martinière. Le barème a été modifié
et un certain nombre de réductions ont été supprimées.
Cette réforme provoquera un allégement de 75 Milliards en
5 ans dont 25 Milliards dès 1997.
Le barème conserve son nombre de tranches et ce jusqu'au barème
cible des revenus de 2000, mais les taux sont diminués et les tranches
modifiées. A terme la décote sera supprimée. La tranche
à taux "zéro" est élargie, et le taux marginal maximal
passe de 56,8% à 54% pour les revenus de 1996 et à 47% pour
les revenus de 2000. Il s'agit là d'un avantage indéniable
accordé aux contribuables les plus riches. Comme nous l'avons signalé
page 18 un taux marginal élevé n'est pas synonyme de taux
de pression fiscale élevé.
Un certain nombre de réductions d'impôt vont être
supprimées ( assurance-vie, pour enfants scolarisés, intérêts
d'emprunt), ces suppressions sont celles qui concernent la majorité
des français. Les déductions forfaitaires supplémentaires
accordées à certains salariés vont être supprimées...
Pour le SNUI, cette réforme va alléger la facture des
ménages les plus riches qui voient leur taux d'imposition diminuer
et leurs réductions d'impôt maintenues.
Ainsi un ménage qui déclare 870.210 F de revenus était
imposé jusqu'en 1996 dans la tranche à 56,8%. Il bénéficiera
pleinement de la baisse de cette tranche. Ses gains en impôt seront
les suivants :
|
Impôt |
Economie |
| 1996 (Sans la réforme) |
366.657 |
| 1996 (réforme) |
348.322 |
18.335 |
| 1997 |
339.296 |
9.026 |
| 1998 |
330.733 |
8.563 |
| 1999 |
324.261 |
6.472 |
| 2000 |
316.682 |
7.579 |
Soit un total d'économie d'impôt de 49.975 F. Ce couple
pourra éventuellement diminuer son revenu imposable grâce
à la loi Pons (100.000 F de déficits par exemple) et aux
SOFICA (50.000 F), il pourra bénéficier des réductions
d'impôt pour emplois à domicile (45.000 F), pour entreprise
nouvelle (18.750 F), pour les dons (10.000 F). Il pourra ainsi diminuer
son impôt de 73.750 F en 1996.
En revanche les petits revenus ne gagneront rien dans l'immédiat.
Un célibataire déclarant un revenu imposable de 43.060 F
en 1996 aurait payé 405 F d'impôt sans la réforme,
il paiera 405 F avec la réforme.
Cependant, M. Juppé n'a pas suivi les recommandations de M. de
la Martinière en matière de suppression de l'abattement de
20% accordé aux salariés. Cette décision est due certainement
aux polémiques qu'avait soulevée cette question lorsqu'elle
avait été évoquée par M. Arthuis le 19 Novembre
1995. Il convient cependant de noter que c'est ce type de "niches fiscales"
là que le Gouvernement voulait supprimer. A défaut il s'est
attaqué aux déductions supplémentaires dont bénéficiaient
700.000 salariés, salariés qui pourront opter pour les frais
réels si leurs frais professionnels dépassent la déduction
forfaitaire. Sur ce point et d'une manière générale,
la Cour des Comptes note que le "nombre d'optants pour le régime
des frais réels s'est accru entre 1991 et 1995 de 88%, tandis que
dans le même temps la masse totale des salaires déclarés
ne s'est accrue que de 14%. La croissance plus rapide des frais réels
a ainsi ralenti de près de 2 points la hausse de la masse totale
des salaires nets imposés." Cette situation est due à
des conditions du marché du travail qui se dégradent.
II-3-2. Les mesures conjoncturelles :
Des mesures nouvelles ont été prises dans l'exercice traditionnel
des lois de finances.
La première concerne la modification des conditions d'attribution
de la demi-part supplémentaire aux contribuables célibataires,
divorcés ou séparés ayant une ou plusieurs personnes
à charge, mais cette modification est analysée au II-4
ci après.
Les Ministres du Budget successifs ont généralement tous
critiqué les "niches fiscales", pourtant
ils ont été prompts à en créer de nouvelles
qui bénéficient généralement en priorité
aux plus hauts revenus :
-
l'augmentation, à l'initiative de M. Sarkozy, du plafond des frais
d'emploi d'un salarié à domicile à 90.000 F à
compter des revenus de 1995, ouvre droit à une économie d'impôt
maximale de 45.000 F et permet le paradoxe suivant : un contribuable ayant
45.000 F d'impôt à payer sera non imposable alors que sa femme
de ménage payée au SMIC paiera, elle, de l'impôt si
elle est célibataire et qu'elle n'a aucune réduction d'impôt.
Cette mesure a permis à certains contribuables d'échapper
au taux marginal à 56,8%.
-
idem pour l'augmentation du plafond des revenus non agricoles au-delà
duquel les déficits agricoles ne peuvent pas s'imputer. Plus qu'aux
agriculteurs, cette mesure est destinée à ceux qui ont d'autres
revenus et dont les revenus ou plutôt les déficits agricoles
ne seraient qu'accessoires, c'est une manière de défiscaliser
d'autres revenus.
-
idem pour le régime des quirats de navire, la possibilité
de déduire 500.000 F ou 1.000.000 de F du revenu imposable n'est
pas à la portée de tous les contribuables.
-
idem pour les prêts à la consommation qui ne sont qu'une mesure
"gadget" prise dans l'urgence, quelques jours après le vote de la
loi de finances.
La seule mesure qui n'entre pas dans cette logique, et qui doit
être signalée comme une bonne mesure, est la suppression de
l'imputation des déficits BIC "non commerciaux" qui met fin à
des montages douteux d'optimisation de déficits. Ce jugement doit
cependant être nuancé par le fait que les investissements
réalisés dans les DOM (Loi Pons) ne sont pas concernés.
II.4. Les injustices de l'Impôt sur le revenu
:
Pour le SNUI, les principales injustices liées à l'impôt
sur le revenu sont dues :
-
à la notion de foyer fiscal et de quotient familial, le système
fiscal n'a pas suivi les évolutions de la société,
-
à la taxation favorable des revenus du capital,
-
à l'existence de mesures permettant aux contribuables d'échapper
à l'impôt.
-
Foyer fiscal / quotient familial :
Les couples mariés et les couples concubins ne sont pas traités
de la même manière, premièrement parce que :
-
les contribuables vivant maritalement ne sont pas considérés
en matière d'impôt sur le revenu comme constituant un foyer
fiscal unique, chacun en constituant un foyer fiscal. Avant la loi de finances
pour 1996, les concubins ayant des enfants à charge bénéficiaient
pour le premier enfant d'une demi-part supplémentaire ce qui introduisait
une distorsion de traitement à situation de fait identique quant
au quotient familial : un couple marié avec un enfant bénéficiait
de 2,5 parts de quotient familial, alors que le couple concubin bénéficiait
de 3 parts (2 parts pour le concubin qui prend l'enfant à charge
et une part pour l'autre). Cependant cette situation n'était déjà
pas favorable aux couples non mariés avec enfant quand un concubin
était sans revenu.
La loi de finances pour 1996, suite à l'amendement 519, réserve
le bénéfice de la demi-part supplémentaire aux parents
isolés. L'impôt à acquitter par un couple avec enfant
est identique , dorénavant, quelque soit leur statut matrimonial
(concubins ou mariés), lorsque la décote ne trouve pas à
s'appliquer.(cf. ci-après).
S'il est normal qu'à situation réelle égale, l'impôt
soit le même, les couples dont un concubin est sans revenu sont désavantagés,
désavantage qui existait auparavant et qui est renforcé par
les nouvelles dispositions.
Voulant rétablir une certaine neutralité fiscale et
respecter un principe d'équité dans le traitement fiscal
des couples mariés et non mariés ayant des enfants à
charge, les nouvelles dispositions renforcent les injustices.
-
la décote est calculée par foyer fiscal et trouve à
s'appliquer lorsque l'impôt est inférieur à 3.260 F.
Ainsi pour un revenu global de 88.000 F un couple marié acquittera
un impôt de 3.862 F alors qu'un couple concubin ne paiera que 1.204
F comme le montre le tableau suivant :
| Revenus du couple |
Impôt Marié |
Impôt Concub |
Ecart |
| 86.400 |
3.694 |
868 |
-2.826 |
| 88.000 |
3.862 |
1.204 |
-2.658 |
| 90.000 |
4.072 |
1.624 |
-2.448 |
| 92.000 |
4.282 |
2.044 |
-2.238 |
| 94.000 |
4.492 |
2.464 |
-2.028 |
| 96.000 |
4.702 |
2.884 |
-1.818 |
| 98.000 |
4.912 |
3.304 |
-1.608 |
| 100.000 |
5.122 |
3.724 |
-1.398 |
| 102.000 |
5.499 |
4.480 |
-1.019 |
| 104.000 |
5.979 |
5.440 |
-539 |
| 106.000 |
6.459 |
6.400 |
-59 |
| 108.000 |
6.939 |
6.940 |
+1 |
Enfin, les concubins peuvent bénéficier d'un avantage
fiscal double lorsque celui-ci est accordé au foyer. Le rapport
DUCAMIN en avait établi la liste :
-
abattement de 10% sur les pensions. Le plafond de 28.000 F s'apprécie
par foyer fiscal, l'abattement d 'un couple de concubins retraités
pourra être de 56.000 F,
-
le seuil de cession des valeurs mobilières au-delà duquel
les plus values sont exonérées (200.000 F pour l'ensemble
des valeurs sauf OPCVM, imposables dès le premier franc) est également
calculé par foyer,
-
la réduction d'impôt pour les assurances vie,
-
la réduction d'impôt pour les dépenses de ravalement,
-
la réduction d'impôt pour l'emploi d'un salarié à
domicile (45.000 F),
-
les intérêts d'emprunts à la consommation.
-
les injustices du quotient familial. Du fait de l'application du quotient
familial, l'enfant à charge ne donne pas droit au même avantage
en impôt comme le montre le tableau suivant (impôt 1996):
| Revenus imposable |
Impôt marié 2 parts |
Impôt marié 3 parts |
Avantage en impôt procuré par 1/2 parts |
| 108.500 |
7.059 |
3.325 |
1.867 |
| 150.000 |
17.019 |
7.683 |
4.668 |
| 200.000 |
31.059 |
19.529 |
5.765 |
| 300.000 |
65.343 |
46.588 |
9.377 |
| 500.000 |
152.891 |
120.581 |
16.200 |
Plus la famille est riche, plus l'enfant lui fait économiser
de l'impôt, et ce jusqu'à dix fois plus que celui d'une famille
qui gagne cinq fois moins ! Cette inégalité a été
aggravée par la réforme du barème de 1993, car auparavant
le rapport était de 6 au lieu de 10.
-
Taxation favorable des revenus du capital :
cf. Chapitre "fiscalité du patrimoine"
-
des mesures qui permettent d'échapper à l'impôt :
Un nombre important de déductions et de réductions permettent
à de nombreux contribuables d'échapper à l'impôt.
A l'origine en 1959, il y avait peu de déductions et de réductions
d'impôt. Les déductions "incitatives" apparaîssent en
1974 avec les déductions pour économie de chauffage et d'énergie.
Les années suivantes ont vu leur nombre augmenter et en 1983 apparaissent
les premières réductions d'impôt. En fait ce sont des
déductions qui sont transformées en réductions d'impôt.
Et le phénomène va s'accélérer.
Aujourd'hui (revenus de 1996), il existe les déductions et les
réductions d'impôt suivantes. Entre parenthèses figure
la dépense fiscale correspondante évaluée pour 1996
en millions de F.
| Déductions |
Réductions d'impôt |
| détaxation du revenu investi en actions |
dons (1.600) |
| pensions alimentaires |
frais de garde des jeunes enfants (1.050) |
| avantages en nature consentis à des personnes âgées
de plus de 75 ans |
dépenses nécessitées par l'hébergement
dans un établissement de long séjour (180) |
| arrérages de rentes |
dépenses effectuées pour l'emploi d'un salarié
à domicile (6.100) |
| charges afférentes aux immeubles historiques et assimilés
( 25 ) |
frais de scolarisation des enfants à charge.(2.750) |
| cotisations de sécurité sociale et assimilées |
cotisations syndicales (240) |
| versements effectués en vue de la retraite mutualiste du combattant |
intérêts d'emprunts et dépenses de ravalement (7.700) |
| souscription de parts de copropriété de navires de commerce |
grosses réparations, isolation thermique (3.000) |
| souscriptions au capital de sociétés nouvelles ou de
sociétés en difficulté |
assurance-vie (6.200) |
| acquisition de parts de copropriété de navires neufs |
adhérent de Centres de Gestion ou d'Associations agréés.(220) |
| Financement en capital d'oeuvres cinématographiques ou audiovisuelles
(135) |
intérêts des prêts à la consommation |
|
fonds salariaux (10) |
|
investissements immobiliers locatifs (1.400) |
|
investissements réalisés dans les DOM (450) |
|
souscription en numéraire au capital de sociétés
non cotées (330) |
|
participation des salariés au rachat de leur entreprise |
|
formation du chef d'entreprise individuelle ou du conjoint collaborateur
(2) |
Généralement ces dispositifs profitent à peu de
contribuables dans la mesure où ils nécessitent une mise
de fonds importante. Le rapport Ducamin souligne que les dispositifs incitatifs
mis en place sont nombreux, que leur coût budgétaire est en
constante augmentation, qu'ils comportent des effets pervers et sont peu
efficaces.
Pour les revenus de 1993, le montant total des charges ouvrant droit
à déduction déclarées est de 300 Milliards
de F.
La Cour des Comptes note qu'en 1995 les réductions augmentent
fortement : elles atteignent 26 Milliards de F pour les foyers imposables
et 3 Milliards pour les non imposables. Prenons l'exemple des SOFICA qui
avaient été d'ailleurs dénoncé dans le rapport
précité. Entre 1985 (date de leur création) et 1994,
39 SOFICA ont été créées dont 5 en 1994. Elles
ont collecté sur la période 2,4 Milliards de F.
| Millions de F |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
| Capitaux recueillis |
259 |
299 |
231 |
- |
| Dépenses fiscales |
97 |
125 |
143 |
112 |
| Sce Minist. Economie |
En 1994, 2.521 contribuables ont participé aux SOFICA, pour une
participation unitaire moyenne de 43.633 F.
La ventilation des contribuables souscripteurs de parts de SOFICA par
tranches de revenus est la suivante :
| Revenus |
Nombre |
| Moins de 100.000 F |
26 |
| de 100.000 à 200.000 F |
318 |
| de 300.000 F à 400.000 F |
186 |
| de 400.000 F à 1.000.000 F |
1.160 |
| Plus de 1.000.000 F |
595 |
| Sce Ministère de l'Eco et des Finances |
Le constat est clair, ce régime concerne majoritairement les
contribuables les plus riches. La Commission des Finances de l'Assemblée
Nationale note que " La faiblesse des capitaux drainés et le
nombre très limité de souscripteurs rapportés au coût
pour les finances publiques s'apparentent quelque peu à un luxe
: on peut raisonnablement se demander si le budget de l'Etat peut encore
le financer dans la conjoncture budgétaire actuelle ". Elle
précise que "la disparition de ce régime fiscal confidentiel
ne devrait pas bouleverser l'équilibre économique du cinéma
de France. Quand aux souscripteurs, leurs niveaux de revenus moyens semblent
leur permettre de s'orienter vers des placements tout aussi rémunérateurs,
sans perdre pour autant leur intérêt pour le cinéma
français ."
Malgré ces constats, d'autres mesures favorables aux hauts revenus
ont été mises en place en 1996 : les quirats de navire notamment.
Ces nombreuses dispositions permettent aux hauts revenus d'échapper
à la tranche marginale maximale et souvent d'échapper à
toute imposition. Le tableau ci-dessous démontre que des contribuables
très riches ne sont pas imposables :
| Tranches de revenu imposable |
1991 |
1992 |
1994 |
94/91 |
|
Nombre |
Nombre |
Nombre |
% |
| 150.000/200.000 |
17.610 |
22.312 |
34.145 |
93,90 |
| 200.000/300.000 |
2.696 |
3.546 |
8.165 |
179,05 |
| 300.000/400.000 |
89 |
120 |
418 |
369,66 |
| 400.000/1.000.000 |
22 |
31 |
97 |
340,91 |
| >1.000.000 |
4 |
2 |
10 |
150,0 |
| Total |
20.651 |
26.011 |
42.385 |
107,42 |
Est il normal qu'il y ait 10 foyers percevant plus d'un million de revenu
imposable qui ne soient pas imposables ?
Le SNUI avait fait en 1996 une simulation démontrant qu'un couple
avec trois enfants disposant de 870.210 F de revenu au titre de l'année
1995 pouvait ne payer aucun impôt en pratiquant une optimisation
fiscale tant sur ces déductions que sur ses réductions d'impôt.
Une question doit être posées : les riches paient-ils de
l'impôt en France ?
En revanche, les mesures qui profitaient au plus grand nombre ont été
supprimées. L'assurance vie présentait, par exemple, trois
avantages fiscaux : une réduction d'impôt plafonnée,
une exonération des produits financiers, une exonération
des droits de succession. Ce qui intéresse les hauts revenus ce
n'est pas la réduction d'impôt mais l'exonération des
produits et des droits de succession : ces dispositions là n'ont
pas été supprimées, seule la réduction d'impôt
l'a été...
Tous ces constats devraient être pris en compte dans le cadre
de toute tentative de réforme digne de ce nom et respectueuse de
la justice fiscale.
Pour le SNUI toute réforme qui ne viserait pas à réformer
globalement le système fiscal français en redonnant plus
de poids à la fiscalité directe et progressive, au moyen
notamment de l'impôt sur le revenu ne saurait être une réforme
servant la justice sociale.
III- La Contribution Sociale Généralisée
et la Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale .
Les contributions sociales ont pris au cours des ces quatre dernières
années une importance indéniable tant au niveau de la pression
fiscale qu'au niveau des sommes collectées. La CSG et la CRDS représentent
en 1996 38% de l'impôt sur le revenu, alors que la CSG représentait
en 1992 : 13% de l'impôt sur le revenu.
La CSG a été augmentée à deux reprises :
-
le 1er Juillet 1993 son taux est passé de 1,1% à 2,4%. La
loi de finances rectificative instituant cette augmentation avait prévu
sa déductibilité partielle qui a été abandonnée.
-
ce taux est relevé à compter du 1er janvier 1997 de 2,4 à
3,4% et la fraction de la contribution correspondant à cette majoration
est déductible de l'impôt sur le revenu. L'assiette de la
CSG a également été élargie afin de s'aligner
sur celle de la CRDS
La CRDS a été instituée à compter du 1er Février
1996 au taux de 0,5% sur une assiette plus large que celle de la CSG.
La CSG ne touchait à l'origine que trois catégorie de
revenus :
-
les revenus d'activité,
-
les revenus de remplacement,
-
les revenus du capital.
En 1993, l'assiette de la CSG se répartissait de la manière
suivante :
| Sce Conseil des Impôts |
Revenus des ménages |
Assiette de la CSG |
| en Milliards de F |
en % |
en Milliards de F |
en % |
| Revenus d'activité |
3.107,4 |
61,8 |
2.706,9 |
74,8 |
| Revenus de remplacement |
1.353,8 |
27,0 |
641,4 |
18,0 |
| Revenus de la propriété |
558,2 |
11,2 |
245,7 |
7,2 |
Le Conseil des Impôts notait que la CSG opérait sur les
revenus d'activité en 1993, une ponction 1,8 fois plus importante
que celle sur les revenus de remplacement et 1,9 fois plus importante que
celle sur les revenus du patrimoine.
La réforme de 1997 a eu pour effet d'élargir l'assiette
de la CSG des revenus de la propriété, elle s'applique dorénavant
sur les revenus avant abattement, les contribuables dont la cotisation
d'impôt est inférieure au seuil de recouvrement sont redevables
de la CSG sur leurs revenus patrimoniaux. Enfin, en ce qui concerne les
produits de placement, la CSG est étendue à ceux qui sont
exonérés d'impôt sur le revenu (sauf Livrets A, CODEVI,
LEP et livrets jeunes).
La CRDS, elle, est composée en fait de six contributions distinctes
:
-
revenus d'activité et de remplacement,
-
revenus du patrimoine,
-
produits de placements à revenu fixe soumis au prélèvement
libératoire de l'impôt sur le revenu,
-
revenus de l'épargne exonérés d'impôt sur le
revenu,
-
les ventes de métaux précieux, bijoux, objets d'art, de collection
et d'antiquité,
-
une fraction des sommes misées sur les jeux de la Française
des jeux et une fraction du produit brut des jeux réalisés
dans les casinos.
Dans son 14ème Rapport consacré à cette contribution,
le Conseil des Impôts précisait que la mise en place de la
CSG avait modifié la répartition de la charge des prélèvements
sur les ménages. Ce constat est encore plus vrai aujourd'hui, avec
la création de la CRDS.
Le Conseil des Impôts précisait également que l'impact
de la CSG était difficile à mesurer pour trois raisons :
-
l'effet ne peut être que faible étant donné le poids
de la CSG dans l'ensemble. Cette assertion est moins vraie aujourd'hui,
vue l'importance que prennent la CSG et le CRDS. Leur poids devient de
plus en plus important pour les bas revenus.
-
il est difficile d'isoler le phénomène CSG dans la mesure
où d'autres mesures sont intervenues et qui ont des répercussions
importantes.
-
enfin et surtout la CSG fait l'objet de deux modes d'emploi successifs
: substitution dans un premier temps et rajout dans un second temps.
Le Conseil des impôts note que les impacts sont différents
selon que la CSG se substitue à des cotisations déjà
existantes ou qu'elle s'y rajoute.
En cas de substitution ( cas de 1991, cas de 1997) le transfert des
charges se fait des actifs vers les inactifs, des bas revenus vers les
hauts revenus (car le prélèvement substitué n'est
pas déductible). Cela semble plus juste.
En cas de hausse non compensée, (cas de 1993, création
de CRDS en 1996),le Conseil des impôts note que la ponction est plus
forte sur les revenus d'activité que sur les autres revenus et l'absence
d'effet progressif.
Dans le débat fiscal actuel, il est souvent fait référence
à la modernité de la fusée à deux étages
constituée par un prélèvement proportionnel (CSG)
sur une assiette très large et touchant de ce fait le maximum de
contribuables et l'impôt sur le revenu dont l'assiette est plus étroite
et le barème progressif. En fait de modernité, cette situation
était celle qui existait avant la réforme de l'impôt
sur le revenu de 1959 : une taxe proportionnelle sur les différentes
cédules de revenus (impôt cédulaire), et une surtaxe
progressive appréhendant les revenus au niveau du foyer fiscal,
tenant compte de la composition de celui-ci.
Le Conseil des Impôts ne se prononce pas sur la fusion CSG/IRPP.
Il constate seulement qu'il faut que ces deux prélèvements
qui ont des finalités différentes - "les cotisations sociales
gardent un rôle fondamental pour le financement des prestations qui
ne relèvent pas d'une logique de solidarité générale,
de même que l'impôt sur le revenu reste indispensable pour
assurer la progressivité" - ne se perturbent pas. Ainsi la CSG doit
rester non déductible. Cette déductibilité affecterait
l'effet progressif de l'Impôt sur le revenu et procurerait un avantage
d'autant plus important que le revenu est élevé et la famille
peu nombreuse. Sur le fait que la non déductibilité de la
CSG entraîne un sentiment de payer l'impôt sur l'impôt,
le Conseil des Impôts précise que "cette expression ne rend
pas compte de la situation puisqu'il s'agit plus exactement de deux impôts
prélevés sur une même assiette de même que, par
exemple, la TVA n'est pas déductible de l'impôt sur le revenu".
Pour le SNUI, la CSG ne doit pas se substituer à l'impôt
sur le revenu, car elle souffre d'être proportionnelle. L'élargissement
de son assiette au revenu du capital est une mesure de justice qui accroît
son caractère de prélèvement universel. Enfin l'extension
de la CSG aux revenus du capital devrait démontrer qu'il est possible
aussi de taxer ce type de revenu par le biais de l'Impôt sur le revenu.
IV- La TVA.
Comme nous l'avons vu ci-avant, la TVA est payée par les ménages
à concurrence de 71%. C'est un impôt indirect (basé
sur la consommation) et proportionnel.
Les principales mesures qui ont touché les ménages en
matière de TVA concernent les taux. Si l'augmentation de 10,75%
du taux de TVA le 1er Août 1995 vient immédiatement à
l'esprit (Gain 16,3 Milliards de F) la période a cependant connu
un certain nombre de changement de taux concernant certains produits ou
services.
Ainsi :
-
la loi de finances pour 1994 a étendu le bénéfice
du taux de 5,5% aux établissements hôteliers de la catégorie
"4 étoiles luxe",
-
les taux réduit s'applique à compter du 1/1/1995 aux produits
de l'horticulture et de la sylviculture n'ayant subi aucune transformation,
à compter du 1/1/1996 aux ascenseurs et matériels assimilés
conçus pour les handicapés, aux prestations exclusivement
liées à l'état de dépendance des personnes
âgées hébergées dans des maisons de retraite,
à la fourniture de logement dans les terrains de camping classés
(sous conditions), à compter du 1/1/1997 sur le bois de chauffage
à usage domestique,
-
le taux applicable aux abonnements relatifs aux livraisons d'électricité,
de gaz et d'énergie calorifique à usage domestique passe
de 5,5% à 18,6% à compter du 1/1/1995 (+2,3 Milliards de
F).
Toutes ces modifications sont en généralement faites dans
le cadre de l'harmonisation européenne.
Mais la mesure la plus importante demeure le passage du taux de TVA
de 18,6% à 20,6%, car le taux normal représente 91% du produit
total de la TVA et qu'un point d'augmentation de TVA représenterait
28,4 Milliards de F alors qu' 1 point de CSG = 38,2 Milliards de F et 1
point d'Impôt sur le revenu = 13,5 Milliards de F. Cette mesure a
touché directement et durement les ménages les plus modestes
car :
-
la TVA est un impôt proportionnel sur la consommation,
-
cet impôt est dégressif avec le revenu (cf. calculs ci-après),
-
les produits consommés par les ménages sont majoritairement
taxés au taux normal.
Le champ d'application du taux réduit et du taux normal est strictement
défini par le Code Général des Impôts.
Relèvent du taux réduit à 5,5 %
-
les produits suivants : l'eau, les produits destinés à l'alimentation
humaine (sauf les boissons alcooliques, la confiserie, les margarines et
les graisses végétales, certains chocolats, le caviar et
les ventes à consommer sur place) ; les appareillages et équipements
pour handicapés ; les produits d'origine agricole, de la pêche,
de la pisciculture et de l'aviculture ; les livres.
-
les prestations de services suivantes : les transports de voyageurs ; les
locations d'emplacements sur terrains de camping classés ; les repas
fournis dans les cantines d'entreprises ; les repas livrés dans
les hôpitaux et restaurants à vocation sociale ; les prestations
relatives à l'eau.
Les médicaments relèvent d'un taux réduit "spécial"
de 2,1% ou du taux réduit de 5,5% selon qu'il s'agit de médicaments
pris en charge ou non par la sécurité sociale.
Le taux réduit taxe les produits de première nécessité,
encore que l'on puisse se poser la question concernant les hôtels
quatre étoiles, mais ne sont compris dans cette acception que les
produits alimentaires, or s'il est nécessaire de s'alimenter pour
vivre, il faut pour mener une vie "normale" se vêtir, se meubler
et se laver et ces consommations-là sont taxées au taux normal.
-
La TVA frappe plus lourdement les consommateurs ayant de faibles revenus.
Le Conseil des Impôts, dans son 6° Rapport (1983) relatif à
la TVA, avait constaté que cette taxe est globalement dégressive
par rapport au revenu brut et qu'elle frappait les ménages en fonction
inverse de leur épargne. La légère progressivité
entraînée par la taxation d'achats de biens à des taux
différents ne suffit pas en général à corriger
l'effet de la réduction de la part taxée du revenu, et ce
d'autant plus que le taux majoré a été supprimé.
L'INSEE constatait en 1982 également que la TVA, si elle est
légèrement progressive par rapport à la dépense
de consommation, est bien dégressive par rapport au revenu. Ce que
montrent les calculs suivants du SNUI (basés sur la radioscopie
du budget des ménages en 1989 publiée par l'INSEE) effectués
en 1995.(Hypothèses retenues : répartition du revenu disponible
en fonction de la consommation moyenne des ménages, il a été
retenu un taux d'épargne de 14,20% sauf pour le SMIC, les salaires
de 8.000 et de 10.000 F).
|
SMIC |
8000 |
10.000 |
50.000 |
100.000 |
| 18,6 |
20,6 |
> |
18,6 |
20,6 |
> |
18,6 |
20,6 |
> |
18,6 |
20,6 |
> |
18,6 |
20,6 |
| TVA annuelle |
4.559 |
4.878 |
5.707 |
6.103 |
6.977 |
7.461 |
27.929 |
30.121 |
49.481 |
53.365 |
| dont TVA au taux normal |
3.549 |
3.866 |
4.442 |
4.838 |
5.431 |
5.915 |
24.591 |
26.783 |
43.568 |
47.451 |
| % TVA normale/TVA |
77,85 |
79,29 |
77,85 |
79,29 |
88,05 |
88,92 |
88,05 |
88,92 |
88,05 |
88,92 |
| %TVA/ revenu net |
8,01 |
8,57 |
7,47 |
7,99 |
7,32 |
7,82 |
5,71 |
6,16 |
4,81 |
5,19 |
Ce tableau montre que la TVA est dégressive par rapport au revenu
et qu'elle touche plus lourdement les bas revenus.
La situation d'un Rmiste (27.907 F de revenus par an en 1995) est la
suivante :
|
TVA |
|
|
18,6% |
20,6% |
| TVA totale acquittée |
2.292 F |
2.452 F |
| TVA totale acquittée |
2.292 F |
2.452 F |
| dont TVA au taux normal |
1.784 F |
1.944 F |
| %TVA taux normal / TVA totale> |
77,80 |
79,30 |
| % du revenu |
8,20 |
8,80 |
L'augmentation du taux normal de TVA a augmenté sa ponction fiscale
de 160 F/an.
La TVA annuelle payée représente 8,57% de son revenu
net, alors que celui qui perçoit 100.000 F bruts par mois ne consacre
que 5,19% de son revenu à la TVA.
L'augmentation de 2 points du TVA a donc touché durement
les plus modestes.
-
Un des taux de TVA parmi les plus élevés d'Europe .
Les taux en vigueur au sein de l'Union Européenne sont les suivants
(1/3/96):
|
Tx Zéro |
Tx Super Réduit |
Taux Réduit |
Taux Intermédiaire |
Taux Normal |
| Allemagne |
- |
- |
7% |
- |
15% |
| Autriche |
- |
- |
10% |
- |
20% |
| Belgique |
0% |
1% |
6% |
12% |
21% |
| Danemark |
0% |
- |
- |
- |
25% |
| Espagne |
- |
4% |
7% |
- |
16% |
| Finlande |
0% |
5% |
12% |
- |
22% |
| France |
- |
- |
5,5% |
- |
20,6% |
| Grèce |
- |
4% |
8% |
- |
18% |
| Irlande |
0% |
2,8% |
12,5% |
- |
21% |
| Italie |
- |
4% |
10% |
16% |
19% |
| Luxembourg |
- |
3% |
6% |
12% |
15% |
| Pays-Bas |
- |
- |
6% |
- |
17,5% |
| Portugal |
- |
- |
5% |
- |
17% |
| Royaume Uni |
0% |
- |
8% |
- |
17,5% |
| Suède |
0% |
- |
12% |
21% |
25%% |
Ce tableau fait apparaître que les pays limitrophes ont un taux
de TVA moins élevé que le notre. Seuls les pays scandinaves
ont des taux de TVA plus élevés, mais ils ont aussi un taux
"zéro".
Pour le SNUI l'augmentation du taux de TVA n'est pas une mesure juste
socialement et fiscalement car elle augmente le poids des impôts
indirects déjà élevés, elle défavorise
les bas revenus et elle est néfaste à la consommation, par
ailleurs une telle augmentation augure mal d'une éventuelle harmonisation
européenne des taux. La TVA est un impôt "indolore" dans la
mesure où il est inclus dans le prix de vente, trop souvent les
consommateurs n'ont pas conscience des montants de TVA qu'ils acquittent.
Une mesure simple et de transparence serait l'obligation de faire figurer
le montant de TVA acquittée sur chaque ticket de caisse. Enfin l'instauration
d'un taux zéro de TVA "sociale" sur les produits de première
nécessité, et une redéfinition de ces derniers, serait,
pour le SNUI une mesure favorisant la justice.
V- La Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers
:
Les produits pétroliers sont en France, frappés d'une taxe
de consommation très importante dénommée TIPP (Taxe
Intérieure sur les Produits Pétroliers) qui représente
selon les années la 3ème ou la 4ème recette fiscale
après la TVA, l'Impôt sur le revenu et l'Impôt
sur les sociétés.
Cette taxe a subi de nombreuses augmentations car elle est indolore,
et d'un bon rapport fiscal. Mais la fiscalité des carburants peut
avoir des effets pervers : le développement des diesels notamment
peut s'expliquer par les prix plus faibles du gazole car la TIPP est moins
importante sur ce carburant.
-
les augmentations de TIPP :
La TIPP sur les carburants a été augmentée de 28 F
par hectolitres et de 8,57% pour les autres produits pétroliers
le 12 juillet 1993.
Le 11 Janvier 1994, elle est augmentée de 2,30%, de 1,70 % en
1995, de 1,90% en 1996 .
En 1997, elle est augmentée de 2,10% sauf pour les carburants
: hausse de 7 F par hectolitres pour le super plombé et de 6F par
hectolitres pour les autres carburants.
Il faut noter que toute hausse de TIPP entraîne une hausse de
TVA, dans la mesure où l'assiette de cette dernière comprend
le prix du carburant plus le prix de la TIPP (+ 372 millions de F pour
l'augmentation de 1997).
-
évolution de la consommation :
| Milliers Hl |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996* |
1997* |
| Super plombé |
151.000 |
133.800 |
120.500 |
102.300 |
89.500 |
76.600 |
| Super sans Plomb |
77.500 |
90.400 |
100.900 |
103.200 |
109.500 |
115.300 |
| Essence |
1.500 |
400 |
59 |
0 |
0 |
0 |
| Gazole |
226.200 |
240.200 |
257.700 |
267.200 |
279.900 |
290.500 |
| Sce DGDDI - * Prévisions |
Entre 1992 et 1996 la consommation de gazole augmente de 23,7 % et celle
du super sans plomb de 41,3% mais il faut relativiser cette augmentation
par un transfert de consommation du plombé vers le sans plomb, la
consommation de super plombé a chuté dans la même période
de 40,7%.
-
structure du prix des carburants:
| F/Hl |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
11/1/97* |
| Super plombé |
| Px HT moyen |
116,92 |
107,67 |
103,73 |
103,60 |
120,97 |
121,00 |
| TIPP |
320,12 |
354,84 |
363,00 |
383,51 |
396,51 |
403,51 |
| Autres Taxes |
2,35 |
2,92 |
2,92 |
2,93 |
2,42 |
2,42 |
| TVA |
81,71 |
86,57 |
87,35 |
100,95 |
107,10 |
108,55 |
| Px de Vente à la pompe |
521,00 |
552,00 |
557,00 |
591,00 |
627,00 |
635,48 |
| Montant global des taxes en % |
77,62 |
80,49 |
81,38 |
82,47 |
80,71 |
80,96 |
| Sans Plomb 95 |
| Px HT moyen |
128,89 |
115,72 |
111,09 |
109,98 |
125,69 |
126,00 |
| TIPP |
283,40 |
318,12 |
329,50 |
357,23 |
370,23 |
376,23 |
| Autres Taxes |
2,35 |
2,92 |
2,92 |
2,93 |
2,42 |
2,42 |
| TVA |
77,16 |
81,24 |
82,49 |
96,85 |
102,66 |
103,96 |
| Px de Vente à la pompe |
492,00 |
518,00 |
526,00 |
567,00 |
601,00 |
608,61 |
| Montant global des taxes en % |
73,80 |
77,66 |
78,88 |
80,60 |
79,09 |
79,30 |
| Sans Plomb 98 |
| Px HT moyen |
137,32 |
128,37 |
116,15 |
113,30 |
130,66 |
131,00 |
| TIPP |
283,40 |
318,12 |
329,50 |
357,23 |
370,23 |
376,23 |
| Autres Taxes |
2,35 |
2,92 |
2,92 |
2,93 |
2,42 |
2,42 |
| TVA |
78,73 |
83,59 |
83,43 |
97,53 |
103,68 |
104,99 |
| Px de Vente à la pompe |
502,00 |
533,00 |
532,00 |
571,00 |
607,00 |
614,64 |
| Montant global des taxes en % |
72,65 |
75,92 |
78,17 |
80,16 |
78,47 |
78,69 |
| Gazole |
| Px HT moyen |
124,13 |
123,07 |
109,91 |
111,70 |
133,14 |
133,00 |
| TIPP |
167,34 |
202,06 |
210,22 |
213,79 |
226,79 |
232,79 |
| Autres Taxes |
1,11 |
2,02 |
2,02 |
2,03 |
2,42 |
2,42 |
| TVA |
54,42 |
60,85 |
59,75 |
67,47 |
74,65 |
75,85 |
| Px de Vente à la pompe |
347,00 |
388,00 |
381,00 |
395,00 |
437,00 |
444,07 |
| Montant global des taxes en % |
64,23 |
68,28 |
71,39 |
71,72 |
69,53 |
70,05 |
| Source : Commission des Finances Assemblée Nationale
- *prévisions |
Le super plombé a vu son prix HT moyen augmenter de 3,73% entre
1992 et 1996. Dans le même temps la TIPP a augmenté de 23,86
% et la TVA de 31,07%, ainsi le prix à la pompe a augmenté
de 20,34%. Le prix HT est multiplié par 5,18.
Pour le super sans plomb 95, le prix HT moyen a diminué de 2,48
% entre 1992 et 1996. La TIPP, elle a augmenté de 30,63% et la TVA
de 33,04%. Le prix à la pompe a augmenté de 22,14%. Le prix
HT est multiplié par 4,78.
Le prix moyen HT du sans plomb 98 a été augmenté
de 7,25% entre 1992 et 1996. La TIPP a augmenté de 30,63% et la
TVA de 31,7%. Le prix à la pompe a été augmenté
de 20,9%. Le prix HT est multiplié par 4,64.
Pour le gazole, le prix moyen HT a été augmenté
de 7,25% entre 1992 et 1996. La TIPP a augmenté de 35,52% et la
TVA de 37,17%. Le prix à la pompe a été augmenté
de 25,93%. Le prix HT est multiplié par 3,28.
| Charge fiscale en % |
Super plombé |
Super 95 |
Gazole |
| Belgique |
74,21 |
72,33 |
63,42 |
| Danemark |
- |
70,86 |
66,01 |
| Allemagne |
74,39 |
73,87 |
65,99 |
| Grèce |
72,03 |
68,35 |
65,94 |
| Espagne |
68,67 |
67,06 |
63,24 |
| France |
81,35 |
79,54 |
72,13 |
| Irlande |
66,42 |
66,04 |
61,50 |
| Italie |
74,78 |
72,95 |
69,74 |
| Luxembourg |
67,82 |
64,41 |
61,62 |
| Pays-Bas |
73,52 |
72,05 |
63,76 |
| Autriche |
- |
66,69 |
61,81 |
| Portugal |
74,04 |
72,30 |
62,97 |
| Finlande |
- |
74,24 |
62,51 |
| Suède |
- |
72,59 |
66,01 |
| Royaume Uni |
80,65 |
78,01 |
77,02 |
| Sce DGDDI |
Au niveau européen, c'est en France et au Royaume Uni que les
carburants sont le plus taxés. L'Irlande est le pays où le
super plombé et le gazole sont le moins taxés. C'est au Luxembourg
que le Super 95 est le moins taxé.
Impôt sur la consommation des carburants, la TIPP a les mêmes
effets que la TVA. Indolore pour le consommateur, car inclus, dans le prix
cet impôt comme la TVA a eu les faveurs des gouvernements successifs.
VI- La fiscalité directe locale.
Les ménages acquittent dans le cadre de la fiscalité directe
locale : la taxe d'habitation, la taxe foncière sur les propriétés
bâties et la taxe foncière sur les propriétés
non bâties.
Héritiers des "quatre vieilles" créées par l'Assemblée
constituante de 1790, les impôts locaux ont très mal vieillis.
C'est un système archaïque, injuste et mal compris des contribuables.
-
des impôts qui touchent un grand nombre de contribuables.
| Nombre de contribuables |
1993 |
1995 |
| Taxe d'Habitation |
27.228.936 |
27.782.594 |
| Taxe foncière propriétés bâties |
19.675.250 |
18.725.486 |
| Taxe foncière propriétés non bâties |
12.509.399 |
12.637.272 |
| Sce DGI |
-
des impôts mal compris et qui donnent lieu soit à du contentieux,
soit à des remises gracieuses.
Le contentieux de ces impôts est le suivant :
| Nbre d'affaires |
1993 |
1995 |
| Contentieux |
Gracieux |
Contentieux |
Gracieux |
| Taxes Foncières |
450.346 |
67.094 |
368.277 |
74.389 |
| Taxe d'habitation |
1.314.660 |
343.551 |
1.160.273 |
411.492 |
| Sce DGI |
Le nombre d'affaires est beaucoup plus important que pour la fiscalité
d'Etat. La situation en matière de gracieux Taxe d'habitation est
particulièrement préoccupante.
Le Comité du Contentieux Fiscal, Douanier et des Changes a consacré
une partie de son rapport annuel de 1995 à l'étude du gracieux.
Il note que le nombre de demandes de remise gracieuse ou de modération
a progressé de 13,5% par rapport à 1993 et que le nombre
de demandes de ce type représente 81% des demandes examinées
en matière d'impôts directs locaux et 49% de la totalité
des affaires traitées au cours de la même année.
Le Comité explique ce phénomène par plusieurs
facteurs :
-
il s'agit pour nombre de contribuables de la seule imposition dont ils
sont redevables et l'absence d'assujettissement à l'impôt
sur le revenu induit dans leur esprit l'exonération de la taxe d'habitation,
-
des situations d'habitude peuvent se créer ou se créent.
Les contribuables qui ont déjà obtenu dans le passé
une remise gracieuse renouvellent leur demande les années suivante,
-
les contribuables exclus du régime légal d'exonération
ou de dégrèvements tentent d'obtenir satisfaction sur le
terrain gracieux. Le Comité précise qu'ils y sont parfois
fortement incités par les élus locaux,
-
les listes d'indigents ne sont pas établies, et le Comité
note que les collectivités locales ne font pas diligence pour établir
de telles listes dans la mesure où le manque à gagner n'est
pas dans ce cas-là compensé par l'Etat,
-
la crise économique,
-
enfin, le Comité estime qu'il faut prendre en compte l'alourdissement
de la fiscalité locale depuis plusieurs années.(cf. tableau
€ 1)
Les 407.900 décisions de remise gracieuse rendues en 1994
ont donné lieu pour 71% des cas à des remises ou modérations.
Les allégements s'élèvent globalement à 393.709.415
F et le montant moyen de l'allégement s'établit à
1.352 .
-
une fiscalité dont les dispositions nouvelles ont été
peu nombreuses pendant la législature.
Les principales mesures prises sont :
-
la pérennisation de la majoration de 0,4% des taux du prélèvement
opéré au profit de l'Etat au titre des frais d'assiette et
de recouvrement des impôts directs locaux à compter de 1996.
Cette majoration avait été reconduite en 1994 et 1995.
-
les exonérations de taxes foncières sur les propriétés
bâties pour les Zones Franches Urbaines (ZFU)et
les logements sociaux à usage locatif.
-
les exonérations de la part départementale de taxe foncière
sur les propriétés non bâties agricoles.
Mais les mesures les plus importantes concernent la Taxe d'Habitation
:
-
le plafond d'impôt sur le revenu permettant de bénéficier
du plafonnement de la taxe d'habitation à 3,4% des revenus de l'année
précédente a été abaissé de 16.937 F
à 13.300 F pour les impositions de 1996, ce plafond n'est plus indexé.
Cette mesure a touché plus de 226.000 contribuables, pourtant elle
n'a pas donné lieu au même débat que la limitation
du plafonnement de l'ISF, qui elle, concerne au plus 1000 redevables...
Les seuils de déclenchement de ce plafonnement sont sensiblement
abaissés comme le montre le tableau suivant :
| Revenu salarial mensuel |
Célibataire |
Couple ss enfants |
Couple 2 enfants |
Couple 3 enfants |
| Plafond actualisé pour 1996 (17.242 F) |
11.600 |
16.400 |
20.680 |
24.910 |
| Plafond mis en place en 1996 |
10.300 |
14.620 |
18.850 |
23.080 |
| Sce Commission des Finances de l'Assemblée Nationale |
-
les effets de la réforme de l'impôt sur le revenu seront neutralisés
au regard des allégements de la TH et des taxes foncières.
La réforme de l'impôt sur le revenu au bout de cinq ans va
rendre non imposable un certain nombre de contribuables. Afin d'éviter
que cette situation interfère sur les impôts locaux le législateur
a décidé de baser les exonérations et allégements
sur, non plus la cotisation d'impôt sur le revenu, mais sur un revenu
de référence et ce à partir de 1997.
-
une fiscalité dont l'assiette est mal évaluée.
Les impôts locaux sont assis sur la valeur locative cadastrale.
Elle se définit à l'origine comme le revenu que pourrait
tirer un propriétaire de la location de son bien dans des conditions
normales. Elle est sensée représenter la valeur théorique
du prix de location d'un bien et elle n'a pas pour objet d'appréhender
le revenu global d'une personne ou de mesurer la capacité contributive
globale du redevable propriétaire ou occupant.
Cette assiette est coupée de toute réalité économique,
et elle a très mal vieilli. La dernière révision foncière
appliquée date de 1970 et de 1961 pour le non bâti, alors
que selon la loi une révision foncière devrait avoir lieu
tous les 6 ans.
Les valeurs locatives, faute de révisions, n'ont évolué
que sous l'effet de revalorisations forfaitaires et uniformes qui n'ont
fait qu'accentuer les distorsions de départ. Les valeurs locatives
sont plus élevées, généralement, pour les logements
de construction récente en habitat collectif de type HLM que pour
les logements anciens et de type individuel.
Pourtant une révision des évaluations cadastrales a eu
lieu en 1990. Cette révision a duré deux ans, elle a été
partielle, les résultats de cette révision devaient être
intégrés dans les rôles d'imposition de l'année
1993. Mais la révision a été suspendue. Les simulations
faites suite à cette révision indiquaient que des transferts
importants se feraient du logement social surévalué vers
les autres locaux d'habitation en matière de TH (diminution des
cotisations de TH de 30% pour les HLM).
Depuis, aucun Ministre n'a eu le courage d'intégrer les résultats
de cette révision. Tous les ans, le Ministre promet que l'an prochain
les résultats seront intégrés...
Pour le SNUI, la valeur vénale serait une bien meilleure assiette.
-
des problèmes qui sont la conséquence de la structure
des collectivités locales et des transferts liés à
la décentralisation.
Les problèmes de la fiscalité directe locale sont liés
également :
-
au nombre de collectivités territoriales : les taxes se calculent
au minimum avec 3 taux (régional, départemental et communal),
avec des disparités de taux d'autant plus grandes que le nombre
de collectivités est important . D'autant que c'est la France qui
a le plus grand nombre de communes : 36.000.
-
au transfert des missions de l'Etat vers les collectivités locales,
sans transfert équivalent des recettes,
-
un désengagement de l'Etat au niveau des dotations.
Cette fiscalité est profondément injuste, des contribuables
modestes ont souvent une taxe d'habitation plus importante à payer
que leur impôt sur le revenu. Ce système doit être réformé
- c'est l'enjeu- des prochaines années - pour être mieux accepté
par les contribuables et plus juste. Enfin la mesure d'abaissement du plafond
d'impôt sur le revenu pour limiter la TH a défavorisé
un certain nombre de contribuables modestes.
VII- Conclusion :
Lors de cette législature globalement, les ménages ont
pu constater une hausse de leur prélèvement (CSG, CRDS, TVA,
TIPP, Impôt locaux). La majorité de ces hausses concerne pour
partie des impôts indirects et toujours des impôts proportionnels
généralement dégressifs avec le revenu, ce sont donc
les plus modestes qui ont été les plus durement touchés.
Ceux-ci n'ont pas pu bénéficier des baisses globales
de l'impôt sur le revenu, car un foyer sur deux est exonéré
de ce prélèvement, et les baisses ont généralement
profité aux plus hauts revenus qui voient les taux marginaux diminuer
et leurs "niches fiscale" maintenues.
Chapitre 5 : La fiscalité des entreprises
Les entreprises sont soumises à l'impôt
sur le revenu lorsqu'il s'agit d'entreprises individuelles ( Bénéfices
Industriels et Commerciaux, Bénéfices Non Commerciaux et
Bénéfices Agricoles ), à l'impôt
sur les sociétés lorsqu'il s'agit de sociétés
de capitaux (Sociétés Anonymes, Sociétés à
Responsabilité Limitée). Elles sont également soumises
à la TVA et à la Taxe
Professionnelle. Le régime des Zones Franches
Urbaines sera étudié au chapitre "Régimes
Particuliers".
La charge fiscale supportée par les entreprises est plus faible
que celle subie par les ménages. Le tableau suivant ventile les
prélèvements obligatoires par catégorie d'agents.
| (en points de PIB) |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
| Ménages |
32,8 |
32,3 |
32,3 |
32,8 |
32,6 |
| Entreprises |
9,5 |
9,9 |
10,2 |
10,5 |
10,5 |
| Administrations |
1,5 |
1,6 |
1,6 |
1,6 |
1,6 |
| Total |
43,8 |
43,8 |
44,1 |
44,9 |
44,7 |
| Sce Commission des Finances de l'Assemblée Nationale |
Cette charge a légèrement progressé entre 1993
et 1996, cela est dû principalement à la surtaxe de l'Impôt
sur les sociétés.
Le nombre d'entreprises est le suivant pour 1993 et 1995 :
|
1993 |
1995 |
| Bénéfices Industriels et Commerciaux |
1.432.801 |
1.424.297 |
| Bénéfices Non Commerciaux |
535.260 |
550.636 |
| Bénéfices Agricoles |
832.824 |
788.970 |
| Sociétés redevables de l'IS |
902.575 |
940.134 |
| Total |
3.703.460 |
3.704.037 |
| Sce DGI |
Le nombre global d'entreprises progresse de 577 unités ( dans
la période visée, mais cette évolution recouvre des
évolutions différentes : baisse de BIC ( -8.504 soit -0,59%),
progression des BNC ( + 15.376 soit 2,87%), chute des BA ( - 43.854 soit
-5,26%) et progression des entreprises soumises à l'IS (+4,16).
I- Impôt sur le revenu (BIC/BNC/BA).
Les entrepreneurs individuels sont imposables à l'impôt sur
le revenu dans la catégorie des Bénéfices Industriels
et Commerciaux (BIC), des Bénéfices Non Commerciaux (BNC)
ou des Bénéfices Agricoles (BA).
-
des revenus qui ont un faible poids dans l'ensemble des revenus :
En nombre ces revenus représentent pour les revenus de 1993 :
-
Bénéfices Agricoles : 2,01% de l'ensemble des revenus
-
Bénéfices Industriels et Commerciaux : 2,39%
-
Bénéfices Non Commerciaux : 1,08 %
En montants de l'ensembles des revenus pour 1993 :
-
Bénéfices Agricoles : 1,20 % de l'ensemble des revenus
-
Bénéfices Industriels et Commerciaux: 3,57%
-
Bénéfices Non Commerciaux : 3,41 %
-
Une baisse des régimes forfaitaires :
| Nombre de forfaitaires |
1933 |
1995 |
| Bénéfices Agricoles |
605.382 |
555.239 |
| Bénéfices Industriels et Ciaux |
233.944 |
184.226 |
| Bénéfices Non Commerciaux |
79.456 |
58.723 |
| Sce DGI |
Les régimes forfaitaires sont en voie d'extinction, leur plafond
sont inchangés depuis de nombreuses années.
A noter que le forfait agricole a une dépense fiscale évaluée
à 1,9 Milliards de F en 1996.
-
les modifications intervenues entre 1993 et 1997
-
Bénéfices Agricoles : la déduction pour investissement
des exploitants agricoles a vu ses plafonds relevés. A compter du
1/1/1993, le taux de la déduction est porté à 30%
dans la limite de 45.000 F. En 1997, le montant de la déduction
pouvant être pratiquée est augmenté , le montant minimal
est porté de 10.000 F à 15.000 F, et le taux est relevé
de 30 à 35% du bénéfice dans la limite des 52.500
F (déduction possible). Le taux de la déduction complémentaire
(bénéfice compris entre 150.000 F et 500.000 F) sera porté
à 15% pour les revenus de 1998 et 20% pour ceux de 1999. La loi
Agricole a également apporté un certain nombre de modification
: l'abattement de 50% sur le bénéfice des jeunes agriculteurs
aidés soumis à un régime réel d'imposition
est reconduit pour quatre ans.
-
-
Modifications communes aux BIC et aux BNC :
-
les membres des professions non salariées non agricoles peuvent
déduire, sous certaines conditions, les cotisations d'assurance
vieillesse, de prévoyance complémentaire versées à
titre facultatif dans le cadre de régimes mis en place par les organismes
de Sécurité Sociale ou de contrats d'assurance groupe à
compter du 13 Février 1994. Dépense fiscale pour 1996 : 1,7
Milliard de F.
-
Pour les revenus de 1994, le plafond de la réduction d'impôt
pour frais de comptabilité et d'adhésion à un centre
de gestion ou association agréés est portée de 4.000
F à 6.000 F. Dès les revenus de 1996, l'abattement de 20%
pour les adhérents d'organismes agréés se pratique
dans les mêmes conditions que pour les salariés.
Le droit fiscal a donc a été assez stable pour ces
revenus.
II- Impôt sur les sociétés :
L'impôt sur les sociétés constitue selon les années
la 3ème ou la 4ème recette fiscale.
Son évolution est la suivante :
| millions de F |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
| Impôt sur les sociétés |
135.844 |
127.229 |
134.410 |
150.856 |
171.000 |
| Sce PLF 1997 |
Après avoir baissé en 1993, les recettes relatives à
cet impôt ont progressé à partir de 1994. Cette progression
a plusieurs explications selon la Cour des Comptes :
-
l'augmentation de 1994 est largement imputable au nouveau régime
de France Télécom depuis le 1/1/1994 , les acomptes versés
par cette entreprise s'élèvent à 7,6 Milliards de
F. Sans cette mesure le produit de l'IS aurait diminué.
-
en 1995, l'augmentation est due à l'application de la surtaxe de
10% qui a généré un produit supplémentaire
de 10,4 Milliards de F. Sans cette surtaxe l'augmentation n'aurait été
que de 1,9%.
L'évolution du taux de marge et du taux d'épargne des
entreprises est le suivant depuis 1992.
|
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
| Taux de marge |
30,3 |
30,2 |
30,5 |
30,7 |
| Taux d'épargne |
16,2 |
16,6 |
17,8 |
18,1 |
| Sce CNC Rapport 1995 |
En 1981 ces taux étaient respectivement de 22,4% et de 8,2%.
Il semble que la baisse de l'IS de 1986 à 1993 ait été
favorable au taux de marge et au taux d'épargne des entreprises.
Cette baisse a-t-elle été favorable à l'emploi ?
Les principales mesures prises entre 1993 et 1997 se situent à
trois niveaux :
-
au niveau des taux,
-
dans le cadre des aides à l'emploi et à l'investissement,
-
dans la cadre du régime fiscal des groupes.
Le 13° Rapport du Conseil des Impôts soulignait en 1994
que le régime fiscal des entreprises était bien adapté.
D'ailleurs, les revendications des entreprises en matière de fiscalité
ne concernent plus l'impôt sur les bénéfices mais les
droits de succession et la taxe professionnelle.
Le taux de l'IS est resté inchangé de 1993 à 1995,
date laquelle est appliquée une surtaxe de 10% ( le taux réel
d'imposition est donc de 36,6%). La France, reste sur ce plan encore concurrentielle
parmi les pays industrialisés puisque la situation est la suivante
chez nos concurrents en 1996 :
-
Allemagne
: 30% si le bénéfice est distribué (+ une majoration
"exceptionnelle de 7,5%). 45% si le bénéfice n'est pas distribué,
-
Autriche
: 34% et 22% pour les sociétés de financement de PME
-
Belgique : 39% si le bénéfice est supérieur à
13 Millions de Francs Belges et de 28% à 39% si le bénéfice
est inférieur à 13 Millions de Francs Belges (+ une majoration
"conjoncturelle" égale à 3% du montant de l'impôt)
-
Danemark : 34%
-
Espagne : 35%
-
Finlande : 28%
-
Grèce : 35%
-
Irlande : 30% si bénéfice < à 50.000 £,
38% si bénéfice supérieur. 10% pour les sociétés
industrielles, de services informatiques, financiers ou d'exportation de
biens produits en Irlande.
-
Italie : 53,20% en général
-
Luxembourg : 33% si bénéfice > 1,312 Millions de F Lux.
Taux progressifs de 20 à 33% si bénéfice < 1,312
Millions de F Lux. Plus une surtaxe de 4% de l'impôt.
-
Pays-Bas : 37% si bénéfice < 100.000 FL et 35% si supérieur
à 100.000 FL
-
Portugal : 39,6% en général
-
Royaume Uni : 33% si bénéfice est supérieur à
1.500.000 £, 24% si inférieur à 300.000 £. Le
taux est progressif de 24 à 33% entre 300.000 £ et 1.500.000
£.
-
Suède : 28%
-
Etats-Unis : Taux progressifs de 15% jusqu'à 50.000 $, 25% de
50.000 à 75.000 $, 34% de 75.000 à 10 Millions de $, 35%
au-delà de 10 Millions de $.
-
Japon : 37,5%
Un certain nombre de pays appliquent les majorations conjoncturelles et
des barèmes en fonction du chiffre d'affaires.
La France a mis en place à compter du 1er Janvier 1996 un taux
de 19% pour les PME renforçant leurs fonds propres. Le chiffre d'affaires
doit être inférieur à 50 millions de F et le capital
entièrement libéré doit être détenu pour
75% au moins par des personnes physiques. Ce taux de 19% s'applique aux
bénéfices incorporés au capital plafonnés à
25% du résultat comptable dans la limite de 200.000 F. Les entreprises
qui bénéficieront de ce dispositif devront l'appliquer sur
trois exercices bénéficiaires consécutifs.
Le coût de cette mesure est évalué par le Gouvernement
à 2,1 Milliards de F et concernerait une très grande majorité
d'entreprise puisqu'elles sont 90% à réaliser un chiffre
d'affaires inférieur à 50 millions de F. Cependant, la Commission
des Finances de l'Assemblée Nationale, note que "l'estimation
présentée par le Gouvernement comporte trop d'éléments
aléatoires pour constituer une référence absolument
certaine, mais ce caractère aléatoire est inévitable
compte tenu du nombre et de la complexité des paramètres
agissant sur le coût de la mesure proposée. " Les PME
ont également bénéficié à deux reprises
des relèvements des seuils d'imposition au régime simplifié.
Le SNUI note que la baisse de l'IS n'a eu aucune conséquence
sur l'emploi dans la mesure où les entreprises en difficulté
étant généralement déficitaires, une telle
mesure est neutre pour elles.
-
dans le cadre des aides à l'emploi et à l'investissement
:
Les régime du crédit d'impôt formation, des dépenses
d'apprentissage, et de provision pour prêt d'installation des salariés
(essaimage) ont été aménagés, de même
que le régime des provisions pour implantation à l'étranger.
Le crédit recherche a été modifié par la
loi Territoire, les taux de prise en compte des dépenses de personnel
seront différents selon que les chercheurs sont en Ile de France
ou dans des zones d'aménagement du territoire. Il est à noter
que le crédit d'impôt recherche à un coût budgétaire
qui est passé de 2,5 Milliards de F en 1995 à 4 Milliards,
l'efficacité économique de ce dispositif reste à démontrer,
d'autant que ces crédits sont difficilement contrôlables et
source de fraudes.
Enfin un certain nombre d'amortissements exceptionnels ont été
reconduits.
-
Amélioration du régime des groupes :
Le régime fiscal des groupes s'est amélioré.
Le législateur avait institué en 1988 le régime de
l'intégration fiscale. Ce régime permet à une société
mère de se constituer seule redevable de l'IS, à raison du
résultat d'ensemble réalisé par le groupe qu'elle
forme avec les sociétés dont elle détient, directement
ou indirectement 95% au moins du capital. Ce régime a connu une
forte croissance et le Conseil des Impôts estime que ce régime
a eu des effets positifs considérables.
Les dispositions fiscales de ce régime évoluent au fur
et à mesure que les problèmes sont soulevés.
Ainsi ont été supprimés un certain nombre d'inconvénients
affectant la société mère, notamment lors d'absorption
de celle-ci. De même les règles d'imputations de déficits
et les divers transferts intra-groupe ont fait l'objet de modifications.
Le régime fiscal des entreprises a subi pendant la période
peu de modifications structurelles dans la mesure où ce système
a été singulièrement allégé et adapté
dans la période précédente. La conclusion du Conseil
des Impôts sur ce thème est révélatrice : les
mutations du capitalisme aux impératifs liés à la
mondialisation ont été grandement facilitées en France
par la transformation de la fiscalité des entreprises ces dernières
années.
Les dispositifs d'allégement de l'impôt ont démontré
leurs limites en matière de lutte contre le chômage.
III- La TVA :
En matière de TVA, les entreprises ont eu à connaître,
outre l'augmentation du taux normal de TVA de 2 points, la mise en place
de la TVA intra-communautaire et la suppression de la règle du décalage
d'un mois.
-
Mise en place de la TVA intra-communautaire :
A compter du 1er Janvier 1993, les frontières fiscales ont été
supprimées et le régime transitoire de TVA s'applique. Ce
régime transitoire est basé sur la taxation au pays d'arrivée.
Le principe en est simple, les livraisons intra-communautaires (anciennes
exportations) sont exonérées de TVA dans le pays de départ,
alors que les acquisitions intra-communautaires (anciennes importations)
sont taxables dans le pays d'arrivée, l'acheteur doit acquitter
la TVA. La situation se complique dès que des opérations
triangulaires entrent en jeu ou lorsqu'il s'agit de prestations de services.
Bien que des gardes fous aient été mis en place (recoupements
informatiques, coopération entre Etats membres), les possibilités
de fraude générées par ce système sont nombreuses,
que le SNUI a été l'un des seuls à dénoncer
(Cf. Chapitre "Contrôle Fiscal"). Pourtant
même l'inventeur de la TVA, M. Laure est très critique quant
à ce système, pour lui " les caractéristiques du fonctionnement
de la TVA ont été méconnues par les négociateurs
de l'acte unique, ils ont cru pouvoir traiter ce problème technique
comme s'il était politique", la TVA, en effet, n'est pas un impôt
localisable et c'est un impôt de consommation. Ce qui pose d'ailleurs
des problèmes pour passer au régime définitif. Ce
régime sera basé sur le pays de départ, c'est-à-dire
que les livraisons seront taxées au taux de TVA du pays de départ,
car comment reverser la TVA au pays de consommation ? Cela nécessite
aussi une harmonisation des taux qui est loin d'être réalisée
actuellement. Le passage au régime définitif aurait du se
faire le 1er Janvier 1997, mais il est repoussé sine die pour le
moment. Pourtant M. Monti, nouveau Commissaire Européen, est favorable
à un passage rapide au système définitif.
De nombreuses mesures prises en matière de TVA le sont dans
le cadre des directives européennes.
Ainsi la première directive de simplification de la TVA a été
transposée dans la loi de finances rectificative de 1993, notamment
ce qui concerne les opérations triangulaires.
La deuxième directive de simplification a été
transposée dans la loi de finances rectificative de 1995 (unification
des régimes applicables aux opérations sur biens meubles
corporels, adaptation de la territorialité en cas de prestations
de services, modification de la procédure des bordereaux de vente,
réforme de l'entrepôt fiscal).
La 7ème directive relative au régime particulier applicable
aux biens d'occasion, oeuvres d'art, objets de collection ou d'antiquité
a été transposée.
-
suppression de la règle du décalage d'un mois :
La règle dite "du décalage d'un mois", qui aurait du être
supprimée à terme pour des raisons d'harmonisation européenne,
a été supprimée pour 10% de la TVA déductible
en janvier 1993 et définitivement supprimée à compter
du 1.07.1993.
Cette mesure était réclamée par le patronat français
comme un dû, les entreprises "avançant" de l'argent à
l'Etat. Il semble avoir oublié que :
-
c'est la loi qui détermine la date de paiement des impôts.
Lorsqu'ils paient leurs fournisseurs à 60 jours ou leurs salariés
en fin de mois, il y a aussi un décalage,
-
que la TVA est un impôt acquitté par le consommateur final,
les entreprises jouent le rôle de percepteurs,
-
que la règle du décalage d'un mois n'obérait la trésorerie
des entreprises que lorsque ces dernières encaissent moins de TVA
(ventes) qu'elles n'en décaissent (achats) et dans ce cas, en situation
de "crédit de TVA", elles peuvent se faire rembourser cette somme
par l'Etat.
Cette mesure de suppression de la règle du décalage d'un
mois a eu un coût de 100 Milliards de F. Quel impact a eu cette mesure
sur l'emploi ?
-
les autres mesures prises :
Un certain nombre d'opérations ont été exonérées
: commissions perçues lors de l'émission ou du placement
d'emprunts obligataires, les psychothérapeutes non médecins,
les établissements de soins titulaires de l'autorisation mentionnée
à l'art L 712-8 du Code de la santé publique, les organismes
privés de formation professionnelle reconnus, les soins dispensés
par les maisons de retraite.
Les pêcheurs professionnels en eau douce sont assujettis à
la TVA à compter du 1er janvier 1994.
Les limites d'application de la franchise en base sont relevées
à compter du 1er Janvier 1997.
IV- La Taxe Professionnelle :
Héritière de la patente, la Taxe Professionnelle est l'impôt
le plus critiqué. C'est celui aussi dont la réforme est toujours
annoncée et toujours repoussée.
IV-1 Les Chiffres :
Les montants collectés de TP sont les suivants :
| Millions de F |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
| Taxe Professionnelle |
140.146 |
152.216 |
159.035 |
166.907 |
| Sce DGI |
La TP a progressé de 19% entre 1992 et 1995. Elle représente
49,05 % des recettes fiscales des communes, 49,8% de celles des départements
et 53% de celles des régions.
Les sommes en jeu sont très importantes pour les collectivités
locales et pour les 2.907.000 redevables de cet impôt.
IV-2 Le constat :
Le Conseil des impôts a consacré son dernier rapport sur cette
taxe. Il constate :
-
que la TP est la principale imposition locale à la charge des entreprises
-
qu'un trop grand nombre d'activités sont exonérées
: 1.267.230 redevables en 1995 représentant 36 milliards de F de
bases nettes, elle n'a donc pas un caractère universel.
-
que son l'assiette obéit à des règles complexes et
sont très dynamiques. L'assiette est constituée à
49,20% de la valeur locative du matériel et de l'outillage et à
45,40% par les salaires. Cette assiette est donc constituée principalement
du capital et du travail.
-
que cette base est dynamique, puisqu'elle a cru de 57,5% en valeur entre
1988 et 1995, qu'elle dépasse ainsi celui du PIB marchand qui n'a
crû que de 31,7% en valeur dans le même temps. Et qu'une grande
partie des hausses de TP est due à cette croissance dynamique des
bases.
-
que les taux sont très disparates, de 1 à 6 toutes collectivités
confondues et de 1 à 44 pour les communes. A ce sujet, le bilan
des groupements à taxe professionnelle unique est positif.
-
que l'Etat est le premier contribuable de la TP : sur les 166.907 millions
de F de TP collectées en 1995, 53.525 (32%) sont à la charge
de l'Etat. Le mécanisme le plus coûteux est celui du dégrèvement
lié au plafonnement en fonction de la valeur ajoutée. Avec
ce système l'Etat prend en charge 50 % de toute augmentation d'un
point de TP.
-
qu'il n'y pas de corrélation entre richesse fiscale et pression
fiscale.
-
qu'elle n'induit aucune distorsion importante dans le choix des facteurs
de production.
Les pistes de réforme sont nombreuses et un certain nombre
d'experts en ont proposé:
-
la commission Ballayer avait proposé le maintien des liens entre
la taxe professionnelle et les autres impôts locaux, l'assujettissement
à la TP des agents économiques faisant acte de commerce,
de rechercher une intercommunalisation de la TP, une modification de l'assiette
basée sur la valeur ajoutée.
-
le 10ème rapport du Conseil des Impôts proposait lui, de supprimer
certaines exonérations dans un souci d'équité, d'asseoir
la taxe sur la valeur ajoutée.
-
le 15ème rapport du Conseil des Impôts fait également
un certain nombre de propositions. Ecartant la suppression de cette taxe
et celle de la part salariale, le Conseil des impôts ne retient ni
la valeur ajoutée ni l'excédent brut d'exploitation comme
assiette. Il faut appliquer tout d'abord de nouvelles valeurs locatives
cadastrales et mutualiser la taxe au plan national et l'assiette pourrait
prendre en compte les valeurs nettes comptables.
-
Le Gouvernement a nommé un comité d'expert chargé
de réfléchir à la réforme de la Taxe Professionnelle.
IV-3 Les mesures prises :
La majorité des mesures prises en quatre ans concernent le plafonnement
et les dégrèvements.
Le plafonnement en fonction de la valeur ajoutée, tout d'abord,
a fait l'objet d'une première limitation au titre de 1994, le dégrèvement
ne peut excéder 1 milliard de F. Limite qui est ramenée à
500 millions de F en 1995. Le taux de plafonnement est porté à
3,8% pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est compris entre
140 millions et 500 millions et à 4% pour celle dont le CA est supérieur
à 500 millions de F.
Une cotisation minimale est instituée pour les impositions de
1996, lorsque son CA est supérieur à 50 millions de F, l'entreprise
est redevable d'une cotisation au moins égale à 0,35% de
la valeur ajoutée qu'elles produisent. 1.137 entreprises devaient
être assujetties à cette nouvelle cotisation.
Les mesures relatives aux zones franches urbaines sont étudiées
dans le Chapitre "Fiscalités particulières".
Pour le SNUI, il est nécessaire de simplifier cet impôt
et de revoir le système des allégements, réduction
et plafonnement dont la liste ressemble à un catalogue à
la Prévert :
-
Réductions de la base d'imposition :
-
entreprises qui exercent une partie de leur activité en dehors du
territoire national,
-
réduction pour embauche et investissement,
-
écrêtement des bases d'imposition,
-
abattement de 16% applicable à la généralité
des entreprises,
-
Plafonnement des cotisations :
-
allégement transitoire
-
plafonnement en fonction de la valeur ajoutée
Quant à l'assiette, il est certain qu'il sera difficile
de trouver une assiette qui ne taxe ni le travail ni le capital dans la
mesure où ces facteurs de production sont nécessaires à
la création des richesses et à l'activité des entreprises.
La base doit être élargie à la fois à des professions
aujourd'hui exonérées. Plus qu'un taux national, un taux
départemental semblerait plus efficace.
Hormis l'instauration de la surtaxe de 10% sur l'Impôt sur
les sociétés, les entreprises n'ont pas subi une pression
fiscale accrue pendant la période de quatre ans qui vient de s'écouler.
Cette surtaxe est largement compensée par la suppression du décalage
d'un mois et son remboursement par l'Etat. Enfin la fiscalité des
entreprises françaises est compétitive par rapport aux autres
pays.
Chapitre 6 : La fiscalité du patrimoine, du capital
et de l'immobilier
La fiscalité du patrimoine, du capital et de l'immobilier concerne
l'Impôt de Solidarité sur la Fortune, les
droits d'enregistrements, les plus values, la taxation
des revenus fonciers et mobiliers.
Ces derniers sont appréhendés généralement
au niveau du revenu du foyer fiscal.
Le VIII° Rapport du Conseil des Impôts relatif à l'imposition
du capital recensait en 1986, onze impôts perçus sur le capital
en France :
-
les droits de mutation à titre gratuit (donations et successions),
-
l'impôt sur les grandes fortunes (aujourd'hui d'ISF),
-
la TVA immobilière,
-
l'impôt sur les opérations de bourse,
-
les taxes foncières (sur propriétés bâties et
non bâties)
-
l'imposition des plus values,
-
la taxe sur les véhicules à moteur,
-
la taxe sur les véhicules de société,
-
la redevance télévision,
-
la taxe sur les magnétoscope (aujourd'hui supprimée).
Ne seront étudiés dans ce chapitre que l'ISF,
les droits de mutation, l'imposition des plus values
et la taxation des revenus fonciers et mobiliers.
Les taxes foncières ont fait l'objet d'une étude dans la
Chapitre sur la fiscalité des ménages.
Le patrimoine des ménages s'établit à 21.759 Milliards
de F en 1994 et se décompose de la manière suivante :
| (Milliards de F courants) |
1994 |
1995 |
| Total des actifs non financiers |
13.248,20 |
13.573,3 |
| dont actifs fixes en logement |
10.729,30 |
11.091,20 |
| Total des actifs financiers |
12.275,50 |
12.865,40 |
| Total des Actifs |
25.523,70 |
26.438,70 |
| Passifs financiers |
3.668,70 |
3.772,40 |
| Valeur nette globale |
21.855,00 |
22.666,30 |
| Sce INSEE (Rapport sur les Comptes de la Nation) |
Cette valeur nette a été multipliée par 11 en 24
ans. Mais la répartition des richesses fait apparaître de
fortes inégalités. Les 10% des ménages les plus riches
détiennent plus de la moitié du patrimoine. Cette concentration
est plus forte globalement que celle des revenus.
I- L'Impôt de Solidarité sur la Fortune
:
Créé à compter du 1er Janvier 1989, l'Impôt
de Solidarité sur la Fortune n'a pas été supprimé
en 1993 ni en 1995. Il semblerait qu'il ait trouvé sa légitimité
du moins au sein de l'opinion publique. Dans la période récente
le débat a été relancé par l'application d'un
arrêt de la cour de cassation autorisant une décote de 20%
pour l'occupation de l'habitation principale et par l'affaire des délocalisations
de fortune suite à la limitation du plafonnement.
Il est certain que sitôt les élections législatives
passées la réforme de l'ISF sera à nouveau en débat.
I-1 Les chiffres :
|
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
| ISF en millions de F |
7.014 |
7.209 |
7.800 |
7.300 |
| Nombre de redevables |
157.666 |
163.125 |
170.184 |
174.571 |
| Patrimoine taxable (millions de F) |
1.589.000 |
1.649.000 |
1.825.000 |
1.845.000 |
| Sce DGI |
Malgré la crise le nombre de redevables augmente de +10,72%,
le patrimoine taxable augmente de +16,6%.
Le produit de l'ISF est en légère diminution, il convient
de noter cependant que la surtaxe de 10% s'est élevée à
709 millions de F au titre de l'ISF 1995 et qu'au total les recettes de
d'ISF 1995 sont de 8 Milliards de F. Le rendement de cet impôt est
fonction de l'évolution du marché boursier d'une part et
de l'évolution du marché immobilier d'autre part. Les chiffres
de 1994 s'expliquent par l'embellie boursière de fin 1993 et ceux
de 1995 par la morosité du marché immobilier.
Par rapport au PIB:
|
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
| PIB (millions de F) |
6.999.500 |
7.077.100 |
7.389.700 |
7.674.800 |
| ISF (en millions de F) |
7.014 |
7.209 |
7.800 |
8.000 |
| % |
0,10 |
0,10 |
0,10 |
0,10 |
| Sce DGI |
L'ISF ne représente que 0,10 du PIB. Il ne représente
en 1995 que 0,5% des recettes fiscales brutes.
Cet impôt est donc symbolique , ce au niveau global mais aussi
au niveau individuel. Pour 50 millions F de patrimoine taxable l'ISF ne
dépasse pas 1% de celui-ci.
I-2 L'évolution du barème :
Entre 1993 et 1997 le barème a évolué de la manière
suivante :
| Taux |
Barème 1993 |
Barème 1997 |
| 0% |
< 4.390.000 |
< 4.700.000 |
| 0,5% |
4.390.000 - 7.130.000 |
< 4.700.000 - 7.640.000 |
| 0,7% |
7.130.000 - 14.150.000 |
< 7.640.000 - 15.160.000 |
| 0,9% |
14.150.000 - 21.960.000 |
< 15.160.000 - 23.540.000 |
| 1,2% |
21.960.000 - 42.520.000 |
< 23.540.000 - 45.580.000 |
| 1,5% |
> à 42.520.000 |
> à 45.580.000 |
Le barème n'a subi aucune modification dans la période,
seule les tranches ont été réévaluées.
I-3 Répartition des redevables par tranches
:
Les développements qui suivent sont basés sur un nombre total
de redevables ISF inférieur à celui annoncé ci-avant.
Les chiffres qui suivent sont issus de l'exploitation informatique des
déclarations : les déclarations tardives, entachées
d'anomalies ou plus simplement illisibles ne sont pas traitées de
manière informatique et expliquent cet écart.
ISF 1993
Millions de F |
Nombre des redevables |
% |
Patrimoine imposable |
Produit de l'ISF |
|
|
Montants |
% |
Montants |
% |
| <7,13 |
82.041 |
51,02 |
466.265 |
28,67 |
507 |
7,48 |
| 7,13-14,15 |
58.649 |
36,47 |
556.922 |
33,76 |
1.746 |
25,76 |
| 14,15-21,96 |
11.707 |
7,28 |
201.337 |
12,21 |
1.039 |
15,33 |
| 21,96-42,52 |
5.960 |
3,71 |
172.635 |
10,47 |
1.238 |
18,27 |
| >42,52 |
2.455 |
1,53 |
252.260 |
15,29 |
2.247 |
33,16 |
| Total |
160.812 |
100,00 |
1.649.419 |
100,00 |
6.777 |
100,00 |
| Sce DGI |
ISF 1995
Millions de F |
Nombre des redevables |
% |
Patrimoine imposable |
Produit de l'ISF |
|
|
Montants |
% |
Montants |
% |
| <7,37 |
89.746 |
51,41 |
525.647 |
28,5 |
570 |
7,8 |
| 7,37-14,62 |
63.455 |
36,35 |
622.755 |
33,8 |
1.952 |
26,6 |
| 14,62-22,69 |
12.418 |
7,11 |
220.758 |
12,0 |
1.135 |
15,5 |
| 22,69-43,94 |
6.304 |
3,62 |
188.929 |
10,2 |
1.343 |
18,3 |
| >43,94 |
2.648 |
1,51 |
286.440 |
15,5 |
2.332 |
31,8 |
| Total |
174.571 |
100,00 |
1.844.529 |
100,00 |
7.332 |
100,00 |
| Sce DGI |
Plus de la moitié des redevables sont imposés dans la
1ère tranche. Les redevables imposés dans les deux dernières
tranches sont en augmentation mais leur pourcentage dans le nombre total
de redevables est en diminution. Ils déclarent le quart du patrimoine
imposable et paient la moitié de l'ISF.
I-4 Répartition des redevables par impôt
:
Cette concentration de l'ISF se démontre également grâce
au tableau suivant ISF 1995) :
Tranches de cotisations en F
Millions de F |
Nombre des redevables |
% |
Patrimoine imposable |
Produit de l'ISF |
|
|
Montants |
% |
Montants |
% |
| 0 |
2.267 |
1,30 |
39.386 |
2,1 |
0 |
0 |
| 1-5000 |
36.079 |
20,67 |
184.751 |
10,0 |
93 |
1,3 |
| 5.001-10.000 |
32.507 |
18,62 |
197.274 |
10,7 |
240 |
3,3 |
| 10.001-20.000 |
36.572 |
20,95 |
269.209 |
14,6 |
518 |
7,0 |
| 20.001-50.000 |
38.611 |
22,12 |
385.992 |
21,0 |
1.233 |
16,8 |
| 50.001-100.000 |
15.817 |
9,06 |
240.470 |
13,0 |
1.084 |
14,8 |
| 100.001-500.000 |
11.144 |
6,38 |
323.567 |
17,5 |
2.163 |
29,5 |
| 500.001-1.000.000 |
992 |
0,57 |
80.877 |
4,4 |
688 |
9,4 |
| >à 1.000.000 |
582 |
0,35 |
123.003 |
6,7 |
1.313 |
17,9 |
|
174.571 |
100,00 |
1.844.529 |
100,00 |
7.332 |
100,00 |
| Sce DGI |
Par rapport à l'ISF 1994, il y a 127 redevables de moins qui
paient plus de 1 million de F d'ISF.
83,66 % des redevables acquittent un impôt de moins de 50.000
F, ils détiennent 58,4% du patrimoine et paient 28,4% d'ISF alors
que 0,35% paient plus d'1 million de F d'impôt , soit 17,9% du montant
total de l'impôt, ils détiennent 6,7% du patrimoine imposable.
I-5 Répartition des bases en fonction du patrimoine
:
La répartition des bases en fonction du niveau du patrimoine est
la suivante pour 1995 :
| Eléments du patrimoine |
Montant du patrimoine imposable |
Ensemble des redevables |
% |
| de 4,53 à 6 millions de F |
% |
Plus de 35 millions de F |
% |
| Immeubles |
170.213 |
58,00 |
56.573 |
15,74 |
821.579 |
41,77 |
| Meubles |
121.758 |
41,48 |
302.790 |
84,25 |
1.140.635 |
58,00 |
| Forfait Mobilier |
1.509 |
0,52 |
64 |
0,01 |
4.674 |
0,23 |
| Total actif brut |
293.480 |
100 |
359.427 |
100 |
1.966.888 |
100 |
| Passif |
-19.840 |
|
-19.749 |
|
-122.359 |
|
| Actif net imposable |
274.150 |
|
339.678 |
|
1.844.529 |
|
| Sce Minist Eco |
La part des biens immobiliers est prépondérante pour les
petits patrimoines. Pour les fortunes les plus importantes plus de la moitié
du capital est composée de valeurs mobilières. La composition
du patrimoine est fonction de la taille de celui-ci.
Si pour les biens immobiliers le capital est composé à
54,34% d'autres immeubles que la résidence principale pour les patrimoines
de 4,53 à 6 millions de F, ce pourcentage s'élève
à 70,8% pour ceux dont le patrimoine est supérieur à
35 millions de F.
Pour les biens meubles 65,4 des biens meubles sont, pour les patrimoines
de 4,53 à 6 millions de F composés de valeurs mobilières,
ce pourcentage est de 77,75% pour les patrimoines supérieurs à
35 millions de F.
I-6 Le redevable type :
84% des redevables ne déclarent aucune personne à charge
et sont des retraités. Les redevables sont concentrés en
Ile de France qui représente 50,6% de l'effectif total des redevables
et assurent 60,3% du produit total de l'impôt.
I-7 Les mesures prises dans la période 1993-1994.
Très peu de mesures ont été prises en matière
d'ISF. Mais deux mesures sont d'importance :
-
le 13 Février 1996, la Cour de Cassation a admis la requête
d'un contribuable de l'ex-IGF qui avait appliqué une décote
à sa résidence principale afin de tenir compte de l'occupation
de celle-ci. L'administration a admis cette position et a indiqué
que les décotes inférieures à 20% de la valeur vénale
du bien libre ne seraient pas remises en cause.
-
L'art 6 de la loi de Finances pour 1996 a prévu une limitation des
plafonnements de l'ISF. Cette mesure étant l'objet de polémiques,
il est nécessaire de faire le point sur cette mesure.
Le VIIIème Rapport du Conseil des Impôt constatait qu'en "l'absence
de tout plafonnement, l'existence d'un taux maximum d'imposition élevé
peut dans certain cas conduire à acquitter une cotisation d'impôt
supérieure non seulement aux revenus du capital taxé, mais
également à la totalité des revenus de toute nature
perçus par le contribuable ". Le législateur de 1989
a, lors de l'instauration de l'ISF, décidé de plafonner la
cotisation d'ISF et d'impôt sur le revenu disponible. Ce plafonnement
était destiné avant tout à répondre aux critiques
du Conseil des Impôts et à protéger les petits redevables
imposables sur leur habitation principale fortement valorisée du
fait du boom immobilier. La cotisation d'ISF et d'impôt sur le revenu
est ainsi plafonnée à 85% du revenu net imposable à
l'impôt sur le revenu l'année précédente, le
plafonnement était de 70% lors de la création de l'ISF. Or
la fonction de justice à l'origine de ce plafonnement a été
détournée. Ce mécanisme profitait en priorité
aux plus riches comme le démontre ce tableau :
| Tranches |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
| Nombre |
% |
> |
Nombre |
% |
> |
Nombre |
% |
> |
Nombre |
% |
| 1ere Tranche |
228 |
14,75 |
248 |
13,05 |
268 |
13,89 |
274 |
14,41 |
| 2ème Tranche |
376 |
24,32 |
443 |
23,32 |
399 |
20,68 |
418 |
21,98 |
| 3ème Tranche |
218 |
14,10 |
213 |
11,21 |
211 |
10,94 |
239 |
12,57 |
| 4ème Tranche |
117 |
7,56 |
386 |
20,32 |
394 |
20,43 |
335 |
17,61 |
| 5ème Tranche |
607 |
39,26 |
610 |
32,11 |
657 |
34,06 |
636 |
33,44 |
| TOTAL |
1.546 |
100,00 |
1.900 |
100,00 |
1.929 |
100,00 |
1.902 |
100,00 |
| Sce Min. Budget |
Le plus grand nombre de redevables à avoir profité du
plafonnement était compris dans la dernière tranche et détenait
un patrimoine supérieur à 42,52 Millions de F. Sur quatre
ans la proportion de cette dernière tranche s'accroît alors
que le nombre de redevables imposés dans la première tranche
et pour qui normalement le plafonnement a été créé,
diminue. Les rapporteurs de la Commission des Finances de l'Assemblée
Nationale expliquaient ce phénomène pour deux raisons : d'une
part beaucoup de redevables plafonnés sont malgré un patrimoine
important, non imposables soit parce qu'ils perçoivent des revenus
de l'étranger, soit parce qu'ils optimisent des déficits
imputables et des moins values et d'autre part parce que pour certains
le patrimoine est tellement important que le plafonnement s'applique mécaniquement.
Les 33,4 % des redevables plafonnés sont imposés dans
la dernière tranche d'ISF, ils représentent plus du cinquième
des redevables imposés dans cette tranche alors qu'à l'opposé,
le plafonnement n'est appliqué que pour 0,33% des redevables de
la première tranche, alors que ce dispositif avait été
institué pour cette catégorie de redevables. Le tableau suivant
montre également que ce système était sans conteste
avantageux pour les plus riches.
| Tranches de patrimoine |
4,47 à 7,27 |
7,27 à 14,42 |
14,42 à 22,38 |
22,38 à 43,33 |
+ de 43,33 |
| Cotis moyenne ISF avant plafonnement (en F) |
6.100 |
36.150 |
95.160 |
247.960 |
2.167.550 |
| Cotis. moyenne ISF après plafonnement (en F) |
740 |
7.690 |
29.880 |
110.800 |
711.860 |
| Taux de réduction |
87,80 |
78,72 |
68,60 |
53,51 |
67,16 |
| % des redevables effaçant totalement l'ISF |
85,0 |
64,4 |
45,2 |
26,3 |
13,7 |
| Cotisation moyenne d'IR (en F) |
28.600 |
27.000 |
22.200 |
58.900 |
413.000 |
| Sce Commission des Finances Assemblée Nat. |
Ce tableau montre que 41% des redevables plafonnés ne paient
pas d'ISF dont 13% parmi les plus riches, et pour les autres le pourcentage
de réduction est élevé. Nous pouvons constater également
que l'impôt sur le revenu moyen peut paraître élevé
par rapport au patrimoine. Notons que le bénéfice de ce système
est favorisé pour les autres tranches par les possibilités
d'optimisations fiscales (défiscalisations) qui en réduisant
la cotisation d'IR permettent de faire jouer le plafonnement.
Pour le SNUI, il y avait là, matière à réforme
ou amélioration, car il n'était pas normal que ce système
profite aux plus riches ou à ceux qui peuvent défiscaliser
une partie de leur revenus. Ce système a donc été
réformé par la loi de finances 1996. La réduction
de la cotisation d'ISF résultant de l'application du plafonnement
est désormais limitée à : soit 50% du montant de cette
cotisation ; soit, s'il est supérieur à cette somme, au montant
de l'impôt correspondant à un patrimoine taxable égal
à la limite supérieure de la troisième tranche du
barème.
Lors de l'été 1996, une rumeur court : un certain nombre
de fortunes se sont délocalisées car certains redevables
paient plus d'ISF qu'ils ne perçoivent de revenus. Outre que ce
débat manque de pudeur, est-il normal que l'ISF "taxe le millionnaires
et exonère les milliardaires" selon l'expression d'un parlementaire
? Ces redevables sont-ils plafonnés sur leurs revenus réels
?
De toute manière le nombre desdits redevables ne peut être
que tout au plus d'une centaine.
Pour le SNUI, l'Impôt de Solidarité sur la Fortune
a sa place dans le système fiscal français. Cependant, l'assiette
de cet impôt devrait être élargie et comprendre au moins
les objets d'art, de collection et d'antiquité. Si l'exonération
des biens professionnels est toujours défendue pour des raisons
économiques, elle n'est pas plus pertinente que celle des oeuvres
d'art. Cette dernière ne se justifie pas, car les capitaux pour
échapper à la taxation sont incités à s'investir
dans ce type de biens stériles pour l'économie.
L'assiette de cet impôt pourrait aussi être élargie
par l'abaissement de l'abattement à la base (seuil d'imposition)
qui est un des plus élevés d'Europe.
II- Les droits de mutation :
Les droits de mutation comprennent principalement les droits de mutations
à titre onéreux et les droits de mutations à titre
gratuit (donations, successions).
Ces droits représentent pour l'Etat les montants suivants :
| Millions de F |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
| Mutations à titre onéreux |
3.990 |
3.169 |
3.086 |
3.076 |
| Créances , rentes |
1.259 |
1.030 |
967 |
1.073 |
| fonds de commerce |
2.662 |
2.098 |
2.082 |
1.988 |
| Meubles corporels |
51 |
22 |
6 |
4 |
| Immeubles |
18 |
19 |
32 |
11 |
| Mutations à titre gratuit |
28.509 |
28.014 |
29.745 |
27.896 |
| donations |
4.906 |
3.208 |
3.740 |
3.860 |
| successions |
23.603 |
24.806 |
26.005 |
24.036 |
| Sce DGI |
Les droits de mutation à titre gratuit sont en baisse de même
que les droits de mutations à titre onéreux.
En nombre les mutations à titre gratuit et onéreux ont
représenté :
|
1993 |
1995 |
| Mutations à titre onéreux |
1.252.394 |
1.223.527 |
| Cessions de fonds de commerce |
67.195 |
66.043 |
| Donations |
198.798 |
214.942 |
| Déclarations principales de successions imposables |
124.711 |
127.749 |
| Déclarations de mutation de jouissance |
5.926.155 |
5.968.183 |
| Actes de sociétés soumis au droit fixe |
126.136 |
255.719 |
| Sce DGI |
Le nombre des mutations à titre onéreux et les cessions
de fonds de commerce chute en 1995. En revanche, le nombre des donations
progresse.
Le Gouvernement dans le cadre de la loi portant Diverses Dispositions
d'Ordre Economique et Financier a été obligée de revoir
sa copie sur les transmissions d'entreprises (son premier projet d'abattement
de 50% sur les transmissions d'entreprises a été rejeté
par le Conseil Constitutionnel) et de généraliser à
toutes les donations la mesure prévue pour les seules entreprises.
Les plus riches, comme par hasard vont être avantagés.
Il convient de signaler que cette mesure est purement électoraliste
dans la mesure où le Gouvernement s'est basé sur le postulat
que "les droits de mutation sont beaucoup trop élevés et
que, prélevés sur les résultats de l'entreprise, ils
affectent d'autant sa pérennité. Cette contrainte fiscale
serait directement responsable d'un nombre important de défaillances
et de licenciements". Sur ce sujet le Conseil des Impôts est toujours
resté très prudent.
Le nouveau régime prévoit l'extension de la donation
partage aux enfants uniques, le relèvement du taux de réduction
des droits applicables aux donations partages ( de 25% à 35% si
le donataire a moins de 65 ans - 15 à 25 % si entre 65 et 75 ans)
aux donations simples : réduction de 15 ou de 25% selon l'âge
du donataire et mise en place d'un abattement de 100.000 F.
Le barème en ligne directe est le suivant :
| Taux |
Part nette taxable |
| % |
Ligne directe |
Epoux |
| 5 |
< à 50.000 F |
< à 50.000 F |
| 10 |
de 50.000 à 75.000 F |
de 50.000 F à 100.000 F |
| 15 |
de 75.000 F à 100.000 F |
de 100.000 F à 200.000 F |
| 20 |
de 100.000 F à 3.400.000 F |
de 200.000 F à 3.400.000 F |
| 30 |
de 3.400.000 à 5.600.000 F |
de 3.400.000 à 5.600.000 F |
| 35 |
de 5.600.000 F à 11.200.000 F |
de 5.600.000 F à 11.200.000 F |
| 40 |
> 11.200.000 F |
> 11.200.000 F |
Les donations-partages effectuées conformément à
l'article 1075 du Code civil bénéficiaient d'une réduction
de 25% (donateur de moins de 65 ans) ou de 15% (donataire de plus de 65
ans).
Le même barème s'applique en cas de succession, dans ce
cadre, l'abattement est de 100.000 F sur la part recueillie lorsque la
succession est faite entre frères et soeurs. Les successions ne
sont donc jamais frappées au premier franc et bénéficient
d'un abattement important.
Sous condition la première mutation à titre gratuit de
logements achetés neufs entre le 1er Août 1995 et le 31 Décembre
1995 est exonérée de droits de mutation. Cette exonération
est plafonnée à 300.000 F par part reçue par chacun
des donataires, héritiers ou légataires.
Pour la logements anciens acquis entre le 1er Août 1995 et le
31 décembre 1996 est exonérée à concurrence
des trois quart de leur valeur, exonération plafonnée à
300.000 F par part reçue par chacun des donataires, héritiers
ou légataires.
Les droits de mutation à titre onéreux ont aussi bénéficié
de quelques aménagements.
La première mutation d'immeubles acquis neufs entre le 1er Juin
1993 et le 31 Décembre 1994 et affectés à un usage
d'habitation principale pendant une durée minimale de cinq ans est
exonérée de droits de mutations, exonération limitée
à 300.000 F par part en cas de succession, don ou legs et à
600.000 F par immeuble en cas de vente.
Les droits de mutation à titre onéreux ont également
fait l'objet de modifications dans le cadre de l'aménagement du
territoire.
Le droit départemental d'enregistrement ou la taxe départementale
de publicité foncière ainsi que la taxe additionnelle régionale
sont réduits de 35% pour les mutations portant sur des immeubles
d'habitation lorsque l'acte est signé entre le 1er Juillet 1995
et le 1er Février 1997.
Le taux du droit budgétaire d'enregistrement applicable aux
mutations à titre onéreux de fonds de commerce est réduit
de 11,8% à 9% à compter du 1er Décembre 1995 pour
la fraction de la valeur taxable qui excéde 700.000 F.
III- Les plus values :
Les plus values représentent les sommes suivantes et sont comptabilisées
avec l'impôt sur le revenu :
| Millions de F |
1993 |
| Plus values à court terme |
263 |
| Plus values à long terme |
3.802 |
| Autres Plus values à tx proportionnel |
64.757 |
| Sce DGI |
Et les nombres suivants :
|
1993 |
| Plus values à court terme |
6.219 |
| Plus values à long terme |
48.713 |
| Autres Plus values à tx proportionnel |
284.615 |
| Sce DGI |
-
Les plus values immobilières :
Le taux de l'abattement a été relévé
de 3,33% à 5% pour les plus values réalisées à
compter du 26 Juin 1993.
Les plus values réalisées du 25 novembre 1993 au 31 décembre
1994 pouvaient être exonérées (montant de la cession
inférieur à 600.000 F pour un célibataire et 1.200.000
pour un couple marié) lorsque le produit de la cession était
investi, dans un délai de quatre mois, dans l'achat d'un immeuble
à usage d'habitation principale.
-
Les plus values mobilières :
Les plus values réalisées dans le cadre d'un transfert
réalisé entre le 23 Juin et 31 Décembre 1993, dans
un PEA de sommes investies dans des OPCVM peuvent être exonérées.
Le seuil d'imposition des plus values de cessions de titres d'OPCVM
est ramené de 100.000 F à 50.000 F à compter du 1er
Janvier 1995, il est supprimé à compter du 1er Janvier 1996.
Les gains nets retirés des cessions de titres d'OPCVM réalisées
du 1er Octobre 1993 au 30 Juin 1995 sont exonérés lorsqu'ils
sont réinvestis, dans les deux mois, dans l'acquisition d'un logement,
dans la réalisation de travaux, de grosses réparations.
Les plus values de cession de titres d'OPCVM réalisées
entre le 1er Octobre 1995 et le 30 Septembre 1996 peuvent être exonérées
si les produits de cette vente sont réinvestis dans l'acquisition
d'un véhicule automobile.
Le seuil de cessions de valeurs mobilières retenu pour l'imposition
des plus values est passé de 342.800 F en 1995 à 200.000
F pour 1996 et 100.000 F pour 1997.
IV- La fiscalité de l'épargne :
Le rapport Ducamin avait mis en évidence le fait que les revenus
de l'épargne étaient beaucoup moins taxés que ceux
du travail.
Il signalait que "pour un même niveau de rémunération
totale, le pourcentage de revenu disponible pour un salarié est
environ de dix points inférieur" et qu'une grande partie de l'épargne
échappait à tout prélèvement.
Les placements des ménages en encours sont les suivants :
| Milliards de F |
1992 |
1995 |
| Epargne liquide et négociable |
8.227,90 |
8.737,10 |
| dont OPCVM |
1.624,90 |
1.219,80 |
| dont placements à vue |
1.193,40 |
1.437,40 |
| Epargne stable à moyen et long terme |
2.030,10 |
3.491,60 |
| Sce CNC 1995 |
Une grande partie de l'épargne des ménages est constituée
d'épargne liquide, 68% des revenus de cette épargne sont
exonérés.
Un couple de trois enfants qui a placé 4.654.416 F de la manière
suivante :
|
Nombre |
Placement |
Total |
Tx intérêt |
Revenu |
| Livret A |
5 |
100.000 |
500.000 |
3,5% |
17.500 |
| CODEVI |
2 |
30.000 |
60.000 |
3,5% |
2.100 |
| PEL |
5 |
375.000 |
1.875.000 |
5,25% |
98.438 |
| CEL |
5 |
100.000 |
500.000 |
2,25% |
11.250 |
| PEA |
1 |
1.200.000 |
1.200.000 |
6,00% |
72.000 |
| Titres (actions Françaises) |
1 |
177.800 |
177.800 |
4,5% |
8.001 |
| Assurance-vie |
1 |
341.616 |
341.616 |
6,5% |
22.205 |
| Total |
|
|
4.654.416 |
|
231.494 |
percevra 231.494 F de revenus qui seront exonérés d'impôt
sur le revenu.
A la fin de 1994, 14.099.662 comptes titres étaient ouverts
à des personnes physiques pour un encours total de 1.976 Milliards
de F.
L'encours des portefeuilles de ménages est le suivant en pourcentage
:
|
1993 |
1994 |
| Actions |
19,8 |
20,2 |
| Obligations |
24,5 |
25,3 |
| OPCVM français |
53,1 |
50,6 |
| Autres |
2,6 |
3,2 |
| Total |
100,0 |
100,0 |
| Sce Banque de France |
46 % des comptes et 48,4% de leur valeur totale sont détenus
par des personnes non actives. La répartition des portefeuilles
fait apparaître une grande concentration des portefeuilles, 1,4%
des comptes sont supérieurs à 1 million de F et représentent
26,3% des encours en 1994.
La Commission des Finances de l'Assemblée Nationale notait dans
le cadre de la préparation de la loi de finances de 1996 que le
régime fiscal de l'épargne financière était
extrèmement favorable ( outre le fait que de nombreux produits d'épargne
sont exonérés d'impôt ) car :
-
une partie des revenus de l'épargne est soumise à un régime
de taxation privilégié,
-
les cessions de produits de l'épargne financière bénéficient
également du régime de faveur.
Devant ce constat les mesures concernant surtout les OPCVM, ( mesures énoncées
dans le € précédent), ont donc été prises
afin de remédier à cette situation.
-
Abattement de 8.000 F ou 16.000 F. Cet abattement a été modifié
plusieurs fois. A compter des revenus de 1994 il est étendu aux
intérêts des bons du Trésor, des bons de caisse, aux
intérêts des titres de créances négociables,
aux intérêts des comptes à terme dans des établissements
bancaires, aux plus values de cession d'OPCVM monétaires et obligataires
de capitalisation. Il est étendu à compter du 1er Août
1995 aux intérêts encaissés au titre des sommes portées
sur un compte bloqué d'associé et qui remplissent certaines
conditions. Cet abattement est réservé à compter des
revenus de 1996 aux dividendes d'actions, aux revenus des parts de SARL
ainsi qu'aux intérêts des sommes inscrites en comptes bloqués
d'associés
-
la limitation du champ d'application de la réduction d'impôt
accordée aux Assurances- vie.
Ces mesurettes ne rétabliront pas encore un équilibre complet
entre la taxation du travail et de l'épargne, la suppression de
la réduction d'impôt pour assurance vie par exemple n'aura
aucune incidence sur les gros portefeuilles dans la mesure où l'avantage
fiscal recherché n'est pas cette réduction d'impôt
mais la non imposition des revenus et l'exonération des droits de
succession.
Enfin l'avoir fiscal demeure toujours égal à 100%, ce
qui donne un avantage inconsidéré à l'actionnaire.
V- La fiscalité de l'immobilier:
Depuis 1993 et le plan logement de nombreuses mesures ont été
prises pour l'immobilier soit au niveau des réductions d'impôt
soit au niveau des revenus fonciers.
-
évolution de la déduction forfaitaire :
A compter des revenus de 1993, le taux de la réduction forfaitaire
applicable aux revenus fonciers est relevé de 8% à 10%, à
13% en 1995 et à 14% à compter des revenus de 1997.
-
location de logements vacants :
Les produits des deux premières années de location d'un logement
vacant depuis plus d'un an entre le 30 Juin 1994 et le 31 Décembre
1996 sont exonérés d'impôt sous conditions.
-
imputation des déficits fonciers :
A compter du 1er Janvier 1995 les déficits fonciers ruraux peuvent
s'imputer pendant 5 ans. Les déficits fonciers urbains constatés
en 1993 et 1994 peuvent être reportés pendant 9 ans.
Les déficits fonciers qui résultent des dépenses
déductibles payées à compter du 1er janvier 1995 sont
déductibles du revenu global dans la limite annuelle de 70.000 F.
Sous certaines conditions cette limite est portée à 100.000
F
-
Amortissement "Périssol" :
Les logements acquis neufs ou en état futur d'achèvement
entre le 1er janvier 1996 et le 31 Décembre 1998 peuvent faire l'objet
d'une déduction au titre de l'amortissement égale à
10% de leur prix d'acquisition pour les quatre premières années
et à 2% pour les vingt années suivantes. Cette mesure est
très avantageuse fiscalement pour les propriétaires.
Les conditions d'imputation sur le revenu global des déficits fonciers
provenant de travaux executés dans le cadre de la loi Malraux sont
assouplies. La durée d'engagement de location est ramenée
de 9 à 6 ans et les conditions relatives aux ressources des locataires
et au montant des loyers sont supprimées à compter du 1er
juillet 1993.
Comme dans les périodes précédentes, le secteur
de l'immobilier est celui où l'interventionnisme de l'Etat est le
plus fort.
Chapitre 7 : Les fiscalités particulières
Ce chapitre traitera des fiscalités particulières, à
savoir celles des DOM, de la Corse
et des zones à fiscalité privilègiée.
I- La fiscalité des DOM :
La loi Pons sur les défiscalisations a été réformée
par la loi de finances rectificative de 1993, l'octroi de mer a été
mis en conformité avec la législation européenne.
I-1 Loi Pons / défiscalisations :
Mise en place par la loi 86.824 du 11 Juillet 1986, la loi Pons prévoyait
des réductions d'impôt ou des déductions pour les investissements
réalisés dans des secteurs professionnels déterminés
des DOM-TOM.
-
1ere modification : loi de finances 1992. Cette modification fait
suite aux conclusions du rapport Richard (4 juillet 1991) qui a mis en
évidence un certain nombre d'effets pervers liés à
la défiscalisation.
-
2ème modification : loi de finances rectificative 1993. Le
Gouvernement Balladur s'empresse dès 1993 de supprimer les "garde
fous" mis en place précédemment. Il est vrai qu'on ne prête
qu'aux riches et que ce système est très attrayant pour les
hauts revenus !
-
Evolution des dispositions fiscales :
|
Loi de 1986 |
Loi de finances de 1992 |
Loi de finances rectificative de 1993 |
| Secteurs éligibles |
Industrie, pêche, hotellerie, tourisme, entreprises nouvelles
agriculture, BTP, transport, artisanat |
Idem+ maintenance production et diffusion audiovisuelles et cinématographiques |
Idem+ concession de service public, souscription au capital de sociétés
en difficulté |
| Réduction d'impôt Art 199 Undicies (particuliers) |
-Etalée sur 5 ans,
-50% de la base pour 86/84
-25% pour 90/96 |
idem |
50% pour 93/96 si logement sinon 25% |
| Réduction d'impôt (Art 238 bis HA- HC)(entreprises) |
Déduction intégrale de l'investissement |
Réduction : 75% si entreprise soumise à IRPP. 100% si
IS |
100% quelque soit le régime fiscal |
| Durée minimale de conservation du bien |
|
- 5 ans pour les biens mobiliers
- 9 ans pour les immeubles |
5 ans pour tous les biens ou durée normale si plus courte |
Les déductions prévues pour le secteur du logement locatif
intermédiaire s'appliquent aux acquisitions ou constructions de
logements neufs à usage locatif situés dans les DOM réalisées
à compter du 1er Avril 1996 par des entreprises soumises à
l'IS si certaines conditions sont réunies.
-
Le bilan de ces mesures est difficile à effectuer car les données
statistiques concernant la défiscalisation sont rares.
Le coût de ces mesures est difficile à évaluer. M.Sarkozy,
lors du débat sur la loi de finances rectificative de 1993, avait
répondu à un parlementaire qui lui posait la question que
"s'agissant d'un processus de défiscalisation, il est parfaitement
impossible de savoir combien ça coûtera. Mais que le pari
du Gouvernement, c'est que non seulement ça ne coûte pas cher,
mais que ça rapporte..."
Le coût budgétaire, tel qu'il apparait dans les voies et
moyens est le suivant :
| Millions de F |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
| Art.199 undicies |
380 |
370 |
400 |
400 |
450 |
| Art 238 bis HA-HC |
1.000 |
1.400 |
1.300 |
1.200 |
1.300 |
| Total |
1.380 |
1.770 |
1.700 |
1.600 |
1.750 |
Les investissements sont les suivants :
|
1993 |
1994 |
1995 |
| Agréments accordés |
254 |
324 |
364 |
| Refus d'agrément |
81 |
77 |
68 |
| Total des investissements agréés (en millions de F) |
2.754 |
2.878 |
3.914 |
| dont hôtellerie |
1.321 |
530 |
417 |
| dont tourisme-plaisance |
569 |
791 |
1.534 |
| Sce PLF 97 |
Le tableau des investissements ci-dessus fait apparaître une progression
importante pour 1995 des investissements agréés dans le tourisme
et la plaisance, cela est dû à un projet de paquebot de 773
millions de F.
D'autres investissements touristiques concernent 221 bateaux de plaisance
pour une valeur de 593 millions de F, 4 bateaux de sortie à la journée
pour 28 millions de F, 2 bateaux de croisière pour 819 millions
de F. Le secteur de la navigation représente 94% des investissements.
Le rapport Ducamin signalait que "surtout, même si elle demeure
limitée, l'utilisation des dispositions destinées aux entreprises
par des contribuables métropolitains, qui permet à ces derniers
d'imputer sur leur revenu global des sommes parfois très élevées,
en contrepartie d'investissements dans des biens qui ne restent pas toujours
affectés ou localisés dans les DOM-TOM, n'en constituant
pas moins un facteur de perturbation préoccupant de l'équilibre
général du système fiscal.". Pour autant les déficits
liés aux défiscalisations DOM ont été expressement
exclues de l'interdiction concernant l'imputation des déficits BIC
"non professionnels", interdiction qui permettrait de mettre un frein aux
optimisations fiscales dénoncées dans le Rapport précité.
Cependant , un certain nombre d'effets pervers existent, même
si le rapport Ducamin les minimise, car l'investissement doit être
déficitaire pour être attractif. En matière de logements,
c'est le secteur libre, plus cher, qui s'est développé au
détriment du secteur social qui fait actuellement défaut.
Ces systèmes permettent à de très hauts revenus d'échapper
totalement et en toute légalité à l'impôt.
I-2 Les autres mesures :
L'octroi de mer a été mis en conformité avec la réglementation
communautaire (loi 92-676 du 17.07.1992). Le champ d'application de la
taxe est étendu aux biens produits et consommés sur place.
Les taux (0-30%) sont fixés par chaque Conseil Régional.
La TVA a été augmentée de 7,5% à 9,5% à
compter du 1er Janvier 1995.
II- La Corse :
Pendant la période, le régime fiscal de la Corse a évolué
d'un statut fiscal pour finir par la création
d'une zone franche.( Loi Corse de décembre 1994
/ Loi Corse de décembre 1996).
II-1 Situation avant la mise en place de la zone franche
:
Les lois antérieures à la mise en place de la zone franche
Corse avaient institué les dispositions suivantes (statut fiscal
corse):
-
exonération d'IS : la loi de finances rectificative de 1993 avait
reconduit pour un an les exonérations d'IS pour les entreprises
nouvelles et la loi "Corse" du 27 Décembre 1994 avait reconduit
pour quatre ans les régimes et l'étendait aux entreprises
artisanales.
-
droits d'enregistrements : afin de faciliter le règlement des indivisions
successorales comportant des biens immobiliers situé en Corse, la
loi de finances 1986 avait prévu l'exonération du droit de
partage de 1% à hauteur de la valeur des immeubles situés
en Corse et l'exonération de toute perception pour les procurations
et les attestations notariées après décès.
Cette mesure a été reconduite jusqu'au 31 Décembre
1994 par la loi de finances rectificative de 1993 et prorogée jusqu'au
31 Décembre 1997 par la loi Corse du 27 Décembre 1994.
-
TP : suppression de la part départementale et de la part régionale.
II- 2 La zone Franche :
Les sections locales du SNUI ont rédigé un dossier au moment
de la discussion parlementaire de la loi "Corse" de décembre 1996.
En voici les grandes lignes : La zone franche, dont le Premier Ministre
a annoncé les grandes lignes au début de l'été
est officiellement destinées à "offrir (...) une nouvelle
chance aux entreprises insulaires". Or quand on examine les trois principales
mesures qui constituent cette zone franche, on constate que l'objectif
affiché ne se traduit pas dans les faits. Les dispositions vont
favoriser les entreprises et certains particuliers qui font des bénéfices.
-
exonération de Taxe Professionnelle dans la limite d'une base nette
de 3 millions de F améliorera sans doute la trésorerie des
entreprises mais dans des proportions relativement modestes puisqu'elle
équivaut à une augmentation du chiffre d'affaires comprise
entre 1 et 4%.
L'avantage que représente l'exonération est de toucher
toutes les entreprises. Cependant, cette exonération aura des conséquences
sur le budget des communes qui se trouveront dans la même situation
que les départements et la collectivité territoriale depuis
la mise en oeuvre du statut fiscal de 1995 : l'Etat compensera la suppression
de la taxe en versant l'équivalent de son produit calculé
selon les taux votés en 1996. Pour accroître leurs ressources
les collectivités territoriales ne pourront donc qu'augmenter la
taxe d'habitation et les taxes foncières. Un mécanisme de
compensation aurait été plus judicieux.
-
exonération de l'impôt sur les bénéfices : elle
est présentée comme destinée à "atténuer
les effets de l'insularité des départements de Corse et favoriser
leur développement économique".
Cette justification ne tient pas :
-
on ne voit pas pourquoi un commerçant qui réalise un bénéfice
en Corse serait traité d'une manière différente d'un
commerçant du continent qui réalise le même bénéfice,
sauf à considérer que le pouvoir d'achat monétaire
est en Corse très inférieur à ce qu'il est dans le
reste de la France ; mais alors il faut en tirer les conséquences
automatiques pour l'ensemble des habitants de l'île;
-
l'exonération d'impôt sur les bénéfices avantage
les entreprises qui réalisent des bénéfices puisque,
par définition, les entreprises déficitaires ne paient pas
d'impôt. Cette mesure est inutile pour améliorer la situation
des entreprises en difficulté ; elle est trés insuffisante
pour relancer la demande intérieure puisqu'elle ne concerne qu'une
fraction de la population.
Cette mesure n'apporte donc rien aux entreprises en difficulté et
ne répond pas aux nécessités de la situation économique
de la Corse.
Au contraire, elle renforcera les entreprises prospères qui
verront leur position améliorée par rapport aux autres entreprises,
et elle peut être analysée comme une mesure anticoncurrentielle.
De plus les conséquences ne sont pas les mêmes pour les
sociétés et pour les entreprises individuelles.
En cas d'exonération d'impôt sur les sociétés,
le bénéfice exonéré est soit conservé
dans l'entreprise (amélioration de la trésorerie) soit distribué,
le bénéfice exonéré d'impôt est imposé
-sans avoir fiscal- au nom de la personne qui perçoit la distribution
et la société acquitte un précompte égal à
la moitié des sommes distribuées.
L'exonération d'impôt sur le revenu pour les BIC et les
BA n'a pas les mêmes effets. L'entreprise dans ce cas ne se distingue
pas de l'exploitant.
L'exonération se traduit par une augmentation du revenu net
équivalent à l'impôt non payé. Par rapport aux
propositions de départ, le texte sur ce point a évolué
et ce grâce aux critiques des sections insulaires du SNUI, dans la
mesure où le bénéfice exonéré dans la
limite de 400.000 F doit rester investi dans l'entreprise.
Mais même avec cette limite ces dispositions créent des
inégalités de traitement entre les individus et sont de mauvaises
réponses à de réels problèmes.
Le caractère pour le moins farfelu du chiffrage des avantages
résultant de la zone franche doit être dénoncé.
Il ne repose sur aucune donnée objective. Le montant initial de
600 millions de F par an donné en Juin 1996 n'a pas été
modifié malgré les changements intervenus dans le texte de
la zone franche.
III- Les zones à fiscalité privilégiée
:
La loi relative au pacte de relance pour la ville a été adoptée
le 31 Octobre 1996 par le Parlement. Cette loi crée les Zones Franches
Urbaines (ZFU) pour lesquelles un certain nombre d'exonérations
fiscales et sociales sont prévues à compter du 1er Janvier
1997.
Rappelons quelques aspects de "l'usine à gaz" mise en place
par les dispositions combinées du pacte de relance pour la ville
et des principes directeurs de la politique d'aménagement et de
développement du territoire fixés par la loi d'orientation
du 4 février 1995. Cette dernière loi avait créé
:
-
les Zones d'Aménagement du Territoire (ZAT),
-
les Territoire Ruraux de Développement Prioritaire (TRDP), eux mêmes
comprenant un sous ensemble dénommé les Zones de Revitalisation
Rurale (ZRR),
-
les Zones Urbaines Sensibles (ZUS), zones qui englobent les Zones de Redynamisation
Urbaine (ZRU), ZRU dans lesquelles nous allons trouver nos Zones Franches
Urbaines (ZFU).
Etant précisé que les dispositions fiscales et sociales prévues
ne sont pas les mêmes selon que la zone est classée ZAT, ZRU,
ZUS ou ZFU, le raton laveur de Prévert aurait certainement beaucoup
de mal à y retrouver ses petits mais les contribuables bien conseillés
et notamment les chasseurs de primes savent que le dispositif le plus avantageux
fiscalement est la ZFU !
-
Bref rappel des mesures relatives aux zones franches urbaines :
Les ZFU sont au nombre de 44. Elles ont été déterminées
en fonction d'un certain nombre de critères : quartiers de plus
de 10.000 habitants particulièrement défavorisés au
regard des critères retenus pour la définition des ZRU (indice
qui prend en compte le nombre d'habitant, le taux de chômage, le
nombre de jeunes de moins de 25 ans, la proportion de non diplômés
et le potentiel fiscal du quartier). Certains observateurs sûrement
mal intentionnés ont dénoncé certains découpages
"politiques" de ces zones.
Il faut dire que les avantages liés à la ZFU ne sont
pas négligeables au niveau fiscal. Les commerçants, artisans,
professions libérales et sociétés installés
ou qui s'installent bénéficient :
-
d'une exonération d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur
les sociétés, pendant cinq ans, dans une limite annuelle
de 400.000 F,
-
d'une exonération temporaire de taxe professionnelle au profit des
entreprises de moins de 50 salariés,
-
d'une exonération temporaire de taxe foncière sur les propriétés
bâties en faveur des immeubles situés dans les zones franches
et affectés à une activité concernée par l'exonération,
-
imputation sur le revenu global sous certaines conditions des déficits
fonciers résultant de dépenses payées à raison
de locaux d'habitation situés en ZFU,
-
ainsi que des avantages relatifs à la réduction d'impôt
pour les investissements locatifs, aux droits de mutation liés aux
acquisition de fonds de commerce, à la redevance pour la création
de bureaux.
-
des zones franches franchement injustes et malheureusement inefficaces
pour l'emploi...
Il est à noter que les avantages fiscaux sont "de droit"
et ne sont conditionnés par aucune obligation "d'embauches" de résidents
de ces quartiers difficiles. De telles mesures ne manqueront pas d'attirer
les chasseurs de primes, qui s'installeront et "optimiseront fiscalement"
leur installation pendant cinq ans et puis s'en iront...Ainsi 350 entreprises
étaient déjà candidates début janvier pour
s'installer dans les neuf paradis fiscaux de la région parisienne.
Comme en matière de baisse d'IS, les exonérations n'aideront,
par contre, en rien les entreprises existantes déjà en difficulté
qui sont déficitaires.
Le coût des exonérations TP sera bien sûr à
la charge de l'Etat donc du contribuable...
Par ailleurs, en mai 1996, un rapport confidentiel de la délégation
interministérielle à la ville (DIV) estimait qu'à
terme ne seraient créés que 5.000 à 7.000 emplois
(soit 1000 emplois par an) pour un coût annuel de 1,2 milliards de
F.
-
Un exemple, la ZFU de Bordeaux :
La section SNUI de Gironde concernée par la "zone franche
Juppé" (Cenon, Floirac, Lormont et Bordeaux) s'est livrée
à quelques calculs et quelques observations. Dans cette ZFU, ce
sont déjà 1.300 entreprises qui sont concernées, plus
celles qui s'installeront.
Nos militants précisent " qu'en accordant l'exonération
aux bénéfices appréhendés, le gouvernement
favorise ouvertement certaines des couches les plus aisées de la
population, comme il le fait avec sa réforme fiscale" sur
l'ensemble du territoire". Des patrons vont être exonérés
de tout ou partie de leur impôt sur le revenu alors que leurs employés
payés au SMIC demeureront redevables du même impôt.
Enfin ils se posent les questions fondamentales : "Mais où est donc
la justice fiscale quand dans une zone urbaine de type HLM située
en ZFU, les citoyens à revenus modestes s'acquittent de leurs impôts
sur le revenu et locaux, alors que d'autres aux revenus importants bénéficient
de réduction d'impôt pouvant atteindre plus de 200.000 F ?
et que répondre au contribuable SMICard habitant principalement
ces zones qui doit payer son impôt, alors que dans le même
temps, d'autres avec 400.000 F de revenus en sont exonérés
?
Et de citer quelques exemples : gain net de 216.000 F pour un contribuable
BNC, marié 2 parts et demi ayant un revenu brut global de 1.159.350
F. Un autre contribuable BNC 3 parts sera non imposable avec 510.000 F
de revenus...
Et si au lieu de créer des injustices nouvelles qui amplifieront
les problèmes de ces quartiers défavorisés, on y réimplantait
tout simplement des services publics de proximité et de qualité,
permettant à l'Etat d'assurer son rôle républicain
réaffirmé dans sa devise "Liberté, Egalité,
Fraternité" ?
Chapitre 8 : Le contrôle de l'impôt
Le contrôle fiscal est la nécessaire contrepartie du système
déclaratif français. Très peu de nouvelles mesures
concernant le contrôle fiscal ont été prises depuis
1993. Pourtant le contrôle fiscal doit s'adapter aux formes nouvelles
que prend la fraude fiscale, liées à l'ouverture des frontières.
I- La fraude fiscale :
I- 1 Evaluations de la fraude :
I-1-1 Evaluation du SNUI :
Le SNUI a évalué en 1992, le montant de la fraude fiscale
à 190 Milliards de F auxquels il faut rajouter 30 Milliards de F
liés à la mise en place du système transitoire de
TVA intracommunautaire.
Les évaluations du SNUI ont été souvent contestées
dans la période et il fut même un temps où l'existence
même de la fraude en matière de TVA intracommunautaire était
purement et simplement contestée par les pouvoirs politiques : la
fraude à la TVA intracommunautaire n'existait pas !
Le CESDIP a produit une évaluation de la fraude fiscale et le
Rapport de la Commission parlementaire dirigée par M. de Courson
a procédé à une évaluation de la fraude fiscale.
I-1-2 Evaluation du CESDIP :
Le CESDIP (Centre de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions
Pénales ) propose d'avancer des ordres de grandeurs vraisemblables
permettant de situer l'ampleur de cette délinquance par rapport
à d'autres phénomènes. Le CESDIP retient un taux de
fraude de 23% à l'imposition sur les revenus, un taux de 20% sur
les impôts qui frappent le patrimoine et un taux de 6% pour les impôts
sur la consommation. Le CESDIP estime ainsi la fraude fiscale pour la période
1988-1991 à un niveau de 150 Milliards de F, dont 95 milliards pour
l'imposition sur les revenus d'où il faut retrancher les redressements
recouvrés, soit un montant de fraude fiscale nette de 138 Milliards
de F.
I-1-3 Evaluation de De Courson :
Le 9 Mai 1996, MM de Courson et Léonard ont remis au Premier
Ministre leur rapport sur les fraudes et pratiques abusives. L'objet de
ce rapport est beaucoup plus large que l'étude de la seule fraude
fiscale. Sur ce sujet, les constats et les conclusions de ce document sont
contestables dans la mesure où sont stigmatisés les petites
fraudes et abus mais où sont passées sous silence les grosses
fraudes. La mission parlementaire évalue sans explication ni démonstration,
l'économie souterraine à 3 à 5% du PIB soit 220 à
360 Milliards de F en 1994, ce qui correspond à un manque à
gagner en terme de recettes fiscales de 100 à 160 Milliards de F.
La fraude fiscale, hors travail illégal, est estimée à
57 Milliards de F.
Etudiant les fraudes par type d'impôts, les auteurs du rapport
estiment que l'ISF a "une perméabilité excessive à
la fraude" notamment du fait du régime d'exonération des
biens professionnels.
Les causes de la fraude sont la non déclaration, l'inadaptation
de la prise en compte de l'ouverture de la France sur l'extérieur
et enfin est la complexité de la loi qui favorise les abus et les
fraudes.
Les parlementaires notent également que les contrôles
sont inégalitaires géographiquement et selon les revenus
(BNC, petites entreprises).
Pour résoudre ces problèmes M. de Courson propose un
certain nombre de mesures dont l'amélioration des échanges
d'informations et les recoupements entre administrations. Il est à
noter que le DDOEF de 1997 prévoyait un échange d'informations
entre le fisc et les organismes sociaux qui pose de nombreux problèmes
quant au respect de la vie privée, c'est à la vraie fraude
qu'il convient de s'attaquer.
I-2 Une fraude nouvelle : la TVA intracommunautaire.
En 1993, le régime de TVA intracommunautaire est mis en place. Bien
avant la date fatidique du 1er Janvier 1993, le SNUI avait signalé
les possibilités nouvelles offertes aux fraudeurs par ce système.
Le montant de 30 Milliards de fraude avait même été
avancé par le Ministère en 1992 lors du transfert de cette
mission des Douanes à la DGI. Maurice Laure, inventeur de la TVA,
estime que ce système ouvre le champ à la fraude criminelle
et permet le développement de fraudes du type de celles des "ferrailleurs"
dans les années 1950. Courant 1993, les chiffres concernant les
rentrées de TVA intra n'étaient pas communiqués. Les
prévisions de recettes étaient inconnues. Parallèlement,
une polémique naissait fin 1993 sur la véracité des
chiffres du commerce extérieur.
Le 24 Mars 1994, M.Sarkozy faisait une réponse au SNUI : les
rentrées de TVA intracommunautaire sont conformes aux prévisions,
le montant atendu de TVA intra pour 1993 était de 82 Milliards de
F et les recettes dont de 83,7 Milliards, il y avait même un excédent
de 1,7 Milliards de F.
Le chiffre de 30 Milliards de F de fraude avancé par le SNUI
n'est pas si fantaisiste que ses détracteurs le laissent entendre
puisqu'à partir des chiffres du commerce extérieur on peut
démontrer que la chute des rentrées de TVA intra n'est pas
due qu'à la chute de l'activité.
Les importations (soumises à la TVA) ont chuté de 12%,
les exportations (exonérées de TVA) n'ont chuté que
de 9,6%, l'activité nationale,elle, a baissé de 0,7%. Le
nombre d'entreprises déclarant des livraisons ou des acquisitions
intracommunautaires varie anormalement à la baisse entre 1992 et
1993 : 32% pour les importateurs et 40% pour les exportateurs.
En prenant une chute "normale" des importations, nous pouvions estimer
la fraude sur les acquisitions à 15 Milliards de F et en appliquant
le même raisonnement aux exportations, la fraude sur les livraisons
peut être évaluée à 10 Milliards de F, plus
5 Milliards de F d'économie souterraine soit au total 30 Milliards
de F de fraude.
Les présomptions de fraude ont été partagées
également par M. Pandraud, Président de la Délégation
de l'Assemblée Nationale pour l'Union Européenne, dans son
rapport d'information 1499 sur la "fiabilité des statistiques du
commerce extérieur" (juillet 1994). Il semble qu'au vu des statistiques
publiées, les importations aient été moins bien déclarées
par les entreprises que les exportations. Les importations en provenance
de l'Union diminuent en France de 12%, alors qu'elles se réduisaient
de 7,7% vis à vis des pays industrialisés. Pour M. Pandraud,
les statistiques douanières sont perturbées par un phénomène
de fraude à la TVA dont l'ampleur fait l'objet d'une controverse
et qui est difficile à évaluer.
En Mars 1997, les mauvaises rentrées fiscales de TVA sont expliquées
pour partie par la fraude à la TVA intracommunautaire et M. Lamassoure
reconnaît enfin l'existence de fraudes à la TVA intra : "On
a constaté en France, en 1996, une assez forte disparité
à législation constante entre l'évolution des emplois
taxables et celle des recettes nettes de TVA".
Le Commissaire Européen, M.Monti, reconnaît également
l'existence de cette fraude. La Cour des Comptes des communautés
européennes estime le montant de cette fraude a plus de 100 Milliards
de F pour l'ensemble des Etats Membres dont 30 Milliards pour la France.
I-3 Des rentrées fiscales faibles liées
à l'existence de la fraude :
Les rentrées budgétaires sont plus faibles que prévues.
Ce manque à gagner s'explique pour partie par une baisse de l'activité
et par ailleurs par le développement de la fraude.
Il est certain que l'augmentation de 2 points de la TVA a favorisé
les fraudes dans la mesure où plus une taxe est élevée
plus la prime à la fraude est grande.
Les entreprises éphémères se développent,
et leur existence liée à l'augmentation des remboursements
de crédits de TVA démontrent bien les montages qui ont la
faveur, actuellement, des fraudeurs. La fraude s'internationalise et la
Direction Générale des Impôts a décidé
de mettre l'accent plus particulièrement dorénavant sur les
nouveaux risques de fraude :
-
en adaptant le contrôle aux risques internes de fraude,
-
en améliorant le contrôle de la TVA intra,
-
en appréhendant mieux la fraude internationale.
II- Les chiffres du contrôle fiscal :
Le contrôle fiscal comprend le contrôle fiscal externe
et le contrôle sur pièces (CSP)
Les resultats sont les suivants :
| Montants Millions de F Sce Voies et Moyens |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
| Controle sur place |
| Nombre d'opérations |
| 1/ Vérification de comptabilité |
| Vérifications générales |
36.254 |
37.039 |
38.785 |
41.368 |
| Vérifications simples et ponctuelles |
2.604 |
2.374 |
2.703 |
2.507 |
| Total pondéré |
36.110 |
36.952 |
38.861 |
41.310 |
| Résultats |
| IS |
10.575 |
12.176 |
13.711 |
13.543 |
| IR |
3.379 |
3.787 |
3.970 |
3.851 |
| Autres impôts |
1.245 |
959 |
1.091 |
1.005 |
| TVA |
7.016 |
7.997 |
10.383 |
11.292 |
| Impôts locaux |
1.262 |
1.407 |
10.383 |
2.604 |
| Droits d'enregistrement |
742 |
634 |
872 |
673 |
| Total des droits simples |
24.219 |
26.960 |
31.826 |
32.968 |
| Pénalités |
8.797 |
9.395 |
10.802 |
10.348 |
| 2/ ESFP |
| Nombre |
3.501 |
3.623 |
3.968 |
4.428 |
| Droits simples |
2.517 |
2.621 |
2.962 |
3.139 |
| Pénalités |
1.383 |
1.426 |
1.601 |
1.569 |
| RECAPITULATION |
| Nombre |
39.611 |
40.575 |
42.829 |
45.738 |
| Droits simples |
26.736 |
29.581 |
34.788 |
36.107 |
| Pénalités |
10.180 |
10.821 |
12.403 |
11.917 |
| Contrôles sur pièces |
| Droits simples rappelés |
| IS |
1.847 |
1.975 |
2.091 |
2.687 |
| IR |
6.353 |
7.340 |
8.208 |
7.879 |
| TVA |
5.317 |
5.340 |
5.687 |
5.522 |
| Dts d'enregistrement |
3.105 |
3.094 |
3.312 |
3.165 |
| Divers |
55 |
81 |
104 |
83 |
| ISF |
192 |
228 |
241 |
239 |
| Total |
16.869 |
18.058 |
19.643 |
19.575 |
| TOTAL GENERAL |
43.605 |
47.639 |
54.431 |
55.682 |
En 1995, le nombre de vérifications n'atteint toujours pas celui
de 1988 (44.993). Le nombre d'ESFP est en progression. C'est un point positif
dans la mesure où cette procédure, si l'on en juge par l'importance
des pénalités rapportées aux droits simples rappelés,
semble adaptée à la lutte contre la fraude fiscale. Le tableau
ci-dessous illustre bien cette situation.
| Millions de F |
1992 |
> |
1993 |
> |
1994 |
> |
1995 |
| Vérifications Drts simples |
24.219 |
26.960 |
31.826 |
32.968 |
| Pénalités |
8.797 |
9.395 |
10.802 |
10.348 |
| % Pénalités /Dts simples |
36,32 |
34,85 |
33,94 |
31,38 |
| ESFP Dts simples |
2.517 |
2.621 |
2.962 |
3.139 |
| Pénalités |
1.383 |
1.426 |
1.601 |
1.569 |
| % Pénalités /Dts simples |
54,95 |
54,41 |
54,05 |
49,98 |
Si pour les vérifications de comptabilité les pénalités
représentent 31% des droits simples rappelés, elles représentent
50% pour les ESFP ce qui tendrait à prouver que cette procédure
fait plus souvent appel aux pénalités exclusives de bonne
foi que celle concernant les entreprises.
Les montants redressés augmentent mais l'examen des périodicités
des vérifications montre un certain nombre d'inégalités
:
-
la périodicité était de 8 ans pour les entreprises
dont le chiffre d'affaires est supérieur à 100 millions de
F (entreprises industrielles et commerciales) ou supérieur à
40 millions de F (prestataires de services),
-
elle est de 24 ans pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est
compris entre 2 millions et 100 millions de F (entre 500.000 F et 40 millions
pour les prestataires de service),
-
et de 151 ans pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur
aux limites évoquées ci dessus.
-
105 ans pour les professions libérales
-
12 ans pour les déclarations ISF.
La situation est normale pour les grandes entreprises, il n'en va pas de
même pour les petites entreprises , les professions libérales
et les déclarations d'ISF, alors qu'avec la procédure "montants
sur montants" les salariés sont pratiquement vérifiés
tous les ans. Lorsque l'on signale cette inégalité de traitement
entre les dossiers, d'aucuns rétorquent qu'il ne s'agit pas des
mêmes contrôles puisque les salariés font l'objet de
contrôles sur pièces et que la périodicité de
105 ans pour les BNC relève de la vérification de comptabilité.
Le seul problème est que pour les salariés il est plus facile
de faire un contrôle sur pièces de leur dossier dans la mesure
où l'Administration dispose d'un recoupement de l'employeur, alors
que pour un contrôle sur pièces d'un dossier BNC, l'administration
ne dispose d'aucun recoupement possible (hormis pour les médecins
conventionnés), et que seule la vérification de comptabilité
permet de contrôler efficacement le revenu déclaré.
Enfin seulement 900 dossiers ont été examinés
par la Commission des Infractions Fiscales et 827 plaintes ont été
déposées. Il y a malheureusement plus de 800 fraudeurs en
France !
III- Nouvelles dispositions prises depuis 1993 :
En fait peu de nouvelles mesures ont été prises en matière
de contrôle fiscal, ce qui démontre depuis 1986 une grande
stabilité. Les mesures nouvelles concernent d'une part les garanties
aux contribuables et des mesures qui devraient permettre de mieux lutter
contre la fraude, notamment internationale.
-
Garanties des contribuables :
La durée des vérifications sur place ne peut excéder
trois mois pour les entreprises qui ne dépassent pas certains seuil.
Ces seuils ont été réévalués à
deux reprises et correspondent au seuil du régime simplifié
d'imposition.
-
mesures permettant un meilleur contrôle fiscal :
Afin de lutter contre les transferts de bénéfices
le législateur a entendu donner aux vérificateurs la possibilité
de demander certaines informations nécessaires au contrôle
des prix de transfert.
De même, le délai de reprise est prorogé en cas
de recours à l'assistance administrative internationale. Le délai
de réprise est également prorogé en cas d'activité
occulte.
Pour le SNUI, la lutte contre la fraude est une priorité.
La justice ne peut se satisfaire de zones d'ombre, de secteurs protégés
et de traitements dérogatoires du pouvoir de contrôle de l'Administration.
Le SNUI ne se satisfait pas d'une situation dans laquelle le contrôle
fiscal ne démasque que 20% de la fraude estimée.
Le manque de vérificateurs permet le développement
dans certaines régions de véritables paradis fiscaux, et
l'allongement de la périodicité des vérifications
des professions qui sont sensées frauder le plus, alors que les
dossiers des salariés sont ceux qui sont le plus souvent contrôlés.
Cette situation ne pourra qu'empirer avec les réductions budgétaires.
Le SNUI a montré sa crédibilité en dénonçant
sans relâche une fraude niée, puis admise aujourd'hui par
les pouvoirs publics. Enfin le SNUI souhaite que le délit de fraude
fiscale soit reconnu en tant que tel, il est d'ailleurs à ce sujet
symptomatique de constater que la refonte du Code Pénal ait "oublié"
ce délit.
En publiant le bilan fiscal du septennat en
1995, le SNUI jugeait la fiscalité française toujours
aussi inégalitaire, toujours aussi peu redistributrice, toujours
aussi "clientéliste", toujours aussi opaque.
Après ce rapide tour d'horizon de la politique fiscale mise en
oeuvre au cours de la législature, le SNUI constate que ces grandes
lignes demeurent.
Certains points méritent d'être relevés :
-
la part prépondérante des prélèvements indirects
et/ou proportionnels a été augmentée,
-
globalement les impôts n'ont pas baissé, la TVA, la TIPP,
la CSG ont été augmentées, la fiscalité locale
a explosé, la CRDS a été créée, seul
l'impôt sur le revenu a été baissé,
-
cette baisse profite plus aux plus riches qu'aux plus démunis. Outre
les baisses du barème, les plus riches ont bénéficié
de la création de nouvelles "niches" fiscales, alors qu'elles ont
été supprimées pour la grande majorité des
contribuables,
-
la "surtaxation" des revenus du travail par rapport à ceux du capital
persiste, aucun rééquilibrage n'a réellement été
engagé,
-
la politique fiscale et les réformes proposées ne sont pas
inspirées par la justice fiscale mais par la démagogie électorale.
La France a besoin d'une réforme fiscale globale visant à
rééquilibrer le poids de l'impôt direct progressif
plus juste au détriment de la TVA, impôt indirect et proportionnel,
injuste socialement.
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